Chez les criminels, l’habit ne fait pas le moine

Ils ne manquent pas d'imagination pour se déguiser...

Conférence à l'AFT animée par la Professeure Alison Matthews David
Vêtue de vêtements passés de mode afin de paraître pauvre, elle obtenait beaucoup d'argent d'hommes aisés.
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Encore aujourd’hui, les vêtements ne sont que très peu étudiés par les criminologues et les historiens du crime.

Alison Matthews David, qui a animé une conférence de la Société d’Histoire de Toronto à ce sujet à l’AFT mercredi soir, en a fait son domaine de prédilection.

«Je reconnais que les thèmes que je choisis sont un peu glauques et macabres», confie en souriant la professeure de l’École de mode de l’Université Ryerson.

Conférence à l'AFT animée par la Professeure Alison Matthews David
Alison Matthews David

Le vêtement, première piste des enquêteurs

Entre 1840 et 1940, période étudiée par la conférencière, l’ADN n’avait pas encore fait son apparition, la production des vêtements en masse fait ses débuts, le nombre d’agents policiers augmente… Bref, le vêtement occupe alors l’attention des enquêteurs.

D’autant plus qu’à l’époque, la garde-robe criminelle n’était pas illimitée, ce qui faisait de l’habit un bon moyen d’identification.

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Conférence à l'AFT animée par la Professeure Alison Matthews David
Certains criminels utilisaient des bas pour cacher leur visage, tandis que d’autres avaient des semelles particulières pour limiter le bruit.

La chaussure par exemple. L’utilisation des empreintes digitales n’étant pas encore bien développée au XIXe siècle, les empreintes de pieds étaient fondamentales. Les traces de clous sur les scènes de crime étaient généralement répertoriées, et il n’était pas rare que les cordonniers soient appelés comme experts dans les tribunaux.

«Avant 1832, les corps des criminels étaient marqués de manière permanente afin de les retrouver facilement. Mais passé cette date, les policiers ont dû chercher de nouveaux moyens d’identification», explique Alison Matthews David.

Tous les moyens sont bons

À cette époque, on pouvait être à la mode, tout en étant équipés en cas d’attaque.

En raison du nombre croissant des agressions, les bourgeois avaient développé des nouvelles techniques de défense, comme la cravate anti-garotte avec des piques en métal, ou encore des cannes dissimulant des épées.

Conférence à l'AFT animée par la Professeure Alison Matthews David
«La garotte» était une technique d’agression qui se faisait généralement au moyen d’un mouchoir.

«Il s’agissait d’objets de mode faits sur mesure», précise la professeure.

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Quant aux femmes, leurs élégantes épingles pour faire tenir les chapeaux pouvaient avoir quelque utilité en présence d’hommes insistants.

Ces derniers commencèrent à se méfier…

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La peur des hommes grandissante.

L’art du déguisement

«Un bon déguisement, c’est invisible. Il doit être adapté à une classe sociale, à un lieu», introduit Alison Matthews David.

Cet «outil» des criminels pour passer inaperçu a très vite été adopté par certains enquêteurs. Le célèbre Vidocq fut le 1er policier qui s’est systématiquement déguisé, notamment pour s’immiscer dans les milieux criminels, et infiltrer certains trafics.

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«C’était un véritable jeu du chat et de la souris entre les policiers et les criminels»    

Mais les déguisements étaient aussi utiles pour créer des faux semblants afin de réaliser des escroqueries.

L’Australienne Barbara Turner, par exemple, ne portait que des vêtements passés de mode, afin de paraître pauvre, pour obtenir de l’argent d’hommes aisés.

«Repenser la garde-robe des criminels» 

Quand on dit «criminel», on imagine un homme, en capuche ou avec un masque pour dissimuler son visage. Mais le costume est-il vraiment incompatible avec ce milieu?

«Il faut repenser la garde-robe des criminels. Le détournement de fonds est bien un crime!», affirme la professeure.

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En effet, c’est bien derrière une apparence et un certain type de vêtements, que des personnes haut placées obtiennent la confiance et l’estime des autres, nécessaires pour commettre leurs crimes.

«Peut-être tout l’entourage Trump», ironise Alison Matthews David.

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Les tenues d’un homme d’affaires, d’un mafieux et d’un prisonnier. «Plus les rayures sont fines, moins le crime est visible».

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