Ce qu’il faut pour un prix

Ce qu’il faut pour vivre en salle à Toronto

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La sortie en salle à Toronto du drame de Benoit Pilon était attendue par de nombreux cinéphiles. Pour leur plus grand plaisir Ce qu’il faut pour vivre, sorti au Québec fin août 2008, est en salle depuis vendredi dernier au Varsity Cinema sur Bloor Street.

Soumis par le Canada pour l’Oscar du meilleur film étranger le film a également été nominé huit fois pour les Prix Genies qui recompensent annuellement les meilleurs films canadiens et dont la cérémonie se déroulera à Ottawa le 4 avril prochain.

Ce qu’il faut pour vivre aborde le thème des relations interculturelles avec pour point de départ l’épidémie de tuberculose qui a touché la population Inuit dans les années 1950 et qui a conduit certains d’entre eux à être envoyés dans le sud, au Québec.

C’est à travers les yeux du chasseur Inuit Tiviit, interprété par Natar Ungalaaq, soigné dans un sanatorium de la ville de Québec que le spectateur pourra prendre conscience du décalage qui existe entre les deux cultures.

Le court été du grand Nord rend l’île de Baffin accessible par voie maritime. Dans les années 50, c’est durant cette période que les Blancs arrivaient en bateau et dispensaient notamment des soins aux habitants du lieu.

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C’est donc durant l’un de ces étés que la vie de Tivii, a pris un autre tournant. Lors de la visite médicale sur le bateau, ce chasseur vivant avec sa femme et ses deux petites filles apprend qu’il ne quittera pas l’embarcation. Les médecins ayant diagnostiqué une tuberculose, ce dernier sera forcé de quitter ses terres, laissant derrière lui sa famille, pour gagner le Québec en bateau afin d’y être soigné.

Ce n’est qu’au bout d’un voyage de trois mois que Tivii, déraciné, arrive dans le monde des Blancs ne parlant que l’Inuktikut et pas un mot de français. À son arrivée dans la ville de Québec, il est bien entendu étonné par tout ce qu’il voit, y compris les arbres qui sont absents de son lieu d’origine, ainsi que par le comportement des personnes qui l’entourent. Il doit à présent non seulement faire face à la maladie comme les autres patients de l’hôpital, mais supporter ce choc culturel tout en pensant à sa famille pour qui il s’inquiète, se demandant comment sa femme va subvenir à ses besoins ainsi qu’à ceux de ses deux filles.
Souffrant du mal du pays et de ces grands espaces où l’on trouve «tout ce qu’il faut pour vivre», pouvant difficilement supporter la froideur des relations humaines et le manque de compréhension à son égard, il commence par fuguer. Une fois retrouvé, il refuse de s’alimenter. Catégorique, le médecin de l’hôpital refuse que quelqu’un se laisse mourir dans son établisement. Il tiendra Carole, l’infirmière interprétée par Éveline Gélinas, pour responsable si Tivii s’entête à refuser de s’alimenter.

Cette dernière sera, à partir de ce moment là, obligée de redoubler d’efforts pour rendre à Tivii son envie de lutter contre la maladie. Elle parviendra, avec l’aide d’un jeune Inuit orphelin également atteint de tuberculose qu’elle a fait venir d’un autre hôpital, à mieux comprendre Tivii et sa culture puisque le jeune Kaki, interprété par Paul-André Brasseur, parle le français et lui servira de traducteur.

Malgré un thème aussi intéressant que celui des relations interculturelles et du manque de compréhension qui en découle parfois, le film peut être critiqué pour son rythme lent qui ennuiera probablement certains spectateurs.

On peut cependant accorder à Benoît Pilon le bénéfice du doute et considérer qu’un tel rythme avait peut-être pour but de retransmettre la difficulté d’adaptation de Tivii, son désarroi ou encore l’ambiance qui règne dans l’hôpital où se déroule quasiment la totalité du film. Il s’agit bien entendu d’un drame mais davantage de touches humoristiques auraient probablement donné plus d’intensité au film.

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Les paysages du Grand Nord apparaissent lorsque Tivii est plongé dans ses pensées nostalgiques mais il aurait été intéressant d’avoir davantage de scènes décrivant l’endroit d’où vient le personnage principal et le mode de vie des Inuits à cette époque.

Quoiqu’il en soit, il s’agit d’une histoire touchante et relativement bien interprétée abordant un thème, celui des relations parfois difficiles entre Inuits et Blancs, rarement évoqué au cinéma.

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