Caroline Mulroney, vraiment?

Caroline Mulroney, Christine Elliott, Doug Ford
Caroline Mulroney, Christine Elliott, Doug Ford
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L’une est connue grâce à son père, ex-premier ministre du Canada encore actif dans les coulisses du pouvoir. L’autre grâce à son mari, ancien ministre des Finances du Canada. Le troisième grâce à son frère, qui a été le maire le plus rocambolesque de Toronto.

Comme l’actuel premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui doit sa fortune politique à son père, l’ex-premier ministre le plus remarquable des 150 ans d’histoire de la fédération canadienne, les trois candidats à la direction du Parti progressiste conservateur de l’Ontario ne sont pas arrivés là par la seule force de leur talent et de leur ambition.

Brian et Caroline Mulroney
Brian et Caroline Mulroney

L’avocate Caroline Mulroney se préparait à se faire élire dans York-Simcoe le 7 juin et à être appelée à devenir ministre dans un nouveau gouvernement conservateur provincial.

L’homme d’affaires et ancien conseiller municipal Doug Ford se préparait à affronter à nouveau John Tory cet automne pour la mairie de Toronto. (C’est peut-être encore ce qu’il fera si sa nouvelle aventure ne le mène pas là où il le souhaite.)

Tous deux ont lancé leur campagne avec éclat, ces derniers jours, en vue du scrutin du 2 au 10 mars des membres du Parti progressiste conservateur, l’opposition officielle à Queen’s Park, toujours en tête des sondages malgré la déchéance, coup sur coup, du chef et du président, il y a deux semaines.

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Rob & Doug Ford
Rob & Doug Ford

La fille de Brian Mulroney accumule rapidement les appuis prestigieux, dont celui de l’ex-président de Postmedia et de la Société des loteries, Rod Phillips, candidat dans Ajax, dont le nom était mentionné parmi les successeurs potentiels de Patrick Brown.

De sa tribune au National Post, Conrad Black, le Raspoutine du conservatisme canadien, nous assure lui aussi qu’elle a toutes les qualités requises pour relever Kathleen Wynne de ses fonctions de première ministre de l’Ontario.

Mulroney est certainement la seule qui soit parfaitement bilingue, comme on le constate dans les entrevues qu’elle multiplie, et elle s’engage à respecter le programme déjà adopté en congrès en novembre, les «Garanties aux gens».

Le frère de Rob Ford, candidat du «peuple» contre les «élites» – ce qui incrimine des responsables et élus actuels de son parti autant que ceux du Parti libéral au pouvoir depuis 15 ans –, a rassemblé un bon millier de supporters, samedi, pour un parti «fort» et une province «forte»… avec un homme «fort», faut-il sans doute compléter.

Il s’oppose déjà au niveau de dépenses publiques prévu dans le programme PC actuel, de même qu’à toute taxe carbone participant à l’augmentation du coût de la vie.

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Jim Flaherty Christine Elliott
Jim Flaherty et Christine Elliott

L’ex-députée Christine Elliott, nommée ombudsman des patients de l’Ontario à la fin de 2015, a été la première à confirmer sa participation à ce qui sera sa troisième course au leadership, mais elle n’est pas encore présente sur le terrain ni en ligne.

En entrevue avec le National Post (encore), elle s’est dit en accord avec «la plupart» des éléments du programme, reconnaissant l’impopularité (chez les membres du parti) de la taxe carbone proposée en remplacement du régime de plafonnement et d’échanges des gaz à effet de serre instauré par les Libéraux.

Théoriquement, Christine Elliott est la plus connue et possède déjà le réseau d’amis le plus important au sein du parti. Mais, justement, on la connaît bien et, par deux fois, on lui a préféré quelqu’un d’autre comme chef. Ses racines sont-elles si profondes?

Enfin, la politique provinciale étant ce qu’elle est en Ontario, c’est-à-dire suivie plus distraitement que la politique fédérale, l’engouement pour une personnalité plus jeune comme Caroline Mulroney pourrait se confirmer et n’avoir besoin que des trois mois de campagne qui suivront pour mener les conservateurs à la victoire.

Comme dirait l’autre: tout’ se peut.

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