Bryan Perro: un parcours digne d’entrer dans la légende

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«Chaque culture a sa mythologie, et on vit toujours dans une ère mythologique». La preuve: encore tout récemment, un nouveau pape était élu au Vatican; un certain 11 septembre 2001, des gens ont lancé des avions contre des édifices au nom d’Allah; chaque jour, sur la place publique, des citoyens revendiquent ceci ou cela au nom de principes qu’ils disent inspirés de Dieu.

«Les dieux, les anges, les saints et les démons sont donc bien vivants parmi nous», comme ces héros, athlètes ou artistes qui ont leurs légions d’admirateurs. Les lutins, aussi, se retrouvent sous toutes les latitudes, incarnant nos angoisses ou nos travers, tout comme les dragons qui représentent l’adversité qu’il faut détruire, contourner ou dompter.

C’est ce qu’a fait valoir mardi dernier, à la tribune du Club canadien de Toronto, le seul «loupgaroulogue» québécois, Bryan Perro, mieux connu comme étant l’auteur de la série de romans à succès Amos Daragon et, cette année, président du jury du Prix des lecteurs Radio-Canada.

Loup-garou, vampires et zombies

Bryan Perro revendique le titre de «loupgaroulogue» parce qu’il a fait sa thèse de maîtrise sur les légendes du loup-garou, qu’on continue de retrouver dans notre littérature et notre cinéma, comme d’ailleurs les vampires et les zombies.

L’écrivain et conférencier compare un incident de rage au volant à la transformation d’un homme en loup-garou un soir de pleine lune. Il soutient aussi que le système capitaliste tient du vampirisme, certains privilégiés buvant le sang des autres pour vivre éternellement. Et il compare les campeurs des mouvements Occupy à des zombies, victimes du capitalisme qui reviennent le tourmenter…

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C’est bien sûr cette fascination pour les mythes et légendes de tous les peuples qui l’a amené à écrire Amos Daragon, dont le succès, à l’échelle du Québec, est comparable au succès mondial de Harry Potter: 1.4 million de livres vendus, traduits en 22 langues pour 26 pays, avec une suite, Le sanctuaire des braves, qui est aussi un camp de vacances thématique, et bientôt une série télé en dessins animés pour trois ans et trois longs métrages pour le grand écran.

Le succès, ça se prépare

Le parcours de Bryan Perro fournit toutefois la preuve qu’il faut persévérer dans sa passion. «Pour devenir écrivain, il faut écrire», conseille-t-il. C’est-à-dire qu’il faut beaucoup lire et écrire, et ne pas se décourager de ne pas devenir une vedette et passer à Tout le monde en parle la première année.

Sa conférence au Club canadien s’intitulait «Les hauts et les bas d’un auteur à succès»; et des bas, il en a connu pendant une dizaine d’années, publiant trois romans qui demeurent inconnus aujourd’hui et qui n’ont pas vendu 1000 copies ensemble. Pourtant, chaque fois, il s’attendait à être couronné découverte littéraire de l’année.

Dix ans d’écriture, souligne-t-il, qui représentent aussi des sacrifices pour sa famille, à laquelle il avait moins de temps à consacrer.

Sa réputation d’expert en mythes et créatures fantastiques l’a toutefois servi lorsque son éditeur lui a commandé trois romans «qui pourraient être des Harry Potter ou des Seigneurs des anneaux québécois», en lui remettant une avance sur sa part des ventes lui permettant de laisser pendant un an son emploi de professeur de cégep.

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Il a livré la marchandise la 51e semaine.

Perro Éditeur

Il croyait avoir mal compris, en 2004, lorsque le premier éditeur d’Amos Daragon lui a dit qu’on «allait en réimpression» après que les 40 000 premiers livres se soient envolés. «L’entrepôt a brûlé?» a demandé Bryan Perro, qui a racheté les droits de son oeuvre et possède désormais sa propre maison d’édition, Perro Éditeur.

Bryan Perro aura commencé à écrire il y a un quart de siècle, pour sa petite troupe de théâtre d’abord, puis, à 27 ans, son premier roman, Marmotte, suivi de Mon frère de la planète des fruits et de Pourquoi j’ai tué mon père, tous de grands succès… d’estime.

L’auteur évoque l’exemple de Bernard Voyer, l’explorateur-aventurier de Rimouski qui rêvait d’abord de ramer jusqu’à l’île en face de chez lui dans le fleuve St-Laurent, puis qui s’est demandé où il irait après… et qui a fini par grimper au sommet de l’Everest.

«Il faut rester dans sa voie et faire toutes les étapes», conseille Bryan Perro, qui estime que les dix premières années passées à écrire ses trois romans inconnus ont pavé la voie vers le succès. «Amos Daragon n’aurait pas été possible sans ces dix premières années difficiles.»

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