Banque de défense: Toronto cible le français comme un obstacle pour Montréal

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Toronto veut obtenir le siège social de la future Banque de défense des pays de l'OTAN.
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Publié 13/05/2026 par Émilie Gougeon-Pelletier

Le gouvernement de l’Ontario et la Ville de Toronto, qui espèrent obtenir le siège social de la future «Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience», jouent du coude contre Montréal, allant jusqu’à vanter l’absence d’exigences en matière de langue et de culture dans leur «pitch» de vente.

Le premier ministre de l’Ontario Doug Ford et la mairesse de Toronto Olivia Chow ont renouvelé leurs efforts visant à obtenir le siège social de cette nouvelle institution internationale, ce 12 mai, en présentant à nouveau leurs arguments en faveur de la candidature de la Ville Reine.

Un nouveau document, produit par le ministère des Finances de l’Ontario, réitère notamment que Toronto profite d’un «environnement réglementaire hautement prévisible».

«Libre d’exigences additionnelles en matière de langue et de culture, elle offre à une institution mondiale de la clarté opérationnelle et de la simplicité administrative, peut-on lire dans la missive. Elle offre également une stabilité politique sans pareil, autant à l’échelle nationale que mondiale.»

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Le document de candidature de Toronto.

Montréal ciblée

La Ville de Montréal est elle aussi candidate pour accueillir le siège social de la Banque de la défense.

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La métropole québécoise est visée par l’argumentaire portant sur la langue et la culture, compte tenu des lois provinciales qui établissent le français comme langue officielle des affaires et du commerce, entre autres.

Questionné à savoir s’il tente de semer la peur et d’instrumentaliser la menace d’un référendum québécois pour saper la candidature de la métropole québécoise, Doug Ford a répondu en disant: «Go Habs!»

«On encourage les Canadiens de Montréal. On adore Montréal. Et je peux vous dire que j’aime aussi les Québécois. C’est un processus qui touche tout le pays, et le premier ministre doit prendre une décision. Je ne crois pas qu’il faille s’en prendre aux autres candidats.»

N’empêche, le gouvernement ontarien nomme explicitement Montréal dans le cadre de sa candidature.

«Montréal est effectivement un centre économique national vital et un important partenaire de l’écosystème canadien en matière de défense et d’innovation, mais Toronto est plus étroitement alignée sur les exigences précises de la [Banque de la défense] en matière d’opérations, de finances et de main-d’œuvre», indique le document de la candidature torontoise.

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Toronto, métropole du Canada.

Diversité

Les promoteurs de la Ville Reine vantent également la région de Toronto comme «une des villes les plus diversifiées au monde», où plus de 190 langues sont parlées, «incluant le français, l’espagnol, l’allemand, le mandarin, le hindi, l’arabe, le coréen, le japonais, le tagalog, etc.».

Ces arguments étaient également évoqués dans le premier livret de candidature de Toronto pour l’obtention de la Banque de la défense, en décembre.

La province insiste aussi en disant que Toronto est le «plus grand carrefour de services financiers du Canada et deuxième en importance en Amérique du Nord».

Elle indique aussi que parmi les autres villes candidates, la métropole ontarienne compte plus d’employés dans les services financiers, plus de banques, plus de sociétés Fortune 500, et plus de destinations offertes par ses aéroports.

Ukraine, Russie
Le logo de l’OTAN.

Compétition

Le Canada est le pays qui a été choisi pour accueillir le siège social de la future Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience.

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En tout, quatre villes se font compétition: Montréal, Ottawa, Toronto et Vancouver.

En Ontario, toutefois, le premier ministre Doug Ford a rapidement écarté la capitale fédérale, précisant que «si Toronto est choisie comme ville hôte, tout le pays en bénéficiera».

«Cela inclut notre capitale nationale, Ottawa, qui possède des secteurs technologiques et de défense en plein essor, que notre gouvernement est très fier de soutenir», avait déclaré Doug Ford, en décembre.

Nouvelle institution financière

C’est le premier ministre du Canada, Mark Carney, qui devra choisir où le siège social de cette nouvelle institution aura pignon sur rue.

Inspirée du modèle de la Banque mondiale, la future Banque de la défense devrait aider les membres de l’OTAN à atteindre leur objectif de 5% du PIB.

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Elle devrait créer environ 3500 emplois.

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