Avec Daniel Dezeuze, le tableau classique vole en éclats

Peintures sur chevalet... littéralement!

Peintures sur chevalet... littéralement!


4 février 2018 à 12h00

Daniel Dezeuze! Ce nom ne dit probablement pas grand-chose à la plupart de nos lecteurs. Et pourtant, Daniel Dezeuze a séjourné à Toronto.

C’était, il est vrai, il y a quelques années et il n’avait pas alors la renommée qui lui vaut aujourd’hui que les Éditions d’Art Somogy lui consacrent un superbe ouvrage. C’est donc l’occasion de faire la connaissance de cet artiste qui a passé quelque temps parmi nous.

Daniel Dezeuze.

Méditerranéen

Daniel Dezeuze est un artiste français, né le 1er février 19421 à Alès, une petite ville de 49 000 habitants à quelque 150 km au nord-ouest de Marseille. Il réside maintenant au bord de la Méditerranée dans la ville côtière de Sète.

Il passe sa jeunesse à Montpellier, à environ 100 km de sa ville natale, étudie l’espagnol et fréquente l’École des beaux-arts de la ville. Ce n’est pas dû au hasard mais bien plutôt à l’influence paternelle, qu’il faut noter une fois encore.

En effet, son père, Georges Dezeuze (1905-2004) est un artiste peintre qui avait également fréquenté cette école et dont les Natures mortes feront l’objet d’une exposition à Montpellier en 2015. Il enseigne les bases du métier de peintre à Daniel.

À 20 ans, celui-ci assure la direction d’une Alliance française en Espagne, dans les Asturies, en 1962-63.

Voyages

En 1964-65, il obtient une bourse d’études du Mexique pour étudier à l’université de Mexico l’architecture et l’urbanisme. Il en profite pour visiter ensuite l’est des États-Unis et découvrir la peinture étatsunienne telle qu’elle est.

Il est de retour en Amérique du Nord car il fait son service militaire comme coopérant à Toronto en 1966.

De retour en France, il s’installe à Paris en 1967. En 1970, il soutient une thèse en littérature comparée, consacrée au poète Vicente Huidobro (1893-1948), poète surréaliste espagnol.

Châssis avec feuille de plastique tendue.

Supports-Surfaces

En 1967, Dezeuze réalise une première œuvre intitulée Châssis avec feuille de plastique tendue, qui révèle ses préoccupations picturales et celles du groupe dont il est le fondateur, Supports-Surfaces, un mouvement artistique français des années 1969 à 1972.

«Daniel Dezeuze pose avec le groupe la question du devenir de la peinture et de son rôle dans la société capitaliste. Parallèlement à une activité́ théorique importante, il travaille alors à la mise à nu du tableau et, ce faisant, à une certaine démystification de la peinture.» (Musée de Grenoble)

«Daniel Dezeuze bat en brèche la notion de tableau classique… Les membres de Supports/Surfaces s’attachent à sa mise à nu, à la mise en valeur de ses constituants: la toile, le châssis, la couleur. Défendus par le critique Marcelin Pleynet, ils annoncent en quelque sorte la mort du tableau de chevalet.» (Le Monde Arts, 27.10.2017)

Daniel Dezeuze. Rétrospective, Éditions d’Art Somogy, Paris, 2017, Cartonnée contrecollé, 22 x 28 cm, 360 illustrations, 320 pages, 32,00 €.

Une rétrospective

C’est à l’occasion d’une exposition consacrée à Daniel Dezeuze, organisée par le Musée de Grenoble, que les Éditions d’Art Somogy ont publié leur magnifique ouvrage Daniel Dezeuze Rétrospective, qui nous brosse un portrait de l’artiste et nous présente un vaste aperçu de ses œuvres, avec 360 illustrations reparues en 320 pages.

L’éditeur précise quelques grandes caractéristiques des œuvres de l’artiste qui le mettent en valeur. Daniel Dezeuze «apparaît comme un des artistes français les plus passionnants de sa génération. Retraçant son parcours depuis 1962 jusqu’à aujourd’hui, cet ouvrage permet de saisir à la fois la complexité et la cohérence de sa démarche sur plus de cinq décennies. Il met notamment en évidence son originalité dans l’analyse du tableau comme objet en soi et support de la peinture.»

«Il rend compte aussi des différentes voies qu’il emprunte, toujours à mi-chemin entre peinture et sculpture, pour renouveler son approche de la création artistique, tout en veillant à l’ancrer dans le réel. Ainsi, avec une liberté réjouissante, Daniel Dezeuze transforme les châssis en sculptures, crée des peintures avec des assemblages d’objets, quitte l’atelier pour musarder dans les jardins, en quête de motifs naturels mais aussi de constructions hybrides faites pour la cueillette et la chasse.»

Le Moyen-Âge croise le 21e siècle

Six articles, tous abondamment illustrés, souvent en pleine page ou sur deux pages, éclairent le lecteur sur la compréhension de la singularité de cet artiste prolifique dont on ne compte plus les expositions personnelles ou muséales

«Les clairières de Daniel Dezeuze, Daniel Dezeuze. Peinture nomade et œuvres buissonnières, Les poèmes du dessin, Daniel Dezeuze. Traversée (1962-2017), Catalogue des œuvres, Daniel Dezeuze. Chronologie, Listes des œuvres, Bibliographie»

Dans les œuvres de Dezeuze «le Moyen Âge croise le XXIe siècle, et les études de balistique, le taoïsme, avec une profusion de formes et de couleurs qui constitue une formidable démonstration de la capacité de l’art à émouvoir tout en enrichissant la vision et la compréhension du monde.»

Pour sortir des sentiers battus, pour aller de découvertes en découvertes, pour voir ce que l’on ne nous montre pas encore, c’est l’ouvrage qu’il faut consulter, pas de doute.

Des valises tableaux.

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