Auto-publication: pas encore de millionnaires en Ontario français

Salon du livre de Toronto 2015

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Apparemment, une romancière américaine du nom d’Amanda Hocking, spécialiste du style «romance paranormale pour jeunes adultes», est le success-story de l’auto-publication en ligne.

Dans ses temps libres alors qu’elle travaillait dans une résidence pour personnes âgées, elle aurait écrit 17 romans qu’elle aurait commencé à publier en livres numériques en 2010, vendant en quelques mois plus d’un million de copies, ce qui lui aurait rapporté 2 millions $ dès 2011.

Depuis, elle a toutefois signé un contrat avec une maison d’édition traditionnelle, St. Martin Press, qui distribue ses ouvrages en formats papier et numérique.

De tels cas sont encore rares et – est-il nécessaire de le préciser? – inconnus en Ontario français.

«On s’entend qu’on ne publie pas ses romans ou sa poésie à compte d’auteur pour devenir riche», indique la nouvelliste et dramaturge Arianne Matte, qui participait au Salon du livre de Toronto samedi à une table ronde sur l’auto-publication et le livre numérique.

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Arianne Matte a vendu quelques copies d’un recueil de nouvelles au moyen de l’application Writing Life de Kobo (fabricant de tablettes électroniques de lecture) et quelques exemplaires papier d’autres ouvrages qu’elle a fait imprimer elle-même «par impatience», explique-t-elle, ne voulant pas attendre les réponses et le processus des maisons d’édition.

Elle rejoint quelque 52 000 écrivains de 200 pays ayant utilisé cette plate-forme pour tenter de séduire 4 millions d’utilisateurs, précise Julia Nethersole, éditrice chez Kobo.

Ces développements n’inquiètent pas les maisons traditionnelles comme Prise de parole, de Sudbury, qui a pris elle aussi le virage numérique, assure son représentant à la table ronde Stéphane Cormier. C’est d’ailleurs lui qui a fait remarquer qu’après avoir connu le succès en auto-publication, Amanda Hocking s’est tournée vers un éditeur pour continuer de gérer ses affaires et les développer.

«La publication à compte d’auteur, numérique et/ou en papier, et les maisons d’édition sont complémentaires», dit-il, reconnaissant qu’une maison comme Prise de parole a des critères, des genres préférés, et qu’elle ne peut pas publier tous les manuscrits qu’on lui fait parvenir.

Le directeur général du Salon du livre, Paul Savoie, raconte avoir déjà fait imprimer à 3000 exemplaires et tenté de diffuser à son compte un roman d’horreur (en anglais). Après des ventes totalisant environ 200$, la plupart des copies ont fini au recyclage.

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Kobo fait miroiter que les auteurs décident du prix de leurs oeuvres et conservent 70% des ventes, mais 50% de ses 52 000 auteurs réalisent des revenus annuels moyens de 1000$… et 40% de moins de 500$!

Ce n’est donc pas de sitôt que le petit marché franco-ontarien fera vivre ses auteurs auto-publiés en ligne, ni même en papier, même lorsqu’ils ou elles «percent» au Québec et en France.

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