Art du XXe siècle: du surréalisme au cinétisme

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Bruxelles offre en ce moment deux expositions qui satisferont les amateurs d’art, curieux de découvertes, ou désireux de perfectionner leurs connaissances, soit en passant par cette ville, soit en se procurant deux petits ouvrages illustrés et riches de renseignements.

Une exposition

«L’Espace culturel ING et les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique présentent une exposition de quelque 120 peintures, gravures, sculptures et dessins, qui illustrent la prédominance du caractère poétique de l’œuvre de Miró et témoignent de l’empreinte de celui-ci dans les différentes démarches de l’artiste.»

C’est ainsi qu’est présentée l’exposition située en face du Musée Magritte, qui fait aussi l’objet d’un livre d’art très complet: Joan Miró, peintre-poète, 223 p., 120 reproductions couleur, 26×21 cm, ING Belgique éditeur. Une superbe occasion de découvrir Miró ou de le redécouvrir, avec des textes facilitant la compréhension de son œuvre.

Joan Miró

Le peintre, sculpteur et céramiste catalan Joan Miró est né à Barcelone le 20 avril 1893. Son père est horloger-bijoutier. Très tôt, il se passionne pour le dessin et la peinture, mais à 14 ans, il entre à l’école de commerce de Barcelone puis à l’école des Beaux-Arts et enfin à l’école d’art de Francesc Galí’ à 19 ans. Il y rencontre plusieurs futurs grands artistes, peintres, céramistes. En 1918, il présente une première exposition.

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En 1920, il gagne Paris qui, à cette époque, attire les artistes européens et particulièrement les Catalans francophiles. Le Louvre l’éblouit: «J’y allais tous les jours, je voulais voir toute la peinture.» Il rencontre une pléiade d’artistes, poètes, écrivains, graveurs, sculpteurs, peintres, dont Picasso et le surréaliste Breton.

En 1924, il peint La danseuse espagnole ou Olée, une toile allusive, avant Picasso et Matisse, présentée et décrite dans l’ouvrage. Plutôt que reproduire, il suggère la personne et le mouvement.

Miró construit et se construit, mariant peinture et poésie, et créant un style qui lui est propre. Même si, comme l’a dit André Breton, Miró est «le plus surréaliste d’entre nous», il sort de ce courant pour n’entrer finalement dans aucune catégorie précise, au terme de son évolution.

Son style

«Pour moi, un tableau doit être comme des étincelles. Il faut qu’il éblouisse comme la beauté d’une femme ou d’un poème… En 1935, dans mes tableaux, l’espace et les formes étaient encore modelés. Il y avait encore du clair-obscur dans ma peinture. Mais petit à petit tout cela a disparu… Peu à peu, je suis arrivé à ne plus employer qu’un petit nombre de formes et de couleurs. Ce n’est pas la première fois que l’on peint avec une gamme très réduite de couleurs. Les fresques du Xe siècle sont peintes ainsi. Pour moi ce sont des choses magnifiques.» (p. 20)

L’exposition et le livre permettent de découvrir cette évolution de l’œuvre de Miró, aussi variée et vaste que celle de Picasso.

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Elle en privilégie en effet deux périodes particulièrement fécondes. «La première, marquée par la découverte du surréalisme, recouvre les années 1920-1930 et la décision de «vivre désormais en poète»; elle préfigure la seconde qui s’ouvre après la Seconde Guerre mondiale et fait surgir un monde inouï de couleurs brutes et de lignes.»

Un monde surprenant qu’il vaut la peine de découvrir, sur place, ou chez soi grâce à ce superbe livre. Miró décède le 25 décembre 1983.

Walter Leblanc

Walter Leblanc est un artiste belge né en 1932 et décédé en 1986 d’un accident de voiture. Il fait présentement l’objet d’une exposition aux Musées royaux des Beaux-Arts. Sa création artistique extrêmement originale appartient au mouvement international de l’art cinétique et optique.

Deux grands thèmes peuvent caractériser son oeuvre: la torsion et l’anti-peinture. Un petit livre, véritable guide de l’exposition, ou ouvrage de découverte de l’artiste et de son style facilite la compréhension de son œuvre: Walter Leblanc 1932-1986, 112 p., textes explicatifs et nombreuses reproductions en couleur, Cahiers des Musées royaux de Belgique.

Dans ses premières œuvres, il représente les formes de bases d’objets divers, en diversifiant les couleurs. Peu après, il fait des expériences en intégrant des objets concrets dans ses tableaux, comme des bâtonnets, en leur donnant une troisième dimension.

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Il s’intéresse alors aux torsions qu’il introduit dans son œuvre, en utilisant des fils de coton torsadé, des bandelettes de plastique ou des fils de métal, maintenus grâce aux techniques de la reliure.

Il découpe même des fentes dans une feuille de plastique, pour jouer entre le blanc du plastique et un fond noir. Ou il crée des «Mobilo-statics», en faisant vibrer la lumière sur des lamelles torsadées de plastique, ce qui relève de l’art cinétique. Il faut voir ces œuvres, sur place ou dans l’ouvrage, pour en saisir toute l’originalité et la portée, et découvrir un art encore mal connu.

Ces deux expositions se terminent respectivement le 15 et le 5 juin.

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