Armand Gamache toujours synonyme de mort

Louise Penny au royaume des aveugles

Louise Penny, Au royaume des aveugles – Armand Gamache enquête, roman traduit de l’anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Montréal, Éditions Flammarion, 2019, 448 pages, 29,95 $.
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Traduite dans vingt-neuf langues et vendue à sept millions et demi d’exemplaires, Louise Penny est probablement l’auteure québécoise la plus connue au monde.

Elle écrit en anglais. Le monde entier, ou presque, connaît son personnage Armand Gamache, qui en est maintenant à sa quatorzième enquête dans Au royaume des aveugles.

Le village fictif de Three Pines

Ce nouvel épisode ramène les habitués du village québécois fictif Three Pines: Gamache, directeur suspendu de la Sûreté du Québec, son épouse Reine-Marie, la libraire Myrna, la poète Ruth, la psychologue Clara, ainsi que le couple gai Gabri et Olivier, propriétaires du bistro.

Gamache apparaît ici tantôt comme un héros tantôt comme un malfaiteur. Il a été choisi comme un des trois exécuteurs testamentaires d’une soi-disant baronne dont les dernières volontés révèlent une pure folie, à moins que ce soit «un mélodrame victorien ambulant».

L’ancien adjoint de Gamache, Lucien Beauvoir, est aussi de la partie, se demandant cette fois quel nouveau monstre l’attend au tournant. «Je ne parle pas des meurtriers. Eux, j’en fais mon affaire. C’est le reste. Les jeux de coulisse qui ne sont pas amusants du tout.»

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Extravagances

Louise Penny n’est pas à une extravagance près. Elle fait citer à Gamache un passage de l’Évangile: «Et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison» (Mathieu 10,36). Elle pimente son récit de conversations à la fois bonnes et mauvaises, réconfortantes et écœurantes, réussies et humiliantes.

Outre le «drôle de merdier» d’un testament qui s’entache d’un meurtre, le roman nous entraîne dans une affaire de narcotrafic où tous sont égaux devant le pire opiacé qui soit, diplômés d’universités ou décrocheurs.

Il nous plonge aussi dans le monde secret de la finance où un bilan peut facilement cacher une fraude monumentale.

L’argent, toujours un puissant motif

C’est donc en jouant sur plusieurs fronts que Louise Penny permet à Gamache de «déroger non pas aux lois, mais bien à ce qu’on considérait comme les règles cardinales des enquêtes pour meurtre».

Pourrait-il en être autrement dans une intrigue où délires et folie ne manquent pas…? L’argent en est souvent empreint, sans compter «la puanteur d’émotions assez pourries pour conduire au meurtre».

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Pas de limites à ce que les humains peuvent croire

Les romans de Penny sont connus pour illustrer qu’il n’y a presque pas de limites à ce que les humains peuvent croire. Au royaume des aveugles n’y échappe pas. Il démontre aussi que «l’espoir est encore plus vaste et puissant».

The Washington Post qualifie cette quatorzième enquête d’Armand Gamache d’ingénieuse, voire d’exceptionnelle. Je n’irais pas aussi loin; au contraire, je n’hésiterais pas à dire que ce n’est pas une des meilleures que j’aie lues.

Louise Penny n’en demeure pas moins la plus récompensée des écrivains canadiens de romans policiers.

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