Ariko: prometteuse récolte

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Pour Ariko, chanter est un acte naturel. Donc, pas trop de stress dans les coulisses, à quelques heures de leur premier concert/party de cuisine à l’Alliance française de Toronto samedi dernier.

L’ambiance est plutôt propice à la rigolade entre les trois jeunes sœurs et leur ami d’enfance, Taylor Forget, qui les accompagne ce soir sur scène. En attendant, les artistes prennent quelque temps après les répétitions pour parler de leur passion commune, la musique.

«Nos chansons parlent de boire, d’amour et de se marier!», disent-ils à l’unisson. Nous les avons apprises en famille ou à l’école. Certaines comme Blanche comme neige sont très anciennes et remontent au XVIe siècle», explique Kelly, l’aînée des trois sœurs Lefaive avant de reprendre d’un rire malicieux: «je n’écoute pas vraiment ce qui passe à la radio, car je suis très sélective. J’ai beaucoup étudié la musique à l’université, j’adore le jazz mais de tous les styles de musique, c’est le folklore traditionnel dont je me sens le plus proche, car il est authentique et naturel, c’est presque… viscéral!»

Penetang

Originaire de Penetanguishene, Ariko est un projet musical en famille. Chez les Lefaive, chanter semble être le moyen de communication le plus adapté tant l’énergie et l’osmose qui se dégagent de l’ensemble crée un tableau des plus harmonieux entraînant les cœurs et les émotions du public.

«C’est une musique qui se transmet de génération en génération. Les chansons que nous interprétons ont été chantées par les parents ou les grands-parents des gens qui viennent nous voir. Ça leur rappelle des souvenirs. Certains connaissent les paroles par chœur et c’est vraiment très beau!», s’exclame Jill.

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Elles sont trois jeunes fèves. Ariko est une version ludique de haricot.

Kelly à la mandoline, 24 ans, donne des cours privés de violon.

Jill, 21 ans, étudiante en 4e année de production de films à l’Université York, est une virtuose du violon et exécute des claquettes en une frénésie endiablée qui sera fortement applaudie ce soir.

Nicole, la plus jeune, violoniste émérite, chantonne d’une voix intense des ritournelles d’antan du haut de ses frêles 18 ans. Elle étudie à Ryerson la gestion des arts.

«C’est vrai que les gens du public doivent avoir un choc quand même de voir des jeunes chanter ce style de musique! D’habitude, ils doivent s’attendre à voir des vieillards!», s’amuse Taylor, qui a de plus en plus de mal à contenir son excitation à l’idée de monter sur scène.

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Tradition orale et modernité

Taylor Forget chante et joue de la partition. Un look savamment moderne pour celui qui rejette en bloc la musique des jeunes d’aujourd’hui. Taylor Swift? Certainement pas! Les trois jeunes sœurs le raillent en riant de concert et en réfrénant timidement des éclats de rire. Non, Taylor Forget est fan de musique folk traditionnelle, de bluegrass et de jazz qu’il étudie en 3e année à l’Université York.

Parmi les références d’Ariko, on cite Bon Iver, Madrigaia, La Bottine Souriante, Damien Robitaille, Felix Leclerc. Mais aussi des bardes issus de la tradition orale ancestrale franco-ontarienne, franco-manitobaine, des pastourelles de l’ancien français, des pomponnettes, des chansons à boire et des tarentelles québécoises.

La salle comble, Ariko ne laisse aucun répit et entonne une farandole truculente de chansons très rythmées supportées par les cuivres et cordes en procession florissante.

Des comptines revisitées comme À la claire fontaine, Chevaliers de la table ronde, des ballades amoureuses: Ma belle étoile, des tarentelles irlandaises comme Red-Haired Boy, des refrains de La Nouvelle-Orléans: Aiko Aiko, des chansons bucoliques et symboles du terreau séculaire comme Festin de campagne, Grain de mil, En revenant de Bordeaux, issu de leur premier album Première récolte.

Sur scène, pas moins de 10 artistes en parfaite symbiose, avec, entre autres, Bernard Dionne de Welcome Soleil à la contrebasse, Laura Jones au tambourin, Louis Lefaive au synthétiseur, Peter Jellard à l’accordéon, Anne Lederman, conteuse et multi-instrumentiste.

Pari réussi pour cette première récolte. En trio prometteur, Ariko se verrait bien d’ici cinq ans bien ancré dans la communauté francophone ontarienne et, pourquoi pas, jouer pour elle.

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