Americandream.ca veut brasser la cage

Au théâtre Glendon la semaine prochaine

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Du 18 au 22 Juin prochain, Claude Guilmain présentera au public torontois sa toute nouvelle création, AmericanDream.ca, au Théâtre Glendon, premier chapitre d’une trilogie en chantier.

Avec en fil conducteur une histoire de famille, le co-fondateur du Théâtre La Tangente (avec son épouse Louise Naubert) passe en revue les faits marquants de la fin du XXe siècle et du début du XXIe aux États-Unis (de l’assassinat de J.F.K. à la guerre en Afghanistan).

Il désacralise totalement la notion de rêve américain et estime même que ce mythe nous rend tous vulnérables, ultra-dépendants et aveugles devant la réalité des choses.

Expérimentation collective

Claude Guilmain insiste sur la part de risque liée à la création de la pièce. Il avoue volontiers qu’il vogue dans «l’inconnu» et qu’il ne sait pas comment sera perçue sa nouvelle œuvre.

Mais, ce n’est pas seul qu’il part à l’abordage. Avec une troupe d’acteurs expérimentés et une équipe technique parfaitement rodée, il met tous les atouts de son côté. «C’est un travail d’équipe, une expérimentation collective», insiste Claude Guilmain.

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Une véritable synergie se dégage de l’équipe technique regroupant «l’homme à tout faire» Aurélien Muller, Claude et Louise Naubert au son pour l’un et à la mise en scène pour l’autre, Guillaume Houët-Brisebois aux éclairages, et enfin l’indispensable Duncan Appleton à la direction technique du Théâtre Glendon, sur le campus bilingue de l’Université York à l’angle des avenus Bayview et Lawrence..

Baby-boomers

AmericanDream.ca raconte l’histoire d’une famille canadienne des années 40 à aujourd’hui, profondément marquée par les événements survenant aux États-Unis.

Chaque génération rêve d’un avenir idéal et joyeux, d’un avenir clément et heureux. Mais, finalement, chaque membre de la famille fait face à un inexorable désenchantement, à une fatale désillusion.

C’est la génération des baby-boomers qui est au centre de ce premier chapitre d’AmericanDream.ca. Ayant vécu à cette époque, Claude Guilmain veut offrir un regard objectif sur l’influence que les États-Unis avaient, ont et auront sur nos vies.

«Tout ce qui nous arrive est grandement influencé par les décisions américaines: ce que nous écoutons, ce que nous regardons à la télévision, ce que nous mangeons… C’est le monde dans lequel on vit.»

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AmericanDream.ca touche donc à beaucoup de choses. Par exemple, Claude Guilmain égratigne souvent des politiciens comme Stephen Harper ou Rob Ford, symboles d’une déchéance: «Aujourd’hui, on les élit seulement pour leurs promesses économiques et militaires, sans regarder autre part, sans regarder plus loin. Il n’y a plus d’aventure», argumente-t-il.

Facebook

À d’autres moments, il s’en prend à la société de communication en attaquant des réseaux sociaux comme Facebook: «Dans cette société d’hyper-communication, les gens ne s’expriment plus, ne communiquent plus leurs réelles pensées, leur réel état d’esprit.»

Il souligne aussi parfois l’impact néfaste de la mondialisation en livrant bataille à des entreprises hégémoniques comme Apple: «Aujourd’hui, on nous vend de la drogue, de la dépendance», s’indigne-t-il.

Cette pièce, premier fragment d’un triptyque annoncé, est donc avant tout un moyen pour Claude Guilmain d’exprimer son opinion, mais aussi d’interroger le spectateur, de «brasser la cage» comme il le dit lui-même.

Un brin d’espoir

«Je suis cynique, mais pas pessimiste. Les gens ne sont pas aussi sans cœur qu’on pourrait le penser. Il y en a de plus en plus qui commencent à poser des questions et qui voient que tout ça n’a pas de sens. Il y a de l’espoir», martèle Claude Guilmain.

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Ainsi, on vous rassure AmericanDream.ca n’est pas seulement un réquisitoire noir contre la société américaine, un pamphlet salé sur la mondialisation. La pièce véhicule un certain optimisme et résonnera certainement dans le public de par son actualité.

«Il y a beaucoup de passages comiques dans la pièce, et le spectateur n’en sortira pas, je l’espère, aigri et déprimé», dit Claude Guilmain.

Réussira-t-il à brasser notre cage, ou la cage restera-t-elle fermée et insensible? Du 18 au 22 juin prochain, au Théâtre Glendon, c’est à vous de voir, si l’écrivain a réussi son pari.

• Claude Guilmain fait partie des cinq finalistes du Prix littéraire Trilium 2013 pour son recueil Comment on dit ça «t’es mort» en anglais ? paru l’an passé. Le 17 juin, une soirée hommage aux finalistes aura lieu à la Bibliothèque de référence de Toronto. Le gala des prix Trillium aura lieu le lendemain.

• Claude Guilmain est aussi le réalisateur du documentaire Le 22e en Afghanistan produit par l’ONF, et qui l’a inspiré à écrire AmericanDream.ca. Le cinéaste a accompagné le célèbre régiment en mission à Kandahar.

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