Ainsi soit-il…

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Vous le savez peut-être: dans la vie de tous les jours, je suis journaliste au quotidien Le Nouvelliste de Trois-Rivières. Depuis quelques mois, j’occupe en fait la fonction de chef de pupitre. En gros, je supervise le montage des pages du journal, en déterminant notamment l’espace qu’occuperont les différentes nouvelles. C’est une bonne responsabilité.

Le chef de pupitre a aussi la responsabilité de donner le feu vert pour l’envoi final de chacune des pages à l’impression.

Il faut donc s’assurer que les textes sont intégraux et qu’il n’y a pas de portions escamotées, que les titres conviennent, que les photos sont les bonnes et, surtout, qu’il n’y a pas de fautes d’orthographe, de grammaire ou de typographie.

Le chef de pupitre, bien souvent, devient la personne vers qui les pupitreurs se tournent lorsqu’ils ont une hésitation orthographique ou syntaxique.

Ainsi

Il y a quelques semaines, nous avons eu tout un débat sur l’utilisation du mot «sic».

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Ça ne vous dit rien? Ou alors ça vous dit vaguement quelque chose, mais vous ne sauriez pas exactement dans quel contexte l’utiliser?

«Sic», c’est un tout petit mot latin qui signifie «ainsi». Le Robert historique de la langue française nous dit que ce mot, «ajouté à une citation, sert à souligner l’exactitude textuelle et, du même coup, l’étrangeté ou l’anomalie du contenu».

En presse écrite, on verrait des tonnes de «sic» dans les textes si les journalistes ne prenaient pas la liberté d’adapter les citations de personnes dont ils rapportent les propos.

On dit souvent que les politiciens paraissent généralement assez bien dans les journaux parce que les journalistes modifient parfois les citations pour faire des phrases cohérentes et compréhensibles. Généralement, ça ne dénature pas les propos de l’intervenant en question.

Erreur

Mais il arrive que l’emploi de «sic» s’impose. Par exemple pour démontrer une méconnaissance factuelle ou une bourde.

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C’est vrai pour les propos que l’on rapporte en citation, mais ça peut aussi être vrai pour des documents dont on cite des extraits.

Dans le cas de l’anecdote qui m’a inspiré cette chronique, un journaliste citait dans son article un extrait de document public truffé de fautes. Il fallait mettre une mention «sic» pour démontrer que le document était piètrement rédigé.

En fait, c’est surtout pour démontrer au lecteur que le journaliste et la rédaction du journal sont bien conscients que le passage rapporté comporte des erreurs. Autrement, le lecteur pourrait penser que son journal est rédigé et corrigé par une bande d’incompétents…

Le Bureau de la traduction du gouvernement du Canada mentionne d’ailleurs élégamment, dans son Guide du rédacteur, qu’on peut employer «sic» quand «le texte cité comporte un passage que l’on juge étonnant pour une raison quelconque». Il a alors pour effet de «garantir qu’on rapporte le texte tel qu’on l’a vu».

L’article mentionne également qu’on l’emploie aussi lorsque le texte à citer comporte une faute ou un emploi douteux. «Le mot sic permet de signaler l’erreur en déclinant toute responsabilité», peut-on lire.

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Moquerie

D’autres sources mentionnent que le «sic» est couramment utilisé à des fins de moquerie, pour souligner un point faible dans l’argumentation d’une personne ou introduire une réflexion ironique.

L’emploi de «sic» dans des textes en français remonterait au dix-huitième siècle. Le Trésor de la langue française rapporte des exemples d’emploi de ce petit mot latin dans des ouvrages de Diderot et de Montesquieu, notamment.

Enfin, il convient de mentionner que lorsqu’on emploie «sic» dans un texte, on le place généralement entre crochets et on l’écrit en italique, puisqu’il s’agit d’un mot étranger. Et il n’y a pas qu’en français qu’on le retrouve, mais dans d’autres langues comme l’anglais, l’espagnol, l’italien et le suédois.

Comme quoi il n’y a pas que dans les langues latines qu’on emploi [sic] la mention «sic»…

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