Aide médicale à mourir et suicide assisté: un état des lieux

Outre le Canada, cinq pays et cinq états américains permettent l'aide médicale à mourir

Paul-François Sylvestre, Le Droit de mourir dignement, Un état des lieux de l’aide médicale à mourir et du suicide assisté en Europe et en Amérique, Toronto, Éditions du GREF, coll. Athéna no 14, 2017, 112 pages, 15$.


27 novembre 2017 à 7h00

Après avoir publié le récit Ma jumelle m’a quitté dans la dignité, notre collaborateur Paul-François Sylvestre se penche sur un état des lieux de l’aide médicale à mourir et du suicide assisté en Europe et en Amérique dans un court inventaire intitulé tout simplement Le Droit de mourir dignement, toujours aux Éditions du GREF. Il répond à nos questions.

Qu’est-ce que ce livre nous apprend de neuf, qu’est-ce qu’il ajoute au premier?

Ma jumelle… est le récit d’une Canadienne qui a dû se rendre en Suisse pour un suicide assisté puisque la loi canadienne sur l’aide médicale à mourir lui était inutile. Elle ne se trouvait pas en fin de vie, elle allait souffrir pendant dix ou quinze ans encore. On suit son cheminement et l’appui de tous les membres de sa famille.

Le Droit de mourir dignement est un inventaire des pays et États qui ont légiféré sur l’aide médicale à mourir et/ou le suicide assisté. La situation du Canada est analysée en détail.

Et combien y a-t-il de pays ou États?

Outre le Québec et le Canada, il y a cinq pays et cinq États américains. Seuls les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg, donc le Benelux, offrent et l’aide médicale à mourir et le suicide assisté depuis le début des années 2000. Les lecteurs seront surpris d’apprendre que le suicide assisté est légal en Suisse depuis 1942.

Est-ce que l’aide médicale à mourir rendue légale au Canada n’est pas une forme de suicide assisté?

Non, l’aide médicale à mourir est administrée par un tiers (un médecin ou sous son contrôle) alors que pour le suicide assisté, c’est le «patient» lui-même qui déclenche sa mort et non un tiers.

Outre la Suisse et les pays du Benelux, le suicide assisté est légal dans les États suivants: Oregon (1997), Washington (2008), Montana (2009) et Vermont (2013). Le Canada est le dernier pays à avoir légalisé l’aide médicale à mourir, en 2016; la Colombie et le Québec l’ont fait en 2015, puis la Californie en 2016.

Est-ce qu’on connaît le nombre de Canadiens qui ont eu recours à l’aide médicale à mourir?

On connaît les chiffres en date du 30 juin 2017. Depuis le 10 décembre 2015 au Québec et depuis le 17 juin 2016 dans le reste du Canada, il y a eu 2 149 cas, dont 548 en Ontario (25%). Dans notre province, il y a eu 289 hommes et 250 femmes; la personne la plus jeune avait 27 ans et la plus âgée avait 101 ans. L’âge moyen se situe à 73 ans.

En Ontario, l’hôpital est-il majoritairement le lieu d’«une mort dans la dignité»?

Oui, mais seulement à 55%. Sur 548 cas, le décès a eu lieu à la maison 195 fois, dans un centre de soins de longue durée 33 fois et dans une résidence pour personnes âgées 17 fois.

Votre livre porte quel genre de regard politique sur la législation canadienne?

Il souligne comment les députés et sénateurs libéraux ont voté selon la ligne du parti, le premier ministre Trudeau ayant imposé un vote qui respecte la Charte canadienne des droits et libertés.

Au Québec, tous les partis ont voté majoritairement en faveur de la loi sur la fin de vie. Le livre dresse une chronologie détaillée du débat canadien sur l’aide médicale à mourir et le suicide assisté depuis presque 35 ans, soit depuis 1983.

Est-ce que votre livre parle de demande anticipée ou d’aide médicale à mourir pour des gens qui ne sont pas en phase terminale?

Oui, puisqu’il y a déjà des contestations judiciaires basées sur l’Arrêt Carter de la Cour suprême du Canada. Je mentionne qu’une cause est présentement devant la Cour supérieure du Québec, au nom de deux malades qui ne sont pas en phase terminale, mais dont les souffrances sont intolérables.

Mon livre cite également un médecin à la retraite qui a rédigé un document demandant clairement «qu’on mette fin à ses jours, par euthanasie, si un traumatisme ou une maladie dégénérative comme l’Alzheimer lui faisait perdre ses capacités intellectuelles».

Et je soulève aussi le cas des mineurs qui ne sont pas couverts par les lois québécoise et fédérale.

Où peut-on se procurer votre livre?

Le Droit de mourir dignement sera disponible dès l’ouverture du Salon du livre de Toronto, le 29 novembre, à la succursale Référence de la Bibliothèque publique de Toronto. Il sera en librairie juste avant Noël.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Élections scolaires : nos candidates et candidats

élections municipales et scolaires
Voici la liste des candidates et candidats aux élections scolaires du 22 octobre 2018 dans chacune des circonscriptions, ou régions, de nos deux conseils...
En lire plus...

15 octobre 2018 à 11h00

Gilles Archambault a tenu un journal intime de citations

En toute reconnaissance
Depuis une cinquantaine d’années, Gilles Archambault a inscrit des phrases (citations) dans un carnet bleu, sur des thèmes qui lui sont chers.
En lire plus...

15 octobre 2018 à 8h00

Wanda Plus TV : promouvoir la culture africaine

Wanda Plus TV
Créée à l'initiative de José Ndzeno, Wanda Plus TV est la nouvelle chaîne torontoise dédiée à la promotion de la culture africaine.
En lire plus...

14 octobre 2018 à 15h30

Luc de Larochellière de retour sur scène avec son groupe original

Luc de Larochellière
En 1988, le chanteur Luc de Larochellière sortait Amère America, qui allait devenir disque d’or. Luc de Larochellière en célèbre le 30e anniversaire en...
En lire plus...

14 octobre 2018 à 13h00

Littérature de la confrontation

Qui a tué mon père
Qui a tué mon père. Édouard Louis ne pose pas une question, il accuse. À 25 ans, l'auteur a publié trois romans autobiographiques traduits...
En lire plus...

14 octobre 2018 à 9h00

Quiz : 1968, année inoubliable

quiz
1968 est une année riche en événements. Vous rappelez vous de tout ?
En lire plus...

14 octobre 2018 à 7h00

Le « cohousing » en marche à Winnipeg

habitat groupé
Le « cohousing » regroupe des familles, des couples ou des personnes seules autour d’une «maison commune», où ils partagent des services d’usage courant....
En lire plus...

13 octobre 2018 à 15h30

Les producteurs laitiers canadiens sacrifiés ?

Johnny Gallant
Les producteurs laitiers du Canada n’ont pas mis longtemps à réagir aux modalités de l’accord avec les États-Unis et le Mexique qui, s’il est...
En lire plus...

13 octobre 2018 à 12h00

Port du voile : pour vivre sans se cacher

musulmane
Lorsqu’elle a choisi de porter le voile, Loubna Dabet a senti que la France lui imposait une façon de vivre qui ne lui convenait...
En lire plus...

13 octobre 2018 à 9h00

Louise Mushikiwabo remplace la Canadienne Michaëlle Jean à la tête de la francophonie

OIF Election
Sans grande surprise, le poste de secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) a été attribué à la candidate rwandaise Louise Mushikiwabo,...
En lire plus...

12 octobre 2018 à 17h05

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur