Aide médicale à mourir et suicide assisté: un état des lieux

Outre le Canada, cinq pays et cinq états américains permettent l'aide médicale à mourir

Paul-François Sylvestre, Le Droit de mourir dignement, Un état des lieux de l’aide médicale à mourir et du suicide assisté en Europe et en Amérique, Toronto, Éditions du GREF, coll. Athéna no 14, 2017, 112 pages, 15$.
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Après avoir publié le récit Ma jumelle m’a quitté dans la dignité, notre collaborateur Paul-François Sylvestre se penche sur un état des lieux de l’aide médicale à mourir et du suicide assisté en Europe et en Amérique dans un court inventaire intitulé tout simplement Le Droit de mourir dignement, toujours aux Éditions du GREF. Il répond à nos questions.

Qu’est-ce que ce livre nous apprend de neuf, qu’est-ce qu’il ajoute au premier?

Ma jumelle… est le récit d’une Canadienne qui a dû se rendre en Suisse pour un suicide assisté puisque la loi canadienne sur l’aide médicale à mourir lui était inutile. Elle ne se trouvait pas en fin de vie, elle allait souffrir pendant dix ou quinze ans encore. On suit son cheminement et l’appui de tous les membres de sa famille.

Le Droit de mourir dignement est un inventaire des pays et États qui ont légiféré sur l’aide médicale à mourir et/ou le suicide assisté. La situation du Canada est analysée en détail.

Et combien y a-t-il de pays ou États?

Outre le Québec et le Canada, il y a cinq pays et cinq États américains. Seuls les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg, donc le Benelux, offrent et l’aide médicale à mourir et le suicide assisté depuis le début des années 2000. Les lecteurs seront surpris d’apprendre que le suicide assisté est légal en Suisse depuis 1942.

Est-ce que l’aide médicale à mourir rendue légale au Canada n’est pas une forme de suicide assisté?

Non, l’aide médicale à mourir est administrée par un tiers (un médecin ou sous son contrôle) alors que pour le suicide assisté, c’est le «patient» lui-même qui déclenche sa mort et non un tiers.

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Outre la Suisse et les pays du Benelux, le suicide assisté est légal dans les États suivants: Oregon (1997), Washington (2008), Montana (2009) et Vermont (2013). Le Canada est le dernier pays à avoir légalisé l’aide médicale à mourir, en 2016; la Colombie et le Québec l’ont fait en 2015, puis la Californie en 2016.

Est-ce qu’on connaît le nombre de Canadiens qui ont eu recours à l’aide médicale à mourir?

On connaît les chiffres en date du 30 juin 2017. Depuis le 10 décembre 2015 au Québec et depuis le 17 juin 2016 dans le reste du Canada, il y a eu 2 149 cas, dont 548 en Ontario (25%). Dans notre province, il y a eu 289 hommes et 250 femmes; la personne la plus jeune avait 27 ans et la plus âgée avait 101 ans. L’âge moyen se situe à 73 ans.

En Ontario, l’hôpital est-il majoritairement le lieu d’«une mort dans la dignité»?

Oui, mais seulement à 55%. Sur 548 cas, le décès a eu lieu à la maison 195 fois, dans un centre de soins de longue durée 33 fois et dans une résidence pour personnes âgées 17 fois.

Votre livre porte quel genre de regard politique sur la législation canadienne?

Il souligne comment les députés et sénateurs libéraux ont voté selon la ligne du parti, le premier ministre Trudeau ayant imposé un vote qui respecte la Charte canadienne des droits et libertés.

Au Québec, tous les partis ont voté majoritairement en faveur de la loi sur la fin de vie. Le livre dresse une chronologie détaillée du débat canadien sur l’aide médicale à mourir et le suicide assisté depuis presque 35 ans, soit depuis 1983.

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Est-ce que votre livre parle de demande anticipée ou d’aide médicale à mourir pour des gens qui ne sont pas en phase terminale?

Oui, puisqu’il y a déjà des contestations judiciaires basées sur l’Arrêt Carter de la Cour suprême du Canada. Je mentionne qu’une cause est présentement devant la Cour supérieure du Québec, au nom de deux malades qui ne sont pas en phase terminale, mais dont les souffrances sont intolérables.

Mon livre cite également un médecin à la retraite qui a rédigé un document demandant clairement «qu’on mette fin à ses jours, par euthanasie, si un traumatisme ou une maladie dégénérative comme l’Alzheimer lui faisait perdre ses capacités intellectuelles».

Et je soulève aussi le cas des mineurs qui ne sont pas couverts par les lois québécoise et fédérale.

Où peut-on se procurer votre livre?

Le Droit de mourir dignement sera disponible dès l’ouverture du Salon du livre de Toronto, le 29 novembre, à la succursale Référence de la Bibliothèque publique de Toronto. Il sera en librairie juste avant Noël.

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