À l’affiche de Cinéfranco

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Du 23 mars au 1er avril se tiendra l’édition 2007 du festival phare du cinéma francophone à Toronto. Pour le 10e anniversaire de Ciné-Franco, l’organisation propose une programmation pleine de surprises, pour la plupart excellentes. C’est l’occasion pour L’Express de faire un petit tour d’horizon des films présentés au cinéma Royal au cours de cette semaine.

De ma fenêtre sans maison **
de Maryanne Zéhil. Avec Louise Portal, Renée Thomas et Mariloup Wolfe. Canada, 2006. 91 minutes. Projection le samedi 24 mars à 13h30.

Dounia n’avait que quatre ans lorsque sa mère, Sana, a décidé de quitter son Liban natal pour s’installer au Québec. Dix-sept ans plus tard, les deux femmes se retrouvent à Montréal pour quelques semaines. Mais les plaies encore fraîches font resurgir brutalement l’incompréhension qui anime les deux femmes.

Dounia tente de savoir sans succès les raisons du départ furtif de sa mère, qui l’a abandonnée aux mains de son père et de sa grand-mère. Sana essaye pour sa part de faire comprendre à sa fille l’oppression de la société libanaise qu’elle ne pouvait se contraindre à accepter.

De ma fenêtre sans maison fait ressortir les clivages culturels qui opposent le Liban et le Québec, ou plus globalement le monde arabe et le monde occidental.

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Bien que la réalisatrice tombe dans les clichés (la femme québécoise est totalement dévergondée et épanouie sexuellement alors que la femme libanaise est frigide et inexpérimentée) et les caricatures (on a droit à une énumération complète de tous les plats traditionnels libanais lors d’un souper ou encore à un condensé invraisemblable d’expressions québécoises dans les dialogues), l’exercice s’avère instructif et émouvant.

Les valeurs que les deux femmes défendent – désormais aux antipodes – nous contraignent à nous remettre en question quant à nos moeurs sociales, culturelles et sexuelles.

Edy ***
de Stéphan Guérin-Tillié. Avec François Berléand et Philippe Noiret. France, 2005. 101 minutes. Projection le lundi 26 mars à 20h.

Edy est un professionnel de l’assurance. De l’arnaque aussi, notamment lorsqu’il s’agit de monter des scénarios pour aider certains de ses clients à bénéficier de l’assurance-vie de leur conjoint. Mais depuis un certain temps, Edy est au fond du gouffre, psychologiquement. Alors qu’il tente de mettre fin à ses jours, non seulement il rate sa cible, mais il se retrouve avec un cadavre sur les bras. Le début d’une histoire complexe qui l’entraînera au coeur d’une rocambolesque affaire.

Pour son premier long-métrage, Stéphan Guérin-Tillié ne déçoit pas. Aidé par un casting d’une remarquable solidité, le scénario s’enchaîne rapidement, sans fioritures. François Berléand excelle dans un rôle de dépressif complexe et inquiétant taillé sur mesure et le côté paternaliste du défunt Philippe Noiret lui offre une réplique pertinente.

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Grincant à souhait, empli d’humour noir et relatant l’histoire d’anti-héros, Edy est un film intéressant. Un premier long-métrage réussi pour le jeune réalisateur, qui signe un premier pas édifiant dans le domaine du cinéma. Reste à se forger une personnalité propre, afin que les influences audiardiennes soient moins visibles.

Fauteuils d’orchestre / Montaigne Avenue ****
de Danièle Thompson. Avec Cécile de France, Albert Dupontel et Valérie Lemercier. France, 2006. 106 minutes. Projection le samedi 31 mars à 20h.

Jessica fait tranquillement son petit bout de chemin dans la vie. Elle vient de décrocher un emploi de serveuse au Café des théâtres, lieu de convergence des artistes du coin. Elle y rencontre trois artistes, tous à un point tournant de leur carrière. Catherine Versen, star du petit écran, éprouve des crises d’angoisse à l’idée de rencontrer un grand réalisateur qui pourrait lui offrir le rôle de sa vie.

Le pianiste de renommée internationale Jean-François Lefort étouffe, de son côté. Il veut redonner un nouveau sens à son talent en l’offrant aux néophytes plutôt qu’à la haute société prête à débourser une fortune pour l’entendre. Et Jacques Grumberg, mécène, veut se départir en une soirée de toute sa collection d’oeuvres d’art qu’il a montée avec sa défunte femme. Dans ce chassé-croisé artistique, Jessica découvre tranquillement que la vie sous les projecteurs n’est pas toujours aussi reluisante qu’elle n’y paraît…

Cécile de France est délicieuse en jeune serveuse naïve et insouciante et Valérie Lemercier totalement sublime dans son rôle d’actrice névrosée honteuse du succès populaire qu’elle remporte grâce à un sitcom (elle a d’ailleurs décroché le César de la meilleure actrice dans un second rôle).

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Sous des apparences légères, Fauteuils d’orchestre cache une critique sociale acerbe, écorchant au passage le snobisme artistique sous ses nombreuses formes. Un film fin et touchant, sur la quête du bonheur. À voir.

Meurtrières ***
de Patrick Grandperret. Avec Hande Kodja, Céline Sallette et Gianni Giardinelli. France, 2005. 97 minutes. Projection le mercredi 28 mars à 20h.

Après la mort de son père, Lizzy quitte Paris et atterrit à l’hôpital psychiatrique. Un local où Nin est en convalescence après une tentative de suicide échouée. Les deux jeunes filles sympathisent rapidement, et se lancent ensemble sur les routes. Confrontées aux problèmes les plus communs, à savoir où dormir, comment manger, elles tombent inévitablement dans la violence banale du quotidien. S’en suivra une quête sanguinolente à la recherche inconsciente de leur identité.

Toute la force du film de Patrick Grandperret réside dans la complémentarité des deux actrices. Hande Kodja, éblouissante de dynamisme, interpelle le spectateur par son énergie. Céline Sallette exprime le côté tendre et rêveur de ces deux moitiés qui se trouvent. Plus en retrait, elle ne possède pas l’aisance de parole de sa compagne de route.

Techniquement, le film ne brille pas par un quelconque procédé, mais enchaîne les plans propres, qui laissent la place à l’émotion et au jeu des actrices. Meurtrières, honoré du Prix du président du jury du Festival de Cannes 2006, est simplement efficace. Loin des strass et des paillettes, il offre une dimension cinématographique à une histoire noire, et pourtant pas toujours dénuée d’espoir.

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Le petit lieutenant ****
de Xavier Beauvois. Avec Nathalie Baye, Jalil Lespert et Roschdy Zem. France, 2004. 110 minutes. Projection le mardi 27 mars à 22h.

Antoine, jeune élève fraîchement promu lieutenant des forces de l’ordre, intègre la 2e division de police judiciaire. Plein d’enthousiasme, effectue son apprentissage du métier au fil des jours. Dans la plus pure tradition des polars à la française, Le petit lieutenant séduit indéniablement. Dans une France où la police a de plus en plus de mal à renouer le dialogue avec la population, Le petit lieutenant est une bouffée d’air frais, qui assène un grand coup derrière la tête aux flics «mère Teresa» qui n’ont pour seule ambition que de sauver leur patrie –et la planète au passage.

Le stéréotype stéroïdien du flic américain indestructible est lui aussi écarté. Point d’effets spéciaux futuristes, d’explosions surnaturelles et de cascades mirobolantes dans le petit commissariat parisien.

Ici, les policiers ont un quotidien, troublé par les impondérables du métier, mais pas de renversements de régimes ni de fabrication d’armes de destruction massive dans le sous-sol du palais de l’Élysée. Dommage pour le spectacle? Pas si sûr…

Les Brigades du Tigre *****
de Jérôme Cornuau. Avec Clovis Cornillac, Diane Kruger et Édouard Baer. France, 2005. 125 minutes. Projection le samedi 24 mars à 22h.

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À l’orée de la Première Guerre mondiale, la France est le théâtre d’une vague de crimes sans précédent. Face à cette nouvelle menace, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Georges Clémenceau, crée une force de police à la mesure de cette vague: les brigades mobiles.

Contrepoids à cette violence, ce qui deviendra les Brigades du Tigre dans les manuels d’histoire se livre à une guerre sans merci contre la recrudescence d’attaques à main armée. Porté par une étoile montante du cinéma français, Clovis Cornillac, Les Brigades du Tigre se distingue en de nombreux points. À l’image de Cornillac, le jeu des acteurs (notamment Diane Kruger et Édouard Baer) est excellent et porte sur ses épaules un scénario policier très bien ficelé.

Sur fond d’alliance tripartite entre la France, la Grande-Bretagne et la Russie, le commissaire Valentin découvre peu à peu les ficelles d’un complot financier visant d’un côté à détourner des sommes importantes vers la Russie, et de l’autre à renverser le régime en place au profit des militants anarchistes de l’époque.

Adapté de la série éponyme de Claude Desailly, diffusée au début des années 70, le dernier né de Jérôme Cornuau réussit le tour de force de divertir pendant plus de deux heures, sans s’empêtrer dans les méandres d’un imbroglio politico-dramatique qui avait pourtant tout pour perdre le spectateur. Un numéro de funambulisme exécuté avec une incontestable virtuosité.

Nouvelle chance / Oh la la! ***
d’Anne Fontaine. Avec Danielle Darrieux, Arielle Dombasle et Jean-Chrétien Sivertin-Blanc. France, 2006. 90 minutes. Projection le samedi 24 mars à 11h.

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Augustin Dos Santos, un artiste des plus particuliers, veut monter une pièce de théâtre «typiquement française» pour remplir un contrat d’animation. Il décide alors de mettre à exécution le rêve d’une ancienne star d’opérette, Odette Saint-Gilles, d’incarner sur scène le rôle de Julie Lespinasse de la pièce Les salons tirée du XVIIIe siècle.

Grâce à un mélange d’astuces et de quiproquos, il réussit à convaincre Bettina Fleischer, une actrice adulée par le public, à se joindre à leur projet. Mais tranquillement, le scénario de la pièce fera place à la réalité; la vie des acteurs de la pièce se confondant tranquillement avec celles de leurs personnages.

Anne Fontaine réussit encore avec tac à rendre ses personnages des plus attachants. Mais le scénario, quoique original et audacieux, manque de mordant. La chute est décevante alors que l’univers des personnages avait été si finement ciselé. Nouvelle chance demeure malgré cela un film divertissant, posant un regard inaccoutumé sur les relations humaines et sur les rêves que nous chérissons tous.

Peindre ou faire l’amour ****
d’Arnaud Larrieu et Jean-Marie Larrieu. Avec Sabine Azéma, Daniel Auteuil et Sergi Lopez. France, 2004. 98 minutes. Projection le samedi 31 mars à 22h.

Madeleine et William vivent dans un magnifique appartement, au pied des collines, entourés de leurs amis. Leur fille vient de les quitter pour partir étudier en Italie. William, de son côté, se sent complètement inutile depuis qu’il a arrêté de travailler. 

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Lors d’une expédition dans le Vercors pour peindre un paysage, Madeleine fait la rencontre d’Adam, le maire aveugle du village, qui lui fait découvrir une splendide maison à vendre. Conquise, Madeleine réussit à convaincre William d’acheter la demeure. Une intéressante histoire d’amitié se développe alors entre Madeleine et William, et Adam et sa femme Èva qui vivent à proximité.

Les frères Larrieu mènent dans ce film une réflexion douce et sereine sur la vie de couple après 30 ans de mariage. Filant le parfait amour, Madeleine et William sentent le besoin de se renouveler, de découvrir de nouveaux lieux.

Leurs nouveaux amis leur en donneront la possibilité. L’atmosphère du film est sublime: les paysages, les décors, les costumes, la lumière, la trame sonore, le jeu des acteurs, tout est traité avec finesse. Peindre ou faire l’amour était présenté en compétition officielle à Cannes en 2005.

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