À la découverte d’une inconnue, Unica Zürn

Créature chimérique d'Unica Zürn.
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Vous connaissez Unica Zürn? Moi non plus. Pourtant, son histoire tragique et son oeuvre sont associées aux temps forts du 20e siècle.

Heureusement, nous ne nous engageons pas dans l’inconnu sans guide, puisque nous avons à notre disposition le petit ouvrage édité par le Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne, à Paris, qui consacre une exposition à cette écrivaine et illustratrice depuis le 31 janvier jusqu’au 31 mai.

Née à Berlin

Unica Zürn est née à Berlin le 6 juillet 1916. Elle est le deuxième enfant d’un journaliste, grand voyageur. Sa mère, Helene Pauline Heerdt, est la fille d’une très riche famille.

Unica Zürn

Unica suit le programme des études classiques, puis se spécialise dans des études commerciales, ce qui lui vaut de devenir, en 1933, sténo-dactylo aux studios de l’Universum Film AG de Berlin.

Elle mène alors une existence désinvolte avec des amis ou des amoureux de passage. Mais elle travaille tout de même et, de 1936 à 1942, elle devient scénariste et auteure de films publicitaires.

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IIIe Reich

Grâce aux relations de sa mère, qui est la deuxième conjointe d’un ministre qui devient ensuite un important responsable du IIIe Reich, Unica Zürn est introduite dans la société nazie.

Elle épouse en 1942 Erich Laupenmühlen, un commerçant avec qui elle a deux enfants, Katrin née le 23 mai 1943, et Christian né le 11 février 1945. Mais elle divorce en 1949, et ses enfants sont confiés à la garde du père.

Elle écrit des récits et des nouvelles pour les journaux, des contes radiophoniques, et fréquente le milieu artistique.

Créature chimérique d’Unica Zürn

En France de 1953 à 1970

En 1953, lors d’une exposition berlinoise, Unica fait la rencontre de l’artiste Hans Bellmer (1902-1975) et l’accompagne à Paris où ils vivent dans un petit appartement. Bellmer la présente au groupe surréaliste.

Elle commence ses anagrammes et ses dessins qui seront publiés sous le titre d’Hexentexte par la galerie Springer à Berlin. Sa première exposition est organisée à la galerie parisienne Le Soleil en tête, suivie d’une autre au même endroit en 1956.

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Unica se consacre uniquement au dessin après d’infructueux essais à la peinture à l’huile, comme on le voit dans son catalogue.

Dessin d’Unica Zürn (autoportrait?)

Dépression

En 1957, elle rencontre Henri Michaux qui lui inspire le personnage de L’Homme-Jasmin. À la suite d’une dépression nerveuse et d’une «crise schizophrénique», elle fait un séjour à la clinique Wittenau.

La galerie Le Point cardinal expose ses dessins de 1963 à 1964. Le catalogue en est publié. Entre 1963 et 1965, elle écrit Der Mann im Jasmin (L’Homme-Jasmin). Puis elle publie Sombre Printemps, mais elle est à nouveau internée. Son état est si critique qu’elle ne peut plus dessiner ni écrire.

Au début de 1970, elle est internée une troisième fois. Elle rédige un journal de souvenirs, Crécy, et un Livre de lecture pour enfants. Le 7 avril 1970, elle écrit une lettre de rupture à Bellmer. Elle achève la rédaction de L’Homme-Jasmin et projette d’écrire une suite: L’Homme-Poubelle.

Autorisée à sortir de la clinique, elle se rend chez Bellmer et se suicide le 19 octobre 1970 en se jetant par la fenêtre de son appartement.

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Couverture du catalogue de l’exposition à Paris.

Oeuvre

Unica Zürn a laissé un grand nombre d’œuvres, des écrits et des dessins. On ne saurait mentionner tous les titres, mais en voici quelques-uns:

Hexentexte (Grimoire de sorcière), comprenant 10 dessins et 10 anagrammes, postface de Hans Bellmer, Berlin, galerie Springer, 1954;

Oracles et spectacles, 14 poèmes-anagrammes et 8 eaux-fortes, introduction de Patrick Waldberg, frontispice et post-scriptum de Hans Bellmer, Paris, Georges Visat, 1967;

The House of Illnesses, première publication en allemand, 1977. Traduction anglaise de Malcolm Green, avec des dessins d’Unica Zürn, Londres, Atlas Press, 1993;

Œuvres complètes d’Unica Zürn, en 8 volumes, Berlin, Brinkman et Bose, 1988-1999.

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L’Homme-Jasmin, traduction Ruth Henry et Robert Valençay, avec une préface d’André Pieyre de Mandiargues, Paris, Gallimard, 1971; réédition Paris, Gallimard, coll. L’Imaginaire, 1999.

L’ouvrage

L’ouvrage d’art des éditions du Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne nous donne un important aperçu des dessins d’Unica Zürn.

Presque toutes les 176 pages de cet ouvrage reproduisent des dessins d’Unica Zürn. C’est un véritable catalogue de dessins en pleine page. Pour connaître les œuvres d’Unica Zürn, on ne saurait trouver mieux.

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