Le G7 et l’urgence de la croissance

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Publié 31/05/2016 par Alain Ngouem (Toronto)

Les rideaux du sommet du G7 à Ise-Shima (Japon), qui s’est tenu le 26 au 27 mai, se referment sur une note d’urgence de doper la croissance mondiale. Mais, dans un monde aujourd’hui en mouvance, y a-t-il vraiment une urgence de doper seulement l’économie?

Au sens de mes analyses, il faut nuancer la réponse à cette question. De toute évidence, le monde bipolaire, unipolaire ou même multipolaire n’existe plus. Il serait devenu un monde apolaire où chaque pays a ses intérêts qui constituent son agenda caché ou public.

Dans ce contexte, l’urgence épouse le triptyque immigration, sécurité et nouvel ordre mondial économique.

L’immigration internationale présente deux faces; celle du désarroi total et celle de l’équilibre de flux et reflux de la mobilité humaine. En fait, pendant que la méditerranée est devenue une passoire, la Turquie fait montre d’ouverture conditionnée.

Mais il faut absolument une solidarité internationale dans la crise des migrants. Car la crise des migrants à laquelle fait face l’Europe est un problème mondial qui doit être traité à l’échelle mondiale.

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La sécurité mondiale relève certes de la redéfinition géopolitique et géostratégique de l’heure, mais elle est très préoccupante.

L’aggravation des tensions maritimes en mers de Chine méridionale devient une menace sérieuse.

La crise ukrainienne ne devrait pas éloigner le dialogue avec Moscou.

La position d’Israël et du monde arabe impliquant la Syrie doit être sérieusement considérée.

La lutte contre le terrorisme occupe une bonne partie des discussions par apport à son financement et aux rançons des otages.

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Le nouvel ordre mondial économique nécessite une croissance certes, mais pas celle issue uniquement de la relance de la production, des réformes structurelles, et de la productivité.

Il faut une nouvelle formule de redistribution de revenu à travers la soustraction de la dette publique des États. Il faut utiliser l’ensemble des outils disponibles, aussi bien monétaires, budgétaires que structurels, individuellement et collectivement. Le modèle grec risque de se propager.

Les BRICS, le G3 (Chine-Inde-Russie) deviennent-ils des marchés à part? Le libre-échange transatlantique, transpacifique et les Accords de partenariats économiques sont à considérer avec acuité.

Le Brexit (une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne à l’issue du référendum prévu le 23 juin) constituerait une menace grave.

En définitive, tous ces ingrédients à la fois géoéconomiques et géopolitiques renverseraient la tendance favorable au développement du commerce et de l’investissement dans le monde, ainsi qu’aux emplois qu’ils créent.

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Ainsi, au-delà des photos idylliques ou des discussions amicales vues çà et là dans les médias, les sept pays industrialisés n’ont pas à cacher leurs positions sur les différents ingrédients à utiliser.

Ils doivent se pencher sur l’équilibre à trouver entre les trois outils que sont les dépenses publiques, la politique monétaire et à plus long terme, les transformations dans le fonctionnement de l’économie et de la société transnationale.

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