Le centre de recherche Terrence-Donnelly 

Il suffit de quelques mises au point

Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 25/04/2006 par Claude Bergeron

À mesure que croît la densité d’occupation du campus de l’Université de Toronto, il devient toujours plus important de soigner la relation entre les pavillons, afin, non seulement de garantir l’harmonie des masses architecturales, mais aussi de façonner les espaces que celles-ci circonscrivent.

C’est l’occasion de former des réseaux d’espaces intimes et pittoresques qu’animeront les centaines d’étudiants qui les parcourent, semblables à ces lacis de passages qui s’insèrent entre les collèges d’Oxford et de Cambridge.

La récente résidence Morrison, jointe à la résidence Sir Daniel-Wilson, est bien parvenue à ce résultat. Le centre Terrence-Donnelly pour la recherche sur les cellules et les biomolécules s’inscrit dans cette même tendance.
Cet édifice, dessiné par Behnisch, Behnisch & Partner de Stuttgart, en collaboration avec la firme torontoise architectsAlliance, se dresse au cœur d’un groupe de pavillons divers occupant le coin sud-est du campus. Il s’impose comme le clocher autour duquel se serrent les maisons d’un village.

Dominant du haut de ses 14 étages ces pavillons de hauteur moyenne, cette construction entièrement en verre se distingue de ses voisins aux murs de brique ou de béton. Il est dommage que, juste à côté, la tour en voie d’achèvement du pavillon de la pharmacie vienne se dresser en concurrent du centre Donnelly.

Un édifice de hauteur modérée à cet endroit aurait paru mieux intégré et il aurait pu former un pendant plus harmonisé avec l’immeuble en quadrant qui encadre l’entrée de Queen’s Park à l’est.

Publicité

Dans le centre Donnelly se superposent 10 étages identiques de laboratoires, séparés en deux groupes par un étage en retrait qui loge l’équipement mécanique.

Cette division à mi-hauteur de la tour s’aligne approximativement sur le couronnement des édifices voisins pour mieux établir un lien avec eux.

Son retrait important par rapport à la rue College permet la formation d’un grand parvis tourné vers le sud, qui donne directement accès aux trois pavillons qui l’encadrent. À l’est de la tour, un passage étroit procure un raccourci vers Queen’s Park. Ce sont là quelques-unes des nombreuses relations qui unissent la nouvelle construction aux anciennes et aux conditions du site.

Sous cet étagement de laboratoires, les deux premiers niveaux consacrés à d’autres fonctions ont une façade distincte du reste de la tour, exploitant l’effet de transparence afin que la nouvelle construction paraisse encombrer le moins possible l’espace confiné où elle se dresse. La transparence renforce aussi la continuité entre l’intérieur et l’extérieur, une caractéristique omniprésente.

Aussitôt la porte franchie, un grand escalier mène au deuxième étage, véritable centre nerveux de la circulation dans cette partie du campus. Un axe nord-sud étend ses ramifications à travers le pavillon des sciences médicales tandis qu’un axe transversal rejoint des passages extérieurs qui conduisent à Queen’s Park d’une part et King’s College Road d’autre part. Encore plus remarquable est l’aménagement qui fait de cet espace le lieu d’une promenade architecturale.

Publicité

À gauche de l’escalier, le mur, qui était auparavant la façade orientale du pavillon Roseburgh, s’est transformé en mur intérieur du centre Donnelly. Il constitue l’arrière-plan d’une forêt de bambou éclairée par la toiture six étages plus haut. Vite devenue très dense, la forêt voile malheureusement l’exquise façade néo-romane dont la superposition des arcs évoque un aqueduc romain.

Ailleurs dans ce vaste lieu de circulation, des volumes architecturaux variés articulent l’espace. Certains, aux contours rectilignes, sont en verre ou en béton. Ils s’opposent à trois petites salles de séminaire fermées par des murs arrondis lambrissés de mosaïque de verre dont l’éclat est enrichi par une lumière artificielle projetée depuis la plancher pour se dégrader sur ces revêtements blanc, noire et rouge.

Au terme de cette promenade, la perspective s’arrête sur un grand mur lambrissé de panneaux de contreplaqué. L’uniformité du matériau et sa sobriété peuvent produire un effet reposant après un périple parmi une accumulation d’effets plastiques et polychromes, mais c’est plutôt la préparation pour une descente vers l’ordinaire que l’on finit par éprouver.

Ce  lieu est abondamment éclairé et offre d’agréables vues qui s’étendent loin à l’extérieur, vers Queen’s Park à l’est, la rue College au sud et l’imposante colonnade classique du pavillon Sandford-Fleming à l’ouest.

Malheureusement la cafétéria, située au carrefour des axes de circulation, est une salle basse, nue et d’un traitement banal qui suggère que l’on avait épuisé le budget ou que l’imagination n’avait plus rien à offrir. Les lanterneaux multicolores distribués au hasard paraissent une solution facile et peu efficace pour introduire des accents.

Publicité

En dépit de ces faiblesses, le centre Terrence-Donnelly constitue un précieux ajout au campus, et les corriger n’apparaît en rien difficile.

Auteur

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur