La comédie musicale Hair au Canadian Stage

Rencontre difficile entre un texte rajeuni et un auditoire qui a vieilli

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Publié 04/04/2006 par Pierre Karch

À l’automne 1970, André Paiement, Robert Paquette et Gaston Tremblay profitent d’une grève d’étudiants à l’Université Laurentienne pour se rendre à Toronto.

Voici ce qu’on peut lire sur cette aventure, dans Prendre la parole (Ottawa, Le Nordir, 1996): «Après plusieurs bières, on se rend au Théâtre Royal Alexandra pour voir Hair! La musique, le langage cru, le sexe à fleur de peau, les chansons Hair et Let the Sunshine In transformèrent cette soirée en une expérience qui nous marqua profondément […]. Hair était un spectacle-choc: Moé j’viens du Nord s’tie le deviendrait».

Ce fut le début de la contre-culture telle qu’on l’a vécue à Sudbury. C’est le début aussi de la culture franco-ontarienne telle qu’elle a évolué pendant près de 30 ans. C’est dire l’importance, pour nous, de ce spectacle.

L’intrigue

Jerome Ragni et James Rado ont imaginé une intrigue fort simple. De fait, sans la musique de Galt MacDermot, on ne parlerait plus de cette comédie musicale qui a fait fureur à l’époque.

Une tribu de hippies pratiquent l’amour libre sous toutes ses formes et s’opposent à la conscription et à la guerre du Vietnam. Ce mouvement, qui, aux États-Unis, prend de l’ampleur avec les années, va réussir à forcer l’administration américaine à retirer ses troupes du pays en 1973. Dans Hair, nous n’en sommes pas encore là, puisque le spectacle a débuté à New York, en 1968.

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Il faut, pour maintenir l’intérêt, une intrigue amoureuse plutôt mince et des amitiés qui se forment et qui prennent fin. Mais cela est dans l’esprit du mouvement hippie pour lequel ne comptent que le moment présent, la gratification immédiate et le plaisir des sens, sans responsabilité.

Décors et costumes

On doit à Dany Lyne le choix des décors, simples mais efficaces, et des nombreux costumes. La plus belle scène m’a paru être l’avant-dernière du premier acte, à cause de la qualité et la beauté des costumes qui créent une atmosphère carnavalesque fort réussie.

La musique

Ceux de ma génération se rappelleront la chanson titre, Aquarius, We are All One, Good Morning Starshine, Ain’t Got No Satisfaction et Let the Sunshine In qu’un petit orchestre interprète sur la scène. Beaucoup de haut-parleurs, mais on maintient le volume assez bas pour que ce ne soit pas désagréable.

Sur la toile de fond, on projette des photos (la façade du Jarvis Collegiate, ce qui donne une petite touche torontoise à la production), des images psychédéliques, ce qui va très bien avec quelques chansons comme Hashish, et des extraits de films pris durant les années 60, surtout à Washington.

L’après-midi que j’y étais, la salle était comble. Les plus jeunes étaient curieux; les plus vieux prenaient un bain de nostalgie.

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Hair, The Tribal Love-Rock Musical, au théâtre Bluma Appel, au 29 rue Front Est, jusqu’au 17 juin 2006. Billetterie: 416-368-3110.

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