Le rapport de Statistique Canada vient de tomber comme un couperet: les personnes noires sont surreprésentées à plusieurs étapes de système judiciaire fédéral et provincial. Plus que cela, en Ontario, plus de la moitié des dossiers des personnes noires présentés aux tribunaux sont abandonnés ou rejetés, souvent faute d’éléments probants! De quoi soulever plusieurs questions.
«Les données sont très claires, cela signifie qu’une personne noire au Canada a aujourd’hui quatre fois plus de risque d’être incarcérée qu’une personne blanche. Ce sont nos fils, nos frères et nos pères», déplore Julie Mbengi Lutete, présidente de la Coalition des noirs francophones de l’Ontario (CNFO) lors d’une conférence de presse à Toronto le 9 avril.
Une conférence de presse aux allures de cellule de crise programmée en urgence suite à la publication coup sur coup de deux rapports de Statistique Canada en janvier et en mars. En effet, les résultats de ces enquêtes ne laissent guère place au doute: la population noire est largement surreprésentée dans le système carcéral national et à l’échelle de la province.
«On n’est pas là pour accuser, mais pour dénoncer cet état de fait. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Si on laisse passer le temps, cette situation va tomber dans les oreilles de l’oubli. C’est le devoir même de la CNFO que de réagir vite à cette situation», exhorte Marlène Rémy, secrétaire du conseil d’administration de CNFO.
Surveillance policière accrue des personnes noires
Selon ces données, les Noirs représentent 12,8% de la population carcérale dans les quatre provinces déclarantes, à savoir l’Ontario, la Nouvelle-Écosse, l’Alberta et la Colombie-Britannique, alors que les personnes noires ne représentent que 3,3% de la population adulte.





