Paul-François Sylvestre nous conte l’histoire franco-ontarienne

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Publié 04/06/2013 par Nicolas Dot

En février dernier, Paul François Sylvestre publiait deux nouvelles œuvres: L’Ontario Français: 400 ans d’histoire aux éditions David et Toronto et sa toponymie française aux éditions Le Gref. Aussi bien dans le premier que dans le second ouvrage, le natif de Windsor, fait la part belle à l’histoire riche et si méconnue de l’Ontario Français.

Il nous révèle avec une curiosité inassouvie et un régal infini l’héritage francophone que la ville de Toronto abrite. Comme le dit son éditeur Alain Baudot, «Paul François Sylvestre nous fait découvrir ou redécouvrir que le français est parlé en Ontario depuis 400 ans et qu’il a laissé des traces et une histoire indélébiles.»

Pas un manuel scolaire

C’est après un cours au sujet de l’histoire de l’Ontario français donné à six étudiants au Collège Boréal en 2011 que Paul François Sylvestre décide de rassembler ses notes et de «conter l’histoire de l’Ontario français au grand public, à M. et Mme Tout le Monde», comme il le dit.

«J’avais une mine de renseignements à ce sujet, mais je voulais utiliser un style relax, pas trop formel. Pour vous dire, laissez-moi vous raconter l’histoire de l’Ontario Français était le titre initial prévu pour ce livre et j’utilisais le “je“ tout au long de l’ouvrage. Mais je dus quand même changer le titre et écrire l’histoire de façon plus impersonnelle afin de publier cette œuvre», nous concède l’écrivain.

Très peu de gens connaissent l’histoire de l’Ontario français, qui est celle de l’arrivée d’Étienne Brulé dans la province en 1610, de la construction du Fort Pontchartrain à Détroit en 1701, ou encore de la nomination du premier évêque francophone Mgr R.Gaulin en Ontario en 1833. Aujourd’hui, de nombreux historiens décident de passer outre ces histoires; on les ignore ou on les oublie le plus souvent dans les écoles. Mais si l’on enquête, si l’on remonte à la source, on s’aperçoit que la francophonie est le noyau même de tout le patrimoine ontarien.

Paul François Sylvestre dépoussière donc ce fragment inconnu de l’histoire de la province et nous le conte avec passion.

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Toronto et sa toponymie

C’est le désir de tout connaître, de remédier à l’inévitable ignorance des gens sur le sujet, qui caractérise le second ouvrage. Paul-François Sylvestre rassemble dans Toronto et sa toponymie française tous les noms de rues, parcs, bancs publics, cours et lieux en général d’origine française ou du moins bilingue, à Toronto.

Il éveille tout ce que la francophonie a laissé sur son passage, dans la ville, à travers les siècles. Tout ce que l’usure du temps a effacé, éclipsé, réapparaît. Il nous explique d’ailleurs ce qui l’a poussé à écrire ce livre et ce que le guide recèle: «J’ai déménagé en 2007 à la place St-Laurent, à côté des rues Portneuf et Douville et, surpris de découvrir ces noms de rues françaises, j’ai commencé à dresser une liste. En effet, les gens ne savent pas d’où ces noms viennent. Sur les 350 noms trouvés, une bonne centaine étaient de toute évidence des toponymes français comme Verlaine, Paris, St-Georges, Hugo, Hirondelle, Cheval (noms de personnes connues, fromages, animaux). Il y a une autre centaine de rues avec des prénoms français. Il y a enfin environ 150 toponymes bilingues comme Alliance ou Oasis.»

Finalement, c’est en amoureux de l’histoire de l’Ontario français, en détective d’un chapitre abandonné de notre passé, que Paul François Sylvestre, dans ces deux ouvrages décapants et excentriques, déterre nos racines.

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