50 ans de combat LGBTQ au Canada: d’actes criminels à orientations respectées

La plaque mentionnant la création du premier groupe gai à l'Université de Toronto.
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C’est en 1969, dans le contexte politique national du «bill omnibus» visant notamment à décriminaliser les actes sexuels privés entre deux personnes de même sexe et de 21 ans ou plus, qu’est créée à Toronto la première initiative faisant du mouvement gai une réalité au Canada: la University of Toronto Homophile Association.

C’est ce qu’on s’est remémoré le 25 septembre dernier à l’Alliance française de Toronto, où notre collaborateur Paul-François Sylvestre a présenté une rétrospective de 50 ans de lutte LGBTQ au Canada.

Paul-François Sylvestre présente sa causerie «De Homophile à LGBT (1969-2019)» à l’Alliance française. À l’écran: le premier ministre Pierre Elliott Trudeau (élu en 1968) qui avait dit: «l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation».

Un combat mené par les associations

Toujours en 1969,  Jearld Moldenhauer crée un groupe semblable à celui de UofT à l’Université Cornell, utilisant aussi le terme «homophile».

D’autres groupes étudiants ont vu le jour, notamment à l’Université York University, McGill, Winnipeg, Vancouver.

De 1971 à 1996, ce sont des groupes plus larges qui ont tenté d’inclure dans la loi un interdit de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle: notamment Gays of Ottawa, Toronto Gay Action, ou encore l’Association pour les droits des gai(e)s du Québec.

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Une liste de groupes gais sur les campus, à l’avant-garde de la libération homosexuelle.

Une pression grandissante sur les pouvoirs publics

De sa création en novembre 1971 jusqu’en 1987, le journal The Body Politic devient la voix médiatique des revendications du mouvement de libération homosexuelle et de protestation contre la répression policière.

Le 21 octobre 1977, 220 arrestations sont opérées par la police dans le bar Truxx de Montréal, considéré comme «une maison de débauche».

Le 6 décembre 1977, le nouveau gouvernement du Parti québécois, à l’initiative du ministre de la justice Marc-André Bédard, fait adopter un amendement interdisant toute forme de discrimination sur la base de l’orientation sexuelle. C’est une avancée considérable pour le mouvement LGBTQ.

De même, suite aux répressions policières à l’encontre des clients de quatre saunas à Toronto le 5 février 1981, appelé «Operation Soap», la Toronto Gay Association organise une manifestation de 3000 personnes à Toronto.

Tout cela aboutit à ce que l’Ontario interdise la discrimination basée sur l’orientation sexuelle en 1986.

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Évolution des dénominations

Paul-François Sylvestre a suivi l’évolution de la dénomination du mouvement gai: de «homophile» en 1969 à «homosexuel» apparaissant pour la première fois à Montréal en 1971.

À Toronto, le terme «gay» apparaît en 1971, conjointement à la première Pride Week. Cependant c’est seulement en 1976 qu’on parle de «lesbiennes».

La semaine de la fierté gaie de Toronto en 1972.

«Dignity» pour les catholiques ou encore «Integrity» pour les anglicans, les dénominations du mouvement gai sont variées et répondent aux mœurs et aux revendications de leur temps.

Le terme LGBT est employé en 1994. Également, lorsque le groupe militant Franco-Queer accueille des réfugiés LGBTQ et aide les patients atteints du SIDA, le terme «queer» passe d’une connotation négative à positive.

Le terme LGBT a évolué au fil du temps devenant aujourd’hui LGBTQA+ (Lesbienne, Gai, Bisexuel, Transexuel, Queer, en Questionnement, Asexuel, Allié, Autres…).

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Le drapeau gai avec l’acronyme le plus complet.

Un grand pas: le mariage gai

Le 28 juin 2005 le gouvernement libéral de Paul Martin fait adopter son projet de loi controversé sur le mariage civil reconnaissant l’union des couples de même sexe.

Cette législation fédérale entérinait en réalité ce qui se passait déjà dans 9 provinces ou territoires, entre autres: l’Ontario le 10 juin 2003, le Québec le 19 mars 2004, la Nouvelle-Écosse le 24 septembre 2004.

En 2017, la Loi canadienne sur les droits de la personne est modifiée afin de reconnaître «l’identité de genre» et «l’expression de genre» comme motifs de discrimination illicites.

Également, depuis 2018, certaines personnes LGBTQ ayant subi des condamnations injustes peuvent les faire effacer des dossiers officiels.

Des pièces de la Monnaie royale canadienne célébrant la décriminalisation des actes homosexuels en 1969.

Criminalisation de l’homophobie

Paul-François Sylvestre conclut que «de la criminalisation de l’homosexualité, nous sommes désormais passés à la criminalisation de l’homophobie», un changement de cap complet!

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