40 ans de progrès aux côtés de la francophonie torontoise

Mars 1976 - mars 2016


29 mars 2016 à 10h10

«Comment ça va à L’Express

On nous pose cette question avec un peu plus d’insistance et une pointe d’inquiétude, ces dernières années, tout le monde étant au courant des bouleversements qui affectent les médias, particulièrement la presse écrite, depuis l’avènement de l’internet et notamment des médias sociaux.

La vraie question est: «Arrivez-vous à conserver vos lecteurs sur internet et à rester profitable?»

En cette fin mars 2016, qui marque le 40e anniversaire de L’Express, la réponse à la première partie de la question est oui: le journal et son site www.lexpress.to restent le principal média des francophones et francophiles de la métropole canadienne, même si, comme presque tous les autres médias traditionnels, nous avons perdu des «plumes»… littéralement!

Les jeunes ne lisent plus de journaux ou de magazines en papier (des livres oui), ne regardent parfois la télévision au salon que parce que leurs parents le font encore, comme ils n’achètent plus de CD de musique.

L’Express en papier est encore lu par une génération plus âgée, par les parents dont les enfants le ramènent de l’école française, et par les chanceux qui le trouvent dans un café ou à quelques endroits stratégiques en ville. Les autres ont déjà migré sur internet: environ 40 000 lecteurs distincts par mois pour le site contre 10 000 par semaine pour le papier…

La réponse à la deuxième partie de la question est moins catégorique: le modèle économique des médias sur internet continue d’évoluer. À L’Express (qui possède aussi une imprimerie), le papier est encore rentable. L’électronique l’est de plus en plus, mais pas encore autant que le papier.

Nouveau site

En mars 2006, coïncidant avec le 30e anniversaire du journal, nous inaugurions le site web actuel qui nous a bien servis, mais qui a donc déjà 10 ans. Dans quelques semaines, ce site sera modernisé de fond en comble, offrira de nouvelles fonctionnalités et mariera de plus en plus le texte et la vidéo.

Continuez donc, svp, de vous abonner à notre infolettre (c’est gratuit!). Développez le réflexe de vous informer chez nous de l’actualité de la francophonie torontoise. Participez avec nous aux débats qui font progresser notre communauté et notre société.

Il était à la mode, il n’y a pas si longtemps, de parler de «convergence» de l’information, du divertissement et de la publicité, puis d’interactivité des plateformes à l’intérieur de grandes entreprises médiatiques comme Quebecor, PostMedia ou CBC/Radio-Canada, ou même entre groupes: CBC/Radio-Canada, La Presse, le Toronto Star, le Globe and Mail et l’agence La Presse canadienne ont aujourd’hui des «arrangements» et s’échangent de plus en plus de contenu.

On imagine un avenir pas si lointain où les «journalistes», celles et ceux qui rapportent les nouvelles et analysent les enjeux de notre temps, ne travailleront plus pour des journaux, des magazines, des chaînes de télé ou de radio, mais plutôt simplement pour des «médias» génériques qui fusionneront tous les aspects des anciens moyens de collecte et de diffusion de l’information: texte, son, image, animation, graphisme, archives…

Ces «médias» seront évidemment accessibles principalement et peut-être uniquement à partir du web. Leur contenu sera répercuté dans les médias sociaux, qui permettent à n’importe qui d’être son propre rédacteur en chef, pour le meilleur et pour le pire.

Histoire

Rappelons que c’est en mars 1976, au sous-sol de la maison louée par l’Alliance française de Toronto, rue Charles, que Jean Mazaré, alors étudiant au Ontario College of Art et graphiste au journal Courrier Sud, qui venait de se saborder, a produit le premier numéro du Toronto Express qui allait devenir L’Express.

C’est de lui que vient le soin porté à la présentation graphique, mais aussi l’idée qu’un journal francophone, n’importe où au Canada, a fortiori dans une métropole moderne comme Toronto, ne pouvait pas être un «bulletin paroissial» et devait, comme les journaux de la majorité anglophone, traiter de tous les sujets: le communautaire comme le national, les arts et les affaires, les relations internationales autant que les revendications linguistiques.

Pierre Elliot Trudeau était alors premier ministre du Canada, Bill Davis premier ministre de l’Ontario, David Crombie maire de Toronto. Montréal se préparait à accueillir les Jeux olympiques. Le Québec allait élire René Lévesque…

Omer Deslauriers venait de déménager à Toronto en tant que président du nouveau Conseil des affaires franco-ontariennes, l’ancêtre de l’Office des Affaires francophones et du Commissariat aux services en français. On allait bientôt obtenir des tribunaux bilingues. CANO chantait Tous dans le même bateau.

La francophonie torontoise gravitait en ce temps-là autour de quelques pôles:

– les paroisses Sacré-Coeur au centre-ville et Saint-Louis-de-France à North York;

– des écoles relevant de conseils scolaires anglophones, dont une première école secondaire, Étienne-Brûlé;

– le Théâtre du Petit Bonheur, devenu le TfT, à la Cour Adelaide;

– la radio française de Radio-Canada dans l’édifice qui appartient aujourd’hui au Collège français;

– l’Alliance française des «Français de France»;

– un nouveau COFTM (Conseil des organismes francophones du Toronto métropolitain) et son Centre francophone, au pied de la rue Spadina, avec sa crêperie, ses spectacles et ses services;

– la librairie Champlain, rue Church à l’époque, dont le propriétaire, Charles Arsenault, était aussi conseiller scolaire catholique.

Couper coller

Le journal était produit sur des machines qui ressemblaient à de gros réfrigérateurs à clavier, d’où sortaient, sur du papier photo, des textes en colonnes de diverses largeurs qu’il fallait laisser sécher, couper et coller sur des pages de carton (autour des publicités reçues dans divers formats).

Les photos étaient traitées séparément (dans une machine encore plus massive) et collées sur ces pages à côté des titres et des textes. Une fois montées, les pages étaient livrées à l’imprimerie où elles étaient photographiées pour produire les films qui allaient servir à créer les plaques de métal destinées aux rotatives…

L’Express a eu deux types de boîtes distributrices fort remarquées aux coins des rues pendant plusieurs années. Quand le climat politique tournait au vinaigre, par exemple au cours d’un référendum québécois, elles étaient parfois vandalisées.

Originaire de Roumanie, Jean Mazaré est retourné vivre en Europe, mais il revient régulièrement à Toronto. Ses fils Jean-Pierre et Éric gèrent le journal et son imprimerie, Centra Web.

Ce sera toujours la communauté francophone et francophile du Grand Toronto qui, en souhaitant et en appuyant un média urbain et moderne, est la grande responsable du succès de L’Express et de www.lexpress.to. Merci!

– François Bergeron, rédacteur en chef

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