1999 : Faire son deuil des suicides de l’école Mathieu-Martin

Le documentaire de Samara Grace Chadwick aux Hot Docs

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Suicide: le mot est tabou et le sujet difficile à aborder. Plus encore lorsqu’il est relié à la tragique serie de suicides à l’école secondaire Mathieu-Martin de Dieppe, au Nouveau-Brunswick, en 1999.

Pourtant, la réalisatrice Samara Grace Chadwick a décidé de revenir sur ce drame avec son documentaire 1999, une coproduction Parabola Films, Beauvoir Films et l’ONF, présentée à Toronto les 28 et 29 avril et 4 mai aux Hot Docs.

Dix-huit ans après, elle a décidé de panser cette plaie très personnelle grâce au septième art. «Je connaissais quelques victimes et j’était à l’école Mathieu-Martin à l’époque. Je n’ai perdu aucun proche ni un membre de ma famille, mais cela nous a tous profondément affecté», témoigne-t-elle.

Sujet tabou

Dès le début, une émulation s’est créée autour de 1999. D’ailleurs, lorsque Samara Grace Chadwick a présenté son projet au cours de l’édition 2014 des Hot Docs, puis plus tard en Suisse à Beauvoir Films, elle n’a pas eu de mal à réunir des partenaires.

Qui aurait cru pourtant qu’un sujet aussi sensible allait charmer aussi rapidement des commanditaires? Au final, 1999 se veut une sorte de conclusion thérapeutique au drame qu’il traite et qui est abordé sous différentes facettes.

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De nombreux entretiens intimes se sont déroulés pour façonner le documentaire.

Est-ce que le comportement suicidaire est quelque chose qui s’acquiert et que l’on reproduit ensuite? C’est la vision d’un des témoins du films.

Que dire alors de la série Netflix controversée 13 raisons pourquoi, qui a montré la scène de suicide de son personnage principal Hannah? Comme l’explique Samara, il y a différentes approches du problème.

«Il y a d’un côté une approche assez bureaucratique du suicide qui serait contagieux, et de l’autre un récit d’un suicide basé sur la vengeance avec Hannah qui explique les raisons de son acte. Pour moi, c’est bien plus compliqué et c’est trop simpliste de le limiter à ça», insiste la réalisatrice.

D’ailleurs, elle ne s’attarde pas volontairement sur la raison de ces suicides dans son documentaire.

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L’établissement a souffert d’une mauvaise réputation après le drame.

Thérapie générale

L’Acadienne a vécu l’expérience comme une véritable thérapie. Cela lui a permis de revenir dans le Grand Moncton et de reparler le chiac, si cher à ses racines.

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Le tournage s’est étalé sur trois ans avec, chaque fois, trois mois d’hiver à Moncton. Le résultat est un regroupement d’une trentaine de témoignages de personnes présentes dans l’école en 1999.

«Dès le départ, je me suis montrée transparente sur comment ça allait se passer, et je n’ai forcé personne à se livrer. C’était un travail collectif. Se retrouver et en parler a permis de soulager un peu du poids que l’on portait tous.»

Tantôt en relatant leurs journaux de l’époque ou tout simplement lors d’entretiens sur l’atmosphère qui régnait après l’accident, les témoins se sont confiés sans filtre.

C’était l’un des souhaits de Samara que d’évoquer sur le suicide, tout en ne centrant pas son film que sur cette thématique pesante. Sous fond de cinéma d’auteur à la scénographie assez colorée, le documentaire permet enfin de faire son deuil du traumatisme.

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1999 a une mise en scène assez colorée malgré le sujet abordé.

Rendez-vous aux Hot Docs

Déjà présenté à Moncton à sa communauté lors d’une soirée qui reste «l’un des plus beaux souvenirs» de la vie de Samara, 1999 sera également présenté aux Hots docs 2018 le 28 et le 29 avril.

La réalisatrice se montre plutôt confiante quant aux retours qu’elle va recevoir. «Il y a beaucoup d’amour dans ce film et une sorte de magie a animé le tournage. Je pense que cela se voit à l’écran».

hotdocs / Premières armes
L’affiche des Hot Docs 2018.

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