Objectif: une présence constante des langues officielles sur la place publique

La vision du nouveau CLO Raymond Théberge

Raymond Theberge CLO

Raymond Théberge


15 février 2018 à 10h00

Entré en fonction le 29 janvier, le 7e commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge, se retrousse les manches. L’ancien recteur de l’Université de Moncton se donne comme objectif que «la dualité linguistique et les langues officielles soient toujours présentes sur la place publique et aussi vibrantes que par le passé».

L’outil qu’il va privilégier: la modernisation de la loi.

Certains termes de la Loi sur les langues officielles devraient être clarifiés, note-t-il. «Par exemple, ce n’est pas clair quelles sont les ‘mesures positives’ dans la Partie VII pour assurer l’épanouissement des communautés linguistiques en situation minoritaire. C’est ce genre de mot qu’il faut préciser pour mieux concrétiser l’engagement du gouvernement envers les minorités.»

Sous surveillance

Le nouveau commissaire reconnaît qu’il est surveillé de près par des militants francophones qui lui ont reproché certains commentaires ambigus sur le bilinguisme à la Cour suprême lors de son passage au Sénat, en novembre dernier.

«Tout commissaire est sous haute surveillance, ce n’est pas mauvais dans le sens qu’on va suivre comment on agit, quels gestes on va poser pour s’assurer qu’on fait notre travail correctement. Le mandat du commissaire est clairement défini: on doit s’assurer de la mise en œuvre de la loi, qui a un côté protection et un côté promotion. Je sais à quoi je m’engage.»

Pour dissiper toute équivoque, Raymond Théberge réaffirme que «les langues officielles sont une valeur fondamentale du Canada et de l’identité canadienne. Peu importe ce qui se passe, il faut toujours s’assurer que la dualité linguistique demeure un fondement de la société canadienne.»

Quant à la nomination de juges au plus haut tribunal, il estime qu’il faudra légiférer. La politique formelle du gouvernement libéral depuis 2015 ne serait pas suffisante.

«C’est une convention qui dépend du bon vouloir du premier ministre. Dans le dernier processus de nomination, on parlait beaucoup à savoir si on voulait un juge autochtone. Si on avait une loi, ceux qui aspirent à la Cour suprême devraient maîtriser les deux langues officielles. Là-dessus, on doit poser un geste important.»

Toute sa vie dans les langues officielles

Le titulaire d’un doctorat en linguistique de l’Université McGill explique ce qui l’a motivé à poser sa candidature au poste de commissaire. «J’ai passé toute ma vie d’une façon ou d’une autre dans les langues officielles. Même dans mon rôle de fonctionnaire, c’était toujours dans l’éducation en langue française, toujours dans les minorités linguistiques.»

Le natif de Sainte-Anne-des-Chênes au Manitoba entend mesurer la réussite de son mandat sur la façon d’innover «pour s’assurer non seulement qu’on respecte la loi, mais qu’on bonifie le bilinguisme au sein de l’appareil fédéral». À l’heure actuelle, dit-il, «j’ai l’impression qu’on est en mode de croisière».

Pour lui, la modernisation de la loi pour améliorer les communications et le service au public demeure prioritaire. Une première consultation aurait déjà été faite par le Commissariat et une deuxième est prévue pour 2018. «On aura une position formelle sur la modernisation à l’automne.»

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