Yann Tiersen fait salle comble à Toronto

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Publié 10/06/2014 par Alix Forgeot

Mercredi dernier, le musicien breton Yann Tiersen s’est produit sur la scène de l’Opera House sur Queen Street East pour présenter ∞ (Infinity), son nouvel album.

La scène pourrait ressembler à un laboratoire musical. De nombreux instruments ont été installés et il faut plus de trente minutes à l’équipe technique pour terminer les derniers réglages. Le public, lui, attend sagement. La salle est finalement plongée dans le noir, puis un projecteur jaune s’allume et tourne, à la manière d’un phare.

Accompagné de ses quatre acolytes, Yann Tiersen apparaît ainsi sur scène et nous fait entrer dans son monde.

C’est un lieu où les éléments naturels dialoguent entre eux et se déchaînent. L’artiste polyvalent s’explique: «Plus ça va, plus j’ai besoin de sentir la nature prépondérante par rapport à l’humain, ce côté mémorial, par rapport à la force de nos vies.»

Le thème de la pierre est logiquement omniprésent puisque l’album a été réalisé en partie à Ouessant (Bretagne), à Reykjavik (Islande) et au sud-ouest de l’Angleterre (à Devon et à Cornwall); en résumé, sur des îles, ces terres où les arbres manquent et où les minéraux sont rois.

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Ces contrées se sont imposées simplement: «Ouessant est un lieu de vie et de travail», constate le musicien breton. Pour ce qui est de l’Islande, «on avait fait une tournée australienne et américaine et sur le chemin de l’Europe, on s’est arrêté là-bas. Je m’y sentais à la maison. Quand je débute un album, je n’aime pas le commencer chez moi. Donc je suis parti en Islande», explique Tiersen.

Pour ce 8e album, le principe de base était différent des précédents disques: «J’ai enregistré avec des instruments-jouets pendant quinze jours. L’idée, c’était de créer une banque de textures sonores et de mettre en place un va-et-vient entre ces enregistrements et les autres éléments électroniques et acoustiques», raconte l’artiste à L’Express.

Les titres de son nouvel album s’enchaînent. Météorite d’abord, avec la voix grave et douce du chanteur écossais Aidan Moffatt en off, rejoint par des sons électroniques clairs, un synthétiseur, une batterie et une guitare. Puis viennent Slippery Stones, Ar Maen Bihan ou encore Midsummer Evening. Les langues se rencontrent: le breton, l’islandais, le féroïen et l’anglais s’invitent, donnant une dimension onirique et spatiale au concert.

Le public est sous le charme. Il chuchote la mélodie de La dispute (album Le Phare, 1998) que l’on retrouve dans le film mondialement connu Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet (2001), et plane sur Vanishing Point (album Skyline, 2011).

L’artiste polyvalent offre à la foule une expérience sensorielle des plus pures. Visuelle, brute, organique, la musique de Yann Tiersen est puissante ; elle berce et bouscule à la fois. Les spectateurs en oublieraient presque qu’ils sont dans une salle de spectacle.

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Et derrière cette performance si particulière, nulle virtuosité ; seulement un Brestois qui a embrassé l’art de la musique dès son plus jeune âge et ne l’a plus quitté. C’est naturel et cela fait partie de lui. Pour lui, faire de la musique c’est s’amuser, essayer de nouvelles choses, manipuler, expérimenter, un peu à la manière d’un alchimiste.

Seule condition: rester simple.

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