Voilà Learning développe l’éducation 2.0

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Voilà Learning, c’est un concept: «que tous les enfants aient accès à une éducation de qualité». Cette association torontoise à but non lucratif génère toutefois des fonds pour proposer des programmes de soutien scolaire à des enfants défavorisés. L’Express a rencontré son fondateur Hosni Zaouali, un enseignant français d’origine tunisienne établi au Canada depuis une dizaine d’années.

L’aventure Voilà Learning commence en 2007. Le but pour Hosni Zaouali est de rassembler des enseignants francophones pour aider les enfants anglophones en écoles d’immersion francophones en développant un système de tutorat. L’affaire s’appelle d’ailleurs au départ «Tuteurs of Toronto».

«Il y a un tutorat payant pour les enfants de familles aisés qui nous permet de financer les programmes pour les enfants défavorisés comme le tutorat gratuit et les clubs de devoirs.»

Aide aux devoirs

Mais l’organisme ne se contente pas du simple tutorat en face à face. Voilà Learning a mis en place un programme appelé «Homework Online In French» qui est gratuit: tous les élèves d’immersion française, ont accès à des tuteurs en ligne à travers un logiciel comme Skype trois fois par semaine de 16h à 20h.

Ça ressemble à SOS Devoirs, créé par le conseil scolaire Viamonde, un service par clavardage et téléphone qui s’adresse aux étudiants des écoles françaises.

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«Ça change la donne, car ces élèves-là n’avaient personne pour les aider auparavant. Aujourd’hui, en un seul clic, ils ont tout de suite un enseignant qui peut répondre à leurs questions en français et qui plus est gratuitement.»

Voilà Learning compte sur les services de 84 tuteurs, autant en ligne qu’en face à face. Les tuteurs sont des enseignants qualifiés ou des enseignants en phase de qualification. Ils sont recrutés par le biais des universités et des conseils scolaires. L’organisme couvre tout le territoire canadien, ayant des bureaux implantés à Toronto et à Vancouver.

Le succès est au rendez-vous. «Par exemple, aujourd’hui, on a eu 5 appels d’écoles et de conseils scolaires qui veulent des clubs de devoirs ou tutorat en ligne», indique Hosni Zaouali.

De plus, en septembre, il lance un nouveau programme en partenariat avec le député des Français d’Amérique du Nord, Frédéric Lefebvre, «Histoire/Géo de France». Il permettra, aux enfants français (de France) vivant au Canada de suivre des cours ludiques avec des enseignants en ligne pour expliquer l’histoire et la géographie française.

Pays en développement

Devant la réussite de leur programme au Canada, Hosni Zaouali a décidé d’étendre cela aux pays dans le besoin. Cette idée vient du désir de «mettre l’éducation au même niveau que les droits et besoins humains primaires, l’air, l’eau et la dignité».

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L’idée lui est venue de sa propre expérience. Chaque année, il allait en Afrique pour aider les villages, il repartait et revenait un an après, et le résultat n’était pas fameux, car les gens repartaient dans leur vie quotidienne, les projets n’avaient pas assez de résonnance là-bas.

«Je me suis alors dit qu’il fallait changer d’approche, qu’il fallait avoir une récurrence, et la seule manière de pouvoir faire ça c’est à travers l’ordinateur et internet.»

Le premier projet international de Voilà Learning s’est déroulé en Somalie il y a trois ans: la création d’une «école virtuelle» pour que les enfants aient accès à des tuteurs canadiens, mais aussi pour poursuivre la formation des professeurs sur place.

Hosni Zaouali et des membres de son équipe reviennent tout juste d’un voyage de deux semaines en Haïti. «On emmenait avec nous des directions d’écoles, des enseignants qualifiés, et on a formé les enseignants là bas dans les quartiers les plus pauvres d’Haïti.»

«Une fois formés, si les enseignants sont laissés comme ça,ils vont reprendre leur vie normale, car être enseignant ne paye pas. À moins qu’on apporte des tablettes, et qu’on fasse en sorte d’installer l’électricité et l’internet là bas, puis de communiquer avec eux toutes les deux semaines, pour former via des vidéos, via différentes plateformes sur la gestion de la classe, l’apprentissage de la lecture, les jeux éducatifs… Là, pour eux, c’est une porte qui s’ouvre sur l’espoir et c’est aussi une manière de dire ‘on ne vous a pas oublié’».

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Micro-économie

Dans l’école qu’ils ont visitée en Haïti, le groupe de Voilà Learning a aussi construit un petit jardin et une petite boutique pour générer un petit revenu. «On vient avec des choses que l’école peut vendre: du savon, du shampoing, des épices.» On leur montre la vente, l’agriculture, comment vendre leur production du jardin.

«C’est mieux de faire ça plutôt que de donner, il y a un manque de dignité dans cette approche unilatérale nous on veut travailler ensemble. Si on veut avoir un impact sur l’éducation, il nous faut un impact sur la vie quotidienne des gens: le jardin, la boutique qui aident à construire l’école, la rénovation… On crée une micro-économie!»

Le prochain projet de Voilà Learning est l’équipement d’une école au Ghana, en mars, puis au Rwanda et en Tunisie.

Cours universitaires en ligne

Depuis un an, Voilà Learning a pour nouveau projet d’étendre son action internationale aux universités en faisant en sorte que les institutions nord-américaines mettent leurs cours en ligne et en faire profiter les pays en développement.

«Il y a une grosse hypocrisie de la part des pays développés. On se vante d’aider l’Afrique, l’Amérique du Sud et les Caraïbes en disant qu’on a des systèmes de bourses qui permettent d’accueillir leurs étudiants, mais la réalité c’est qu’on vole leurs cerveaux», indique Hosni Zaouali.

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«C’est pour cela que leurs pays ne décollent pas. Si on veut vraiment développer ces pays, alors développons l’éducation en ligne afin qu’ils utilisent tout ce qu’ils apprennent dans leur pays.»

Voilà Learning aide donc des universités comme Ryerson et des collèges communautaires comme George Brown qui offrent des cours en ligne à trouver preneurs dans les pays en développement. En septembre, Hosni Zaouali participera à la conférence E-learning en Tunisie pour susciter des partenariats.

«Au lieu de payer un billet d’avion et un logement au Canada, l’étudiant et ses parents n’ont qu’à payer les cours et après ils pourront utiliser ce qu’ils apprennent dans leur pays», poursuit Hosni Zaouali. Tout le monde y gagne, selon lui: «les élèves parce qu’ils ne payent que les frais de scolarité, les universités, car elles ne sont plus limitées en places, et les gouvernements là-bas, car tout d’un coup ils n’ont pas formé un enfant pour qu’il parte à l’étranger étudier».

Voilà learning s’occupe d’une partie de la logistique, notamment pour faire en sorte d’assurer l’identité des élèves (puisqu’ils obtiendront éventuellement un diplôme).

On veut aussi que l’institution canadienne soit associée à une université locale à laquelle les étudiants peuvent se référer s’ils ont des questions. Voià Learning s’occuperait aussi de mettre en place des centres d’examens dans les pays participants.

C’est la voie de l’avenir pour nos universités, pense Hosni Zaouali. «Il y a plus de risque pour nos universités à ne pas embarquer dans ce programme. Il en ira un jour de leur réputation et de leur rayonnement.»

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