Vers Pluton et l’au-delà

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Après 9 ans de courses, la sonde spatiale New Horizons a atteint la planète naine Pluton et révélé sa beauté glaciale.

En 2006, les scientifiques de la NASA n’avaient aucune idée de ce qu’ils allaient trouver sur place: une beauté nébuleuse azotée ou un corps de vieillard de 4,5 millions d’années rongé par les cratères?

À la vue du premier gros plan de Pluton envoyé le 15 juillet, une poussée d’adrénaline, comparable à celle ressentie par New Horizons lors de son lancement par cinq fusées Atlas V, a dû leur parcourir l’échine. Avant d’exploser tel un feu d’artifice cérébral.

Wow! La région équatoriale de Pluton à la base de la zone claire en forme de cœur montre une chaîne de montagnes jeunes de 100 millions d’années et hautes de 3500 mètres. Des monts formés à la surface du corps glacé de Pluton et composés probablement d’eau gelée aussi solide que de la roche considérant la température de la planète naine (-375 à -400°C).

Selon la NASA, «c’est l’une des surfaces les plus jeunes du système solaire. Et, contrairement aux lunes glacées gravitant autour de planètes géantes, Pluton ne peut pas être réchauffée par ses interactions gravitationnelles avec un corps planétaire plus imposant. Ses paysages montagneux se sont donc formés autrement.»

Comprendre ici que Pluton doit être active géologiquement à cet endroit.

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Les scientifiques de la NASA avaient déjà constaté que la forme du «cœur glacé» de la planète naine, aperçu sur les plus récentes photos et observé depuis 60 ans par des télescopes terrestres, avait évolué. Probablement dû à de l’«érosion» survenue aux alentours d’une zone sombre en forme de baleine. Une érosion sous forme de sublimation de la glace causée par l’absorption du rayonnement solaire.

Le cœur clair de Pluton, hautement réfléchissant et poli, est un bon signe. Selon Bonnie Buratti, planétologue de la mission New Horizons, «cela montre que la planète est active, bien que nous ne sachions pas encore si elle présente une activité géologique (volcans, mouvements tectoniques). Le gel observé [au niveau du cœur] semble se sublimer et se recondenser de façon différente à mesure que les saisons passent.»

Comme le souligne Buratti, «il est très difficile de sublimer un ‘morceau gelé’ de cette taille dans ces conditions glaciales.» Le cœur de Pluton n’est donc pas prêt de disparaître. Tout au plus risque-t-il de rétrécir avec le temps et de continuer à intriguer les scientifiques.

Avec la quantité de données qu’enverra New Horizons au cours des 16 prochains mois, les scientifiques devraient en apprendre plus sur l’histoire cosmique de notre système solaire, sur la formation de ses planètes et sur l’évolution de planètes comme Pluton. D’ici là, New Horizons sera partie voir ailleurs…

sciencepresse

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