Vendredi 13 mars 2020: que faisiez-vous ce jour-là?

Quand tout a fermé à Toronto à cause de la covid

Bâteaux échoués à marée basse
Les restrictions de la pandémie sont comme la marée qui se retire et révèle des épaves. Photo: David Armstrong, Wikimedia Commons
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Que faisiez-vous ce jour-là? La question habituelle, à propos par exemple de la tombée de la terrible nouvelle de l’attentat contre le World Trade Center le 11 septembre 2001.

Et le vendredi 13 mars 2020, que faisiez-vous, lorsque la Ville de Toronto annonçait la fermeture des piscines, patinoires, bibliothèques, centres communautaires et autres activités pour les écoliers pendant les vacances scolaires de mars?

La veille, les universités enjoignaient le pas à la province, qui avait décrété la fermeture de toutes ses écoles.

Pandémie

Deux jours plus tôt, le 11 mars 2020, l’Organisation mondiale de la Santé avait décidé de qualifier la CoViD-19 de «pandémie» (une épidémie mondiale), d’où les mesures draconiennes annoncées deux jours après, le vendredi 13.

Un an plus tard, chacun et chacune doit certainement remonter dans ses souvenirs, à l’origine de ces 365 jours de montagnes russes et d’incertitudes.

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Transition en 60 minutes

Personnellement, la transition à la «nouvelle normale» s’est imposée en moins d’une heure en ce vendredi 13 mars 2020, sans imaginer bien sûr à l’époque que cela aller durer un an et plus…

À l’Université York (et à son campus Glendon, où je suis chargé de cours à contrat), un courriel est tombé dans l’après-midi du vendredi 13 mars, indiquant la fermeture de ses campus dès le lendemain.

J’ai lu ce message électronique en fin d’après-midi, à mon retour du campus où j’avais enseigné de 12h à 15h, et prêt à repartir en classe le lendemain, le samedi 14 mars à 10h, pour un autre cours.

Zoom?

Heureusement – vu les nouvelles internationales et la progression de la vague épidémique en Europe et en Amérique du Nord – j’avais abordé quelques jours plus tôt le sujet avec un membre du soutien informatique de Glendon. C’était l’un des avantages de la vie d’avant en personne, que ces rencontres informelles!

«Et si nous devons fermer les salles de classe, comment ferons-nous?», avais-je demandé. L’université a acheté des copies de Zoom, m’avait répondu l’employé. Zoom? Un logiciel inconnu dans mon registre…

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Le vendredi 13 mars, j’ai pu rejoindre vers 18h le soutien technique de Zoom, qui n’avait pas encore explosé, injoignable par le suite!

Cours à distance dès le lendemain

J’ai appris en vitesse les rudiments du logiciel à peine téléchargé, obtenu un accès via le soutien technique de l’université, envoyé un courriel aux étudiants avec l’adresse de la réunion Zoom et le lendemain matin, nous faisions classe en ligne, tous et toutes un peu choqués par la rapidité des événements, mais aussi quelque part soulagés de pouvoir continuer le cours malgré tout.

Par la suite, nous avons pu rebondir sur l’actualité et intégrer la crise sanitaire à nos discussions en classe (le cours Communication, Health and Environment traite de promotion de la santé et de santé publique) et une manière aussi de permettre aux étudiants de parler et d’évacuer quelque peu leurs inquiétudes en mars dernier et pendant l’année universitaire suivante (2020-21).

Un an plus tard, le cours se tiendra encore en ligne, via Zoom (devenu partie intégrante du quotidien d’un grand nombre), ce samedi 13 mars 2021.

Privations et libération

Au-delà de ce vendredi 13 mars 2020 (et, personnellement, d’une année, sans problèmes majeurs de santé physique), un autre souvenir remonte à la surface: celui de ma grand-mère qui racontait avoir dit à ma mère âgée de 6 ans en août 1944: « Tu t’en souviendras », devant les chars militaires allemands qui quittaient la ville de Bordeaux à la Libération.

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Cette phrase résonne dans ma tête depuis plusieurs mois, une manière sans doute de remettre en perspective nos restrictions actuelles, comparées aux privations alimentaires et réductions importantes des libertés subies pendant quatre années d’occupation ennemie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Du SARS-CoV-1 au SARS-CoV-2

Pour ne pas perdre de vue sans doute aussi le pourquoi de cette crise – même si l’heure n’est pas encore au bilan alors que la lumière apparaît au bout du tunnel.

Pourquoi en 2002-2003, le monde avait su endiguer l’épidémie du SARS-CoV-1 (qui avait gravement touché Toronto), alors que 20 ans plus tard, le SARS-CoV-2 est devenu une pandémie?

Enfin, pour tenir le coup, apprenons à stimuler notre nerf vague – le pendant du système nerveux sympathique qui s’active en cas d’alerte et de danger, la réaction de survie et de stress pour «se battre ou s’enfuir».

Nerf vague contre stress chronique

Car nous sommes tous et toutes collectivement en état de stress chronique depuis un an.

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Ceci étant, nous sommes certes dans la même tempête, mais nous ne sommes pas tous dans le même bateau. Et les restrictions de la pandémie sont comme la marée qui se retire et révèle ceux qui nageaient sans maillots et la laideur socio-économique de l’estran, ses écueils, épaves vermoulues et embarcations échouées…

Et, qui sait, le plus difficile sans doute aura été (et demeure) de ne pouvoir ni se battre ni fuir, mais d’attendre, se barricader chez soi, passivement.

D’où sans doute certaines théories du complot – certaines plus farfelues que d’autres – mais qui doivent sans doute donner à certains un sentiment de retrouver du contrôle sur les événements, en identifiant un ennemi et contre lequel concentrer ses énergies et agir, en tentant de répandre la nouvelle même si mensongère, voir toxique…

Exercice et méditation

Ainsi, expirer plus longuement que l’expire activerait le parasympathique, dont le nerf vague. Continuer à faire de l’exercice physique, faire un peu de méditation, me permettent d’avancer, depuis 52 semaines, une à la fois.

Et récemment, rédiger un article sur les différents vaccins pour comprendre et faire quelque chose pour évacuer cette frustration de devoir attendre, passivement sans contrôle, sans pouvoir ni se battre ou partir  —  sans parler du manque criant d’information dans la presse sur les différentes technologies vaccinales.

Et vous, que faisiez-vous le vendredi 13 mars 2020? Et que faites-vous depuis un an pour tenir le coup?

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