Une rétrospective Robert Altman à ne pas manquer

Au TIFF BellLightBox du 7 au 31 août

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Il y a huit ans, Robert Altman nous quittait en laissant une œuvre cinématographique ayant changé le septième art, et influencé nombre de cinéastes modernes.

En filmant délibérément la vie quotidienne dans son chaos réaliste, et en ajoutant à cela des qualités d’observateur sociologique hors pair, ainsi que des thèmes humanistes et universellement ressentis, Altman s’était construit une réputation de génie voyou du cinéma indépendant.

N’hésitant pas à envoyer balader les studios et à produire lui-même certains de ses films, ou à l’instar d’Alfred Hitchcock, à tourner ses images de façon à ce que nul ne puisse les monter autrement que selon son concept original, le cinéaste américain fit preuve, dès le début de sa carrière, d’une ténacité impressionnante qui porta rapidement ses fruits et lui valut de nombreux articles dithyrambiques des plus grands critiques de ces quarante dernières années.

À l’occasion de la sortie du documentaire Altman, par le Torontois Ron Mann, la cinémathèque du TIFF a concocté une rétrospective (presque) complète des films du réalisateur où vous pourrez admirer ses plus grands chefs d’œuvres en copies 35mm originales, restaurées ou numériques selon les films. Cette collection se concentrera sur la période la plus prolifique du cinéaste, les années 70, mais présentera aussi certains de ses immanquables des décennies suivantes.

Ses deux premiers films, The Delinquents et Countdown, sont absents de la sélection, mais peuvent toujours être trouvés en vidéo et valent quand même le visionnage. Il sera donc possible de suivre, film après film, la carrière et l’évolution créative et politique d’Altman à partir de son troisième long-métrage.

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Le longtemps négligé That Cold Day in thé Park, thriller psychologique à petit budget tourné à Vancouver, conte les tribulations dominatrices d’une riche mais solitaire héritière sur un jeune homme, apparemment sans domicile fixe, repéré dans le parc voisin, et qu’elle séquestre tout en pourvoyant à tous ses besoins (oui, vraiment tous).

Ce fut là le premier véritable film personnel du réalisateur, les producteurs du précédent, Countdown, ayant grandement retouché le montage final, allant même jusqu’à retourner et ajouter des scènes pour rendre l’ensemble plus dramatique.

Countdown permit tout de même au cinéaste de rencontrer la plupart des acteurs qui feraient une partie du succès international de son quatrième film, M*A*S*H. La comédie satirique antimilitariste d’ensemble sur le (dys)fonctionnement d’un hôpital de campagne pendant la guerre de Corée comprend les premiers ingrédients de ce qui fera le style caractéristique d’Altman, et qui fit écrire aux critiques que le film était un exemple parfait du nouveau cinéma hollywoodien des années 70.

Le clou de cette série sera sans aucun doute la projection, à ne pas manquer le 8 août, du magnifique McCabe et Mrs Miller, avec, en invité spécial, le chef opérateur légendaire Vilmos Zsigmond (Rencontres du Troisième Type) qui présentera le film et répondra aux questions du public.

La rétrospective se poursuivra ensuite avec la plupart des longs métrages sortis par Altman dans les années 70, tous acclamés par les critiques de l’époque: Brewster McCloud, Images, The Long Goodbye, Thieves like Us, California Split, Nashville, 3 Women, Quintet.

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Comme la plupart des artistes, Altman connut une période noire, marquée par les excès et échecs et lors de laquelle il se concentra, après le désastre critique (mais pas financier) de Popeye, sur la réalisation de projets de petite envergure comme Secret Honor et Comme Back to the Five and Dime, Jimmy Dean, Jimmy Dean, ou encore Vincent and Theo, avant de retrouver les faveurs du public et des critiques en 1992 avec le célèbre The Player.

Les derniers succès du maître sont bien entendu au rendez-vous, comme The Company, A Prairie Home Companion, ou Gosford Park, dont l’influence se fait encore sentir aujourd’hui par l’entremise, notamment, de séries télé comme Downton Abbey, qui partage le même auteur et s’inspire tant de l’ambiance et du sujet sociologique du film qu’il ne serait pas surprenant d’y apercevoir le nom de Robert Altman dans les remerciements du générique de fin.

Renseignements

Retrospective Company Man: The Best of Robert Altman

TIFF Bell Lightbox, du 7 au 31 août 2014

www.tiff.net

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