Une première femme escalade une montagne subarctique en hiver

Pascale Marceau et Lonnie Dupré au sommet du mont Wood au Yukon

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Pascale Marceau et Lonnie Dupré ont célébré leur victoire au camp de base.
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Une ancienne Sudburoise, habitant maintenant à Canmore en Alberta, est devenue la première femme à escalader une montagne subarctique en hiver. Pascale Marceau a grimpé le mont Wood au Yukon au début du mois de mars avec son partenaire Lonnie Dupré, un expert en ascensions polaires.

Mme Marceau se prépare depuis longtemps à ce genre d’expédition. «J’ai commencé avec des randonnées dans des sentiers locaux, j’ai progressé avec des trajets plus longs autour du pays ainsi que des ascensions lors des voyages de ski. C’était une progression vers ce que j’ai accompli maintenant.»

Dans le parc national de Kluane

Le mont Wood, situé dans la chaîne de montagnes Saint Elias, fait partie de la Réserve et du parc national de Kluane, au Yukon. Au rang des sommets du Canada, la montagne se classe au 6e rang, à 4842 mètres.

Avant leur arrivée, le couple caressait un projet bien différent. «Notre premier but était de grimper le mont Lucania, le 3e plus haut mont au Canada [5260 m]. Notre plan était de retourner via une nouvelle voie qu’on a découverte l’an dernier.»

Cette montagne n’était cependant pas accessible avant le 4 mars. «Ça nous donnait seulement 16 jours à grimper avant la fin d’hiver. Notre route prendrait environ 25 jours.» Ils ont donc cherché une autre voie à suivre. Celle du mont Wood était la plus courte et la plus sécuritaire.

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Pascale Marceau

9 jours au lieu de 17

Ce changement les a emmenés à l’extérieur de leur zone de confort. «C’était la journée avant l’ascension où on s’est assis afin de discuter les détails et les plans. On ne fait pas ça souvent. On a apporté 17 jours de provisions, donc la nourriture et de l’eau, pour le projet. Le voyage a seulement pris 9 jours, ce qui était une grande surprise.»

La rapidité de cette montée est attribuable aux conditions météorologiques. Des températures agréables, des vents faibles et un ciel dégagé ont joué un grand rôle sur la distance parcourue pendant les premiers jours.

«La première journée, on est très excités, pleins d’énergie, on veut grimper et explorer. Ce n’est pas un parcours régulier, on ne suit pas de guide particulier, donc c’est toujours une aventure. On a souvent dû traverser de grandes crevasses, surtout dans la première section de la montagne. On n’a jamais pris de journée de repos, donc c’est taxant à certains moments», raconte la diplômée de l’Université d’Ottawa en génie chimique.

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Pascale Marceau sur les plus hautes montagnes du Yukon.

Rebrousser chemin

Les conditions ont par contre changé à l’approche de la pointe, avec des vents polaires et des chutes de neige. «À mesure que la journée se développait, les nuages ont commencé à envahir, les vents se sont levés et la neige s’est mise à tomber. On a donc dû rebrousser chemin, ce qui était difficile puisqu’on était si proche», indique Mme Marceau.

Une de leurs plus grandes erreurs, selon Mme Marceau, a été de penser qu’ils avaient déjà réussi lorsque le sommet était en vue. Malgré la courte distance restante (environ une heure et demie d’escalade), cette section allait vite devenir la plus difficile et pénible du voyage.

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«En effectuant un appel pour une mise à jour des conditions du lendemain, on nous a informés que la tempête serait encore pire. Après cette journée, ils annonçaient une autre tempête encore plus puissante. Le voyage dans ces conditions-là serait impossible.»

On a fortement recommandé à Mme Marceau et M. Dupré de descendre le plus tôt possible afin de ne pas rester coincés dans la tempête. «On était très découragé. Le voyage était fini.»

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Le chemin de Pascale Marceau et Lonnie Dupré vers le sommet.

Lueur d’espoir

Ils se sont levés à 6 h du lendemain afin de plier bagage et commencer la descente. En voyant que la visibilité était encore nulle, ils ont décidé de dormir quelques heures de plus. C’est un appel de leur équipe de soutien qui a forcé les alpinistes à se lever, à 8 h.

Avant de commencer la descente, les conditions semblaient plus calmes. «J’ai constaté que les vents ralentissaient, les nuages se levaient un peu. On s’est donc dit que ça s’améliorait, on devait continuer à pousser. On ne pouvait pas abandonner si facilement.»

Ils ont donc poursuivi le trajet jusqu’au sommet du mont Wood. C’est seulement en atteignant le plus haut point que Mme Marceau a enfin pu célébrer.

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Une tempête approche

Mais le duo a aussi vu la tempête qui s’approchait, alors il a décidé de descendre immédiatement afin de ne pas être coincé dans la tempête.

Ils ont rejoint le camp de base vers 15 h, dans la noirceur. Les explorateurs ont tout de suite appelé leur pilote afin qu’il vienne les chercher dès que possible.

«C’était un petit avion. Il y avait seulement de la place pour le pilote, un passager et des provisions. Il a donc dû effectuer deux voyages pour nous ramasser. C’était quand même un risque, puisque la personne qui a dû rester à la montagne aurait pu être prise pour plusieurs jours si la tempête descendait immédiatement», prévient Mme Marceau.

Finalement, les deux alpinistes ont pu être transportés avant la fureur du blizzard.

D’autres aventures en vue

Pascale Marceau et Lonnie Dupré espèrent être capables de conquérir le mont Lucania dans le futur. «On a une grande liste, il y a beaucoup de projets à accomplir. C’est sûr qu’il y aura d’autres aventures».

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