Une porte mal fermée laisse échapper de la poussière d’astéroïde

La sonde Osiris-Rex survolant de l'astéroïde Bennu. Illustration: NASA
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En trois jours, les nouvelles sont passées d’un enthousiaste «la sonde spatiale Osiris-Rex a récolté de la poussière d’astéroïde!» à un inquiétant «elle perd sa poussière dans l’espace».

C’est ce qui arrive quand un contenant est trop petit pour une récolte effectuée à 300 millions de kilomètres de la Terre…

Manoeuvre difficile

C’est cette semaine qu’on en saura plus.  Ou ce n’est peut-être qu’en septembre 2023, à son retour, qu’on aura toutes les réponses aux questions les plus importantes: combien de grammes de l’astéroïde Bennu la sonde ramènera-t-elle sur Terre?

Déjà, la manœuvre était presque inédite: approcher progressivement la sonde spatiale de ce caillou cosmique d’à peine 500 mètres de large (autour duquel elle tourne depuis décembre 2018), pour que son bras touche le sol et, en même temps, «souffle» très fort faisant se soulever une grande quantité de poussière.

Ça s’est passé le 20 octobre, et les ingénieurs de la NASA estimaient qu’avec un peu de chance, ils avaient récolté 60 grammes de cette poussière de Bennu.

Poussière perdue dans l’espace

Le 23 octobre toutefois, il s’est avéré qu’ils en avaient vraisemblablement 400 grammes — mais quelques fragments mal placés empêchaient la fermeture du compartiment. Et du coup, si rien n’est fait pour fermer cette porte, avec chaque manœuvre brusque de la sonde, quelques grammes de matière seront perdus dans l’espace.

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En attendant de décider de l’action la plus judicieuse à prendre pour fermer la porte, les ingénieurs ont repoussé la manœuvre qui devait renvoyer Osiris-Rex en orbite autour de l’astéroïde: parce qu’en microgravité, un petit coup de rétrofusées pour ralentir est plus que suffisant pour faire s’envoler, à l’intérieur du contenant, une quantité de poussières dont certaines trouveront la sortie.

Aux origines de la vie sur Terre

À noter que si l’on dit que la manœuvre est «presque» inédite, c’est parce que l’agence spatiale japonaise a déjà eu deux missions similaires: sa sonde Hayabusa a effleuré la surface d’un astéroïde en 2005, et en a ramené un échantillon en 2010… représentant moins d’un milligramme de poussière.

Ce qui était tout de même assez pour qu’une fine analyse conclue que de tels astéroïdes, formés plus près du Soleil à l’aube du système solaire, auraient potentiellement pu apporter de l’eau sur Terre.

Hayabusa 2 a frôlé un autre astéroïde en 2018-2019, Ryugu, et est en route vers la Terre avec son précieux chargement.

Pour croiser l’orbite de la Terre en septembre 2023, Osiris-Rex doit quant à elle quitter les parages de Bennu au milieu de 2021. À son arrivée, elle larguera une petite capsule à l’intérieur de laquelle se trouvera — espère-t-on — cette poussière venue de loin.

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