Une page d’histoire méconnue, celle écrite par Roberval

Fondateur de la colonie de France-Roy près de Québec

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Roberval! En dehors d’une agglomération québécoise, ce nom ne dit pas grand-chose à la plupart des francophones du Canada. C’est cependant le nom d’un pionnier français en terre d’Amérique, oublié, éclipsé peut-être par celui de personnages prestigieux comme Cartier, Champlain, Frontenac. Et pourtant, Roberval mérite d’être connu et reconnu.

Jusqu’à présent, il n’y avait pas grande documentation disponible pour nous parler de lui, en dehors d’une notice dans le Dictionnaire biographique du Canada.

Mais grâce au travail d’un historien de réputation, voici que Roberval sort enfin de l’ombre dans une superbe biographie, complète et documentée: Bernard Allaire, La rumeur dorée, Roberval et l’Amérique, Montréal, Éditions La Presse, 2013, 160 p. De nombreuses illustrations en couleur et des cartes agrémentent les pages.

Il faut tout d’abord situer Roberval dans les premières péripéties de l’histoire de la Nouvelle-France, car, par suite de confusions ou de mauvaises interprétations fortuites ou intentionnelles, on l’a souvent mal situé, vu son intervention comme un échec, et mal compris son rôle différent de celui de Cartier arrivé sur les côtes canadiennes avant lui. C’est en particulier ce qui a nui à Roberval.

Les expéditions

Bernard Allaire précise donc ce point important dès les premières pages de son ouvrage. «Les expéditions européennes en Amérique peuvent se diviser en deux catégories: dans la première figurent les premières vagues où on effectue une mission de repérage sous la direction de géographes ou d’individus motivés par les objectifs les plus divers. La seconde catégorie rassemble des hommes partis à la conquête de nouvelles terres et qui visent à en répertorier les ressources, à connaître leurs confins, à soumettre leurs habitants par la conciliation ou la force.»

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«Si les expéditions de Jacques Cartier réalisées de 1534 à1536 appartiennent à la première catégorie, celle qui fut menée sous les auspices de La Rocque de Roberval entre 1541 et 1543, objet du présent ouvrage, fait sans conteste partie de la seconde.»

Le personnage

Le cadre général des activités de cet homme, Allaire nous le fait connaître dans la mesure où le permettent les documents connus ou retrouvés, ce qui a constitué un travail de recherche très poussé de sa part.

De la complexité et de l’imprécision des données historiques, l’auteur établit la date de naissance de Jean-François de La Rocque, seigneur de Roberval, «vers 1495, voire bien avant», dans une famille du sud-ouest de la France. Il avait donc à peu près le même âge que le roi François Ier (1484-1547).

Pour comprendre la suite des événements, il faut retracer toute la carrière militaire qui fut celle de J.-F. de La Rocque et lui vaudra de fréquenter «la cour, les cabinets, les salons, les gens influents», non «à tire de courtisan désœuvré en quête de faveurs, mais plutôt en tant que militaire de carrière». Les pages consacrées à cette partie de la vie de Roberval permettent de comprendre le choix qui sera fait de celui-ci pour l’expédition canadienne.

L’expédition coloniale

L’expédition canadienne, avec à sa tête de La Rocque, membre de l’état-major royal, ingénieur militaire, ayant «un tempérament de gestionnaire», relevait de la reprise d’un projet colonial auquel tenait le roi. Mais elle n’était possible que dans un contexte politique international apaisé, qui se présentait alors.

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«En janvier 1541, l’officialisation de la nomination de Jean-François de La Rocque de Roberval à la tête de l’expédition marqua un point de non-retour.» Il n’y avait plus qu’à achever les préparatifs et «boucler les questions de financement, de logistique et d’approvisionnements», que le livre détaille.

France-Roy

Fin août 1541, les vaisseaux de La Rocque quittent l’embouchure de la Seine. Il s’agit d’une expédition militaire. «Il ne fallait pas perdre de vue le changement de cap ordonné par François Ier qui avait mis le sort de l’expédition entre des mains militaires. C’était une preuve supplémentaire du sérieux avec lequel il envisageait la colonisation canadienne.»

«Cette présence d’hommes armés était non seulement souhaitée mais indispensable pour combler les carences du voyage de Cartier en 1535-1536.» Et l’expédition aboutit à la création de France-Roy, le nom de la colonie militaire établie par Roberval près de Québec, à Cap-Rouge.

Elle ne dura guère, mais «loin d’être la conséquence d’une série d’échecs, la fermeture de France-Roy était circonstancielle, car on a simplement appliqué les ordres de François Ier. La colonie ne vivait pas dans le confort, mais on avait prouvé qu’il était possible de s’y implanter malgré le climat.»

L’ouvrage

Il comble un vide, corrige des erreurs, apporte des précisions; il est le fruit des laborieuses recherches et il écrit enfin ce «chapitre manquant de l’histoire du XVIe siècle nord-américain».

Désormais, Roberval n’est plus seulement le nom d’une ville du Québec, c’est celui d’un personnage historique rendu vivant par le travail de Bernard Allaire. C’est le livre qu’il faut placer désormais à côté de nos biographies de Champlain ou de Cartier.

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