Une histoire d’œufs

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Avec la fête de Pâques, on voit réapparaître dans les magasins des œufs et des lapins en chocolat, souvent présentés dans un emballage doré étincelant, et s’organiser des concours de ramassage d’œufs dans les terrains des maisons ou même des parcs publics, qui font la joie des enfants et parfois des adultes. Si la météo ne joue pas le jeu, si la neige couvre encore le sol, le tout peut se passer à l’intérieur.

Ces activités ovicoles commerciales ou divertissantes se fondent sur d’anciennes traditions légendaires plus ou moins floues. Mais ce qui n’est pas flou, bien au contraire, c’est que toutes ces recherches ne permettront jamais de trouver un véritable œuf de Fabergé.

Qui est donc Fabergé?

En 1846 naissait à Saint-Pétersbourg Pierre-Karl Fabergé.

Son nom ne sonne pas comme un nom russe, car ce n’en est pas un. Ce nouveau-né est le fils d’une famille de joailliers français protestants, qui a émigré en Allemagne à la suite de la révocation (1685) par Louis XIV de l’Édit de Nantes (1598), qui reconnaissait aux protestants la liberté de culte.

En 1800, Pierre Fabergé, qui avait modifié son nom d’origine Fabri puis Fabriger, s’installe en Russie, dont il obtient la nationalité.

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Son fils Gustave naît en 1814 et apprend à Saint-Pétersbourg la joaillerie, en travaillant notamment pour la célèbre maison Keibel qui, en 1826, avait retouché les joyaux de la couronne russe.

Fort de son expérience, il s’établit à son compte en 1842. Et c’est son fils Karl qui deviendra le très célèbre orfèvre aux œufs d’or.

La maison Fabergé

Karl bénéficie d’une excellente éducation dans sa ville natale et il fait des voyages d’études en Angleterre, en France, en Italie.

En 1870 il est de retour chez lui. Il a 24 ans et il doit prendre charge de la joaillerie de son père qui a pris sa retraite pour retourner en Allemagne. C’est à la fois un artiste de grand talent et un organisateur très doué, comme il va le démontrer.

Ainsi que l’explique Alla Sheptun, spécialiste de l’économie russe: «L’histoire économique de la Russie au XIXe siècle peut être décrite comme une période de transformation allant d’une prédominance agricole à une économie industrielle, et d’une société féodale tendant vers le capitalisme. L’industrialisation tardive de la Russie a connu un «rattrapage» de développement en suivant l’exemple des pays occidentaux.»

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Karl Fabergé inscrit sa maison dans ce processus, et elle va connaître un «fantastique essor», illustrant ainsi le développement technique et économique de cette période de la Russie.

En 1884, le tsar Alexandre III (règne de 1881 à 1894) accorde le «privilège de fournisseur de la cour» à la maison Fabergé. Même s’il n’est pas le seul à détenir ce titre prestigieux, Karl saura se tenir au-dessus des autres.

Le triomphe

Tout commence en 1885, quand Alexandre III décide d’offrir pour Pâques à la tzarine, l’impératrice Maria Feodorovna, une Danoise de la maison royale, un bijou en forme d’œuf, car celle-ci avait été fascinée dans son enfance par un œuf vu chez sa tante, la princesse Wilhelmine-Marie, fille du roi de Danemark.

Ce sera le premier œuf Fabergé, l’Œuf à la poule, car il contient une petite poule en or porteuse d’un rubis.

C’est le début d’une série de plusieurs pièces, commandées par le tzar Alexandre et son successeur Nicolas II (tsar de 1894 à 1917), tellement la création Fabergé avait plu.

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Alexandre III offre à l’impératrice neuf autres œufs, Nicolas II en offre 21 à sa mère, Maria Feodorovna, et 20 à sa femme, Alexandra Feodorovna. D’autres œufs sont offerts à diverses personnes.

Des œufs…

Les œufs de Fabergé sont faits de métaux précieux ornés de décorations d’émail et de pierres fines. On les admire comme des chefs-d’œuvre de l’art de la joaillerie.

Dispersés après la révolution bolchevique de 1917, on ne connaît pas leur nombre exact. On estime qu’il y en aurait eu un peu mois de 70.

On en trouve actuellement dans des musées et dans des collections privées. Certains sont perdus. Albert II de Monaco possède l’Œuf à la pendulette à serpent (1895) et Élisabeth II l’Œuf au panier de fleurs sauvages (1901).

… très chers

En novembre 2007, l’Œuf Rothschild (1902) s’est vendu aux enchères pour le prix record de quelque 14 millions $ canadiens. L’acheteur représentait le Musée national russe, où l’œuf se trouve désormais. La famille des Rothschild faisait partie des fidèles clients du bijoutier.

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En 2002, l’Œuf d’hiver (1913) avait été vendu à New York 9,58 millions $ à un collectionneur du Qatar.

En décembre 2010, les douaniers français de l’aéroport Roissy-Charles de Gaule ont saisi 350 imitations d’œufs de Fabergé destinés aux marchés de Noël de la région parisienne.

Tout compte fait, mieux vaut des œufs en chocolat, plus faciles à trouver et moins onéreux!

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