Une entrepreneure qui a de la suite dans les idées

Assiatou Diallo est reconnaissante envers les gens qui l’ont aidée

Assiatou Diallo


22 novembre 2016 à 0h22

Bien qu’elle soit déjà en affaires depuis un an, employant cinq femmes à la pige et un assistant au bureau, c’est cette semaine qu’Assiatou Diallo inaugure officiellement à Toronto son entreprise de nettoyage commercial et résidentiel TAAB (un sigle construit avec des lettres de son nom et de celui de son petit garçon).

Son histoire en est une de résilience, qu’elle aime raconter parce que c’est aussi un hommage aux agences sociales canadiennes et torontoises qui l’ont beaucoup aidée, et qu’elle veut remercier en embauchant à son tour des femmes qui ont eu la vie dure.

L’Express l’a rencontrée à son bureau du secteur Bloor Ouest et Islington… pour découvrir qu’elle habite à dix minutes de marche du journal dans le quartier Leslieville!

Née en Guinée dans une famille nombreuse, sa jeunesse a été marquée par la violence, mais son esprit rebelle a fini par triompher de cette adversité.

Voyages

Travaillant dans une station-service pour subvenir à ses besoins pendant ses études, elle a été embauchée en 2000 par une compagnie allemande de fabrication de pompes d’eau dans les communautés rurales, ce qui lui a permis de voyager à l’extérieur de sa ville, puis du pays (entre autres à Paris: choc culturel), s’installant deux ans plus tard en Gambie où elle s’est mariée.

Après cinq fausses-couches, elle a cherché de l’aide médicale en Allemagne pendant un an, en plus d’y apprendre la langue.

De retour en Guinée, elle a ouvert une boutique de parfums et cosmétiques, même si elle avait déjà enregistré une entreprise de nettoyage, garde d’enfants et sécurité qu’elle voulait développer. «Là bas, nettoyer les locaux, les protéger des intrus et surveiller les enfants des travailleurs vont ensemble», explique-t-elle.

Coïncidence: elle loue présentement le bureau de son entreprise torontoise de nettoyage dans celui d’une firme de sécurité… et TAAB offre aussi par la bande des services de gardes d’enfants!

Miracle

Après un autre séjour en Allemagne et à Paris, elle s’est envolée, enceinte, vers le Canada, où son garçon est né: «un miracle», s’émerveille-t-elle encore aujourd’hui. Seule à Montréal, puis à Toronto – le dossier de parrainage de son mari n’ayant été accepté que tout récemment – elle s’est débrouillée pour obtenir sa résidence permanente, puis sa citoyenneté canadienne.

Elle est passée par le HEC (Université de Montréal) en Ressources humaines, puis par le Collège Boréal à Toronto pour apprendre l’anglais – qu’elle ne parlait pas du tout avant de déménager dans la ville reine, stressée et déprimée, où elle a vécu chez Beatrice House, un abri de transition.

Pour surmonter ses difficultés, elle a également reçu l’aide du programme Boundless Possibilities for Women et a continué de prendre divers cours et ateliers. Après avoir décroché, puis rapidement perdu, un emploi chez BMO, elle a atterri au Centre francophone de Toronto, où elle a occupé pendant quatre ans des postes de réceptionniste, assistante aux ressources humaines et finalement assistante de la directrice générale.

TAAB

Elle n’avait cependant jamais abandonné son rêve d’entrepreneure, ni son intérêt pour la cause des femmes victimes de violence. Reconnue en 2013 par le YWCA (Women of Distinctions Award) pour son courage et son esprit positif, Assiatou Diallo veut aujourd’hui faire de TAAB Cleaning Inc. une entreprise «sociale», préoccupée du bien-être de ses travailleuses et n’utilisant que des produits non toxiques pour l’environnement.

Personnellement, elle s’implique aussi dans quelques organismes communautaires francophones, comme l’Association des femmes d’affaires de la région de Peel-Halton.

«Il n’y a pas, à ma connaissance, d’autres entreprises francophones de nettoyage», dit-elle. Elle a déjà quelques clients francophones, bien que son plus gros soit le Collège Humber. Son travail de démarchage ne fait que commencer.

Pour le moment, ses femmes de ménage travaillent seules ou en équipe de deux, selon le contrat, de 15 à 20 heures par semaine chacune. «Mon objectif est de leur assurer une certaine sécurité financière et de pouvoir en aider le plus grand nombre possible.»

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