Une, deux, trois: oui, trois Joconde

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La Joconde est bien le tableau le plus célèbre de Léonard de Vinci et le plus connu dans le monde entier. Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre au musée du Louvre à Paris et de voir la foule d’admirateurs venus de tous les pays, qui se pressent devant ce chef-d’œuvre. Mais cette Joconde aurait-elle des concurrentes?

Paris

L’histoire de La Joconde exposée au musée du Louvre est assez bien établie, même s’il subsiste encore certaines zones d’ombre. Mais aucun doute n’existe quant à son auteur, Leonardo di ser Piero da Vinci, dit Léonard de Vinci (Vinci, Italie, 1452 – Amboise, France, 1519). Il aurait commencé ce tableau vers 1503, lorsqu’il se trouvait à Florence, et il aurait consacré quatre années de travail pour l’achever.

Il semble que Léonard n’ait jamais livré le tableau à son commanditaire et qu’il l’ait gardé par devers lui. Il l’aurait emporté en France, lorsque le roi François 1er lui a offert l’hospitalité dans son royaume (1516). Le roi aurait acheté le tableau vers 1518 pour le placer au château de Fontainebleau. Après un passage à Paris puis à Versailles, il se retrouvera au Louvre en 1797.

Le portrait

Voici ce que dit Vincent Pomarède, conservateur au département des Peintures du musée du Louvre. «En ce qui concerne l’identité du modèle (du tableau), toutes les hypothèses, y compris les plus farfelues, ont été envisagées: Isabelle d’Este, qui régnait à Mantoue lorsque Léonard de Vinci y séjourna…une maîtresse de Julien de Médicis ou de Léonard ; peut-être même une femme idéale; et même un adolescent habillé en femme, voire un autoportrait.

Le premier témoignage concernant le modèle de La Joconde, daté des dernières années de la vie de Léonard, parlait du portrait «d’une certaine dame florentine fait d’après nature sur demande du magnifique Giuliano de Médicis»… Plus tard, un deuxième témoignage de Vasari décrivait le portrait de Mona Lisa, la femme d’un gentilhomme florentin, Francesco del Giocondo..» Les visages de la Joconde

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L’idéalité

Ce qu’il faut sans doute voir dans le tableau, ce n’est pas tellement la représentation réelle d’une personne, fut-elle un homme comme l’a proposé en 2011 un groupe de chercheurs italiens. On peut suivre encore une fois l’opinion du conservateur cité, qui semble bien faire le point sur cette question.

«À ce jour, nous ne possédons aucune preuve définitive sur l’identité de la femme représentée par Léonard. En fait, il est étonnant de noter que l’on retient davantage aujourd’hui les aspects universels du tableau – l’idéalisation évidente du portrait, l’imagination qui a inspiré le peintre pour le paysage, l’équilibre de la posture du modèle – plutôt que la référence à une personnalité ayant réellement existé.»

Madrid

Au début de 2012, le musée du Prado à Madrid annonçait que des travaux de restauration récents, réalisés sur une copie de La Joconde détenue par le musée, avaient montré que cette œuvre avait été peinte au même moment que celle de Léonard, et dans son atelier. C’est l’un des élèves du maître qui aurait exécuté cette Joconde. Le fond du tableau du Prado avait été noirci, si bien que l’on ne voyait pas le paysage identique à celui de l’original.

«La Joconde espagnole apparaît d’ailleurs plus jeune que l’authentique et le paysage plus lumineux, des différences qui s’expliquerait par le fait que le tableau qui se trouve au Louvre est assombri par le vernis qui a fini par jaunir. La Mona Lisa du Prado arbore également des habits plus chatoyants que ceux de la Joconde française dont on s’est longtemps demandé si elle ne portait pas le deuil.»

Genève

En septembre 2012, la Mona Lisa Foundation, basée à Zurich, en Suisse, dévoilait à Genève l’existence d’une Joconde. Conservée pendant 40 ans dans un coffre, elle serait antérieure de 10 ans à celle du Louvre, mais de la main de Léonard. La Fondation a publié un livre de 320 pages qui rassemble les preuves établissant cette affirmation.

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L’œuvre sur toile représente une Mona Lisa plus jeune que celle du Louvre, qui a la même posture et des vêtements semblables, mais le paysage de l’arrière-plan est différent. Les couleurs sont plus vives, le sourire énigmatique est le même. Des spécialistes ont aussitôt contesté l’interprétation des experts de la Fondation.

Mais en février 2013, la Fondation publiait les résultats de nouvelles expertises qui apporteraient une «preuve écrasante» que ce tableau aurait été peint entre 1410 et 1455, par le maître lui-même. Un test concerne la géométrie léonardienne et l’autre a été fait par l’institut fédéral de technologie de Zurich, à l’aide du carbone 14.

«Lorsque nous ajoutons ces nouvelles découvertes à la somme des études scientifiques et physiques déjà existantes, je pense que tout le monde y verra la preuve écrasante que Léonard de Vinci en est bien l’auteur», a déclaré le vice-président de la fondation.

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