Un scanneur pour détecter la dépression?

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Au Téléjournal du 8 novembre (SRC), on rapportait que le gouvernement fédéral et le gouvernement québécois ont versé à l’Institut Douglas la somme de 20 millions $ pour faire l’acquisition d’un scanner de 14 tonnes qui vise à détecter scientifiquement, par la voie de l’imagerie cérébrale, la présence dans le cerveau de traces de schizophrénie, de dépression majeure ou de troubles d’anxiété, ce qui aurait pour effet d’en faciliter le diagnostic.

Je n’en reviens tout simplement pas. C’est faire complètement abstraction de la présence de causes multifactorielles.

Que l’on veuille scruter le cerveau, je veux bien, mais que l’on regarde aussi l’incapacité des personnes éprouvées à assimiler, à s’organiser, à assurer leur sécurité, à s’adapter et à gérer le quotidien, puis l’effet des sentiments profonds d’impuissance, d’insécurité et d’inutilité.

Qu’on regarde aussi leur milieu de vie et l’effet de leur isolement, de leurs ruptures affectives, des conflits non réglés et des crises familiales non traitées.

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Pourquoi ne pas scruter aussi l’influence des structures inadaptées, en particulier la distribution inégale des services, les critères d’exclusion qui rendent l’accès de plus en plus difficile, la faiblesse des systèmes de soutien et de protection et les nombreux intervenants qui se contentent de refiler les gens vers d’autres services pour s’en débarrasser?

L’analyse demeure incomplète si l’on ne regarde pas enfin du côté du régime politique dans lequel nous baignons.

Le recul qui se manifeste au niveau de la protection sociale, des services garantis juridiquement, de la gratuité des soins et de l’accès universel ne fait que laisser de plus en plus de gens pour compte.

Un petit million pour scruter les facteurs autres que biologiques aurait été bien apprécié, mais malheureusement, une fois de plus, ce sont les fabricants de technologies de haute pointe qui s’en sortiront le mieux.

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