Un peu de terre rouge sur la neige de Toronto

African Footprint, rythmes sud-africains

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Jeudi 7 février, tandis que la neige recouvrait Toronto d’un épais manteau blanc, le Sony Center for The Arts se remplissait d’une foule multiethnique enflammée, venue accueillir les trente interprètes du fameux spectacle African Footprint.

Une ode à l’histoire complexe de l’Afrique du Sud que véhicule une combinaison détonante de musiques, se déclinant en une gamme riche de sons étonnants allant du jembé au saxophone, et de danse mariant le classique au hip hop en passant par les claquettes et gumboots.

Un résultat intéressant, qui bouge et change des chorégraphies classiques généralement produites dans cette salle.

Une fois la salle plongée dans l’obscurité, le public est emporté par les sons capables de créer une atmosphère sauvage, à la fois fantomatique et fantasmagorique.

Une envolée immédiate qui précède celle de la vue de ces corps mouvants à demi-révélés par la lumière et enveloppées de brouillard. Un mystère qui mériterait de s’étendre davantage.

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Mais passé le premier instant de surprise et de découverte, le spectacle ne décolle pas. Si les danseurs font preuve de prouesses physiques et se distinguent par leurs talents d’interprètes polyvalents, la performance demeure inégale.

La première partie qui s’attache à raconter les débuts des peuples en terre sud-africaine ne convainc pas vraiment: en s’appesantissant trop sur des excès d’expressions corporelles et de jeux de lumière, la mise en scène étouffe la créativité sonore réalisée avec brio par les interprètes et ne permet pas à l’audience de pénétrer au coeur de cette épopée.

Il faut attendre la deuxième partie, plus heureuse, qui emporte son public avec une avancée dans le temps. Celui où l’Afrique du Sud s’abandonnait aux années jazz.

Les interprètes musiciens-danseurs offrent alors une cascade de numéros de danse et d’interprétation plus convaincants, flamboyants et entraînants les uns que les autres.

Embarqué dans un rythme survolté et enjoué, le spectateur fait corps avec la mise en scène et est en meilleure disposition pour accepter le message quelque peu candide, mais sincère, d’une Afrique du Sud à nouveau unie et forte. Les numéros de danse et de musique sont en ce sens plus convaincants que ceux de chant, et pourraient véhiculer à eux seuls la portée du spectacle.

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Je garde notamment en tête le «pas de deux» entre un homme noir et un homme blanc, surprenant de puissance et de fragilité, d’énergie domptée et de violence, mélange de poésie et de réalisme. African Footprint termine sur la traditionnelle fin heureuse des comédies musicales simplifiant ainsi son message et affadissant sa portée philosophique.

Il ne faut pourtant pas bouder le plaisir honnête qu’offre cette production énergique et haute en couleurs. Née en 1998 de l’imagination et des efforts de Richard Loring, African Footprint avait pour but d’offrir un aperçu d’une certaine Afrique du Sud en combinant une variété de pas et de rythmes distincts, joués et dansés par de jeunes talents issus de milieu défavorisé.

Pari gagné avec une première représentation remarquée en 1999, dans la prison de Cape Town, où était enfermée Nelson Mandela. Diffusé à ce moment-là par la chaîne CNN, le spectacle connaît son premier envol et part en tournée dans le monde, nécessitant trois troupes d’artistes se produisant simultanément à travers le globe.

Première tournée en Amérique du Nord, African Footprint procure un divertissement sympathique qui diffère des traditionnelles productions musicales et permet cette semaine aux torontois d’échapper au froid austère de ce mois de février avec une escapade revigorante et insolite.

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