Un Ordre de la rose blanche pour une future ingénieure

25 ans après la tragédie de Polytechnique

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«On continue de bâtir, mais on n’oublie pas», voilà le message inspirant que livre l’ingénieure Nathalie Provost, blessée le 6 décembre 1989 quand la vie, jusque-là paisible des étudiants de l’École Polytechnique de Montréal, a tourné au drame.

Même si 25 années se sont écoulées depuis la tragédie, au cours de laquelle 14 jeunes femmes ont péri sous les balles d’un fou, l’événement n’appartiendra jamais au passé pour les familles des victimes, les blessés et les témoins.

Mue par le devoir de mémoire, la communauté de Polytechnique est aujourd’hui prête à transformer le souvenir de cette page noire de son histoire en un point tournant, mettant de l’avant deux initiatives: une bourse d’études de 30 000 $ et une collecte de fonds annuelle.

Ambassadrices

Les roses blanches se sont imposées, au fil des années, comme le symbole des activités de commémoration de Polytechnique. Le 6 décembre prochain, ce symbole pacifique deviendra l’image des nouvelles activités.

L’Ordre de la rose blanche Polytechnique Montréal est une bourse de 30 000 $ qui sera remise annuellement par la direction de l’École à une étudiante en génie qui désire poursuivre sa passion en s’inscrivant à un programme d’études supérieures (maîtrise ou doctorat), dans l’établissement de son choix, au Canada ou ailleurs dans le monde.

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Au cours de cette première année, un appel de candidatures sera lancé au sein des établissements universitaires canadiens qui offrent des programmes en génie (info déjà disponible à ordreroseblanche.org). Le nom de la première lauréate sera connu en décembre 2015.

Nathalie Provost a accepté d’être la marraine de cette bourse, tandis que Michèle Thibodeau-DeGuire, présidente du Conseil de Polytechnique et première femme à obtenir un diplôme en génie civil de Polytechnique en 1963, a consenti à devenir la présidente du comité de sélection.

«Je suis très touchée par le fait que l’Ordre de la rose blanche soit une bourse créée en hommage à mes consœurs à qui on a fauché le droit d’exercer le beau métier d’ingénieure», témoigne Nathalie Provost. «En plus d’être un salut à leur mémoire, la bourse est une main tendue à la relève et permettra à une jeune femme de franchir une étape supplémentaire dans la réalisation de son rêve de devenir ingénieure.»

«Si j’étais une jeune étudiante à recevoir l’Ordre de la rose blanche», ajoute Michèle Thibodeau-DeGuire, «je me sentirais privilégiée de pouvoir perpétuer l’héritage des femmes ingénieures et d’ajouter ma contribution au patrimoine scientifique de notre société. J’espère que la première boursière ressentira cette fierté. »

Folie Technique

Reprenant toujours le symbole de la rose blanche, Polytechnique inaugurera aussi la Semaine de la rose blanche, une campagne de collecte de fonds annuelle qui aura pour thème «Dans nos mains fleurit l’avenir», et où l’institution invitera sa communauté et le grand public à faire un don en achetant et en offrant des roses blanches virtuelles.

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Dans un premier temps, les sommes recueillies seront entièrement versées à Folie Technique, le camp scientifique de Polytechnique, et permettront à des jeunes filles issues de milieux moins nantis de s’initier aux sciences et au génie. Le site roseblanche.org est déjà activé.

Un don de 10 $ achète une rose et permet de payer le transport d’une jeune fille pour se rendre à une activité scientifique;

Un don de 50 $ achète 14 roses et permet de faire une activité scientifique dans la classe d’une école primaire;

Un don de 150 $ achète 25 roses et permet à une jeune fille de participer à un camp de jour scientifique d’une semaine pendant l’été.

«Chez les filles et les jeunes issus de milieux défavorisés, la confiance en leurs propres capacités à réussir des projets scientifiques est souvent plus fragile», explique Marie-Claude Hamel, directrice de Folie Technique. «Nous encourageons chez les jeunes filles une attitude positive envers ces domaines et une confiance assez grande pour qu’elles envisagent d’embrasser un jour une carrière scientifique. L’avenir qui fleurit, c’est aussi ces jeunes.»

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D’autres initiatives

Sur recommandation de Polytechnique Montréal, une ingénieure recevra ce jeudi 6 novembre un doctorat honorifique décerné par l’Université de Montréal. La cérémonie aura lieu à l’occasion du Dîner annuel des amis de la Présidente de Polytechnique Montréal.

Dans son numéro d’automne, le magazine POLY présente un grand dossier sur l’après-tragédie. On peut y lire des témoignages et des réflexions de femmes et d’hommes ayant vécu de près les événements: kiosque.polymtl.ca/

Le samedi 6 décembre à 19h30, l’Orchestre de l’Université de Montréal, sous la direction du chef Jean-François Rivest, présentera En souvenir d’elles, un concert soulignant le 25e anniversaire de la tragédie. À la Salle Claude-Champagne de la Faculté de musique: www.calendrier.umontreal.ca/musique/

Finalement, toujours le samedi 6 décembre, une gerbe de quatorze roses blanches sera déposée devant la plaque commémorative par  Michelle Thibodeau-DeGuire, Christophe Guy, directeur général de Polytechnique, Romain Gayet, président de l’Association des étudiants de Polytechnique, et Raphaël Beamonte, président de l’Association des étudiants des cycles supérieurs de Polytechnique. Pour l’occasion, les drapeaux devant l’institution seront mis en berne.

«Toutes ces initiatives ne corrigeront jamais le passé», lit-on dans les documents de Polytechnique, «mais elles célèbrent l’importance de mettre en valeur des talents inspirants et des talents en devenir. La société et la profession d’ingénieur ont besoin de tous les talents des femmes et des hommes qui peuvent y contribuer.»

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