Un nouveau salon du livre à Toronto

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Il y avait une époque où les anglophones ne comprenaient pas le concept, très français, d’un salon du livre. «Don’t you have bookstores?», s’est déjà fait dire un président du Salon du livre (francophone) de Toronto. Ce à quoi il avait répondu: «Vous avez des boutiques d’équiments de ski et pourtant aussi un Ski Show…»

Et voilà qu’un projet anglophone de salon du livre – Inspire! Toronto International Book Fair – a été dévoilé la semaine dernière par les trois organisateurs: John Calabro, Rita Davies et Steven Levy.

Leur premier événement se tiendra du 13 au 16 novembre 2014 au Metro Toronto Convention Centre, là même où s’est tenu pendant plusieurs années le Salon du livre francophone de Toronto, qui a maintenant lieu à la Bibliothèque centrale (du 4 au 7 décembre prochains).

Selon une étude financée par la Société de développement de l’industrie des médias de l’Ontario et publiée cet été, la création d’un tel salon du livre à Toronto aiderait les éditeurs canadiens-anglais à ouvrir de nouveaux marchés et à attirer de nouveaux lecteurs.

«C’est entre autres la fermeture de nombreuses librairies qui nous a incités à créer cet événement pour promouvoir le livre», explique M. Calabro, rejoint au téléphone par L’Express alors qu’il était au Salon du livre de Montréal.

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Modèles

«Le Salon de Montréal est certainement un modèle pour nous», confirme-t-il. «Celui de Québec aussi avec son ouverture sur la francophonie internationale.»

M. Calabro, écrivain et éditeur, raconte avoir d’abord discuté d’un tel projet avec Rita Davies, directrice pendant longtemps de Toronto Culture.

Mais «nous n’aurions pas pu organiser cette grande foire dès 2014 sans la participation de Steven Levy, producteur émérite et fondateur de salons de consommation grand public comme les One of a Kind, Festival of Canadian Fashion, Interior Design Show et bien d’autres».

Inspire! Toronto International Book Fair (www.torontobookfair.ca) pense accueillir l’an prochain de 30 000 à 50 000 visiteurs, sollicités par de 250 à 300 exposants et qui pourront rencontrer de 400 à 500 auteurs.

Le salon offrira également des ateliers sur divers aspects de l’industrie.

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Inspire! sera donc à la fois exposition, marché et festival culturel.

Numérique

«Une grande place sera faire au numérique», promet M. Calabro, «car c’est certainement un développement très intéressant dans le domaine de l’édition.»

Le directeur de ce nouveau salon du livre envisage une cohabitation fructueuse pendant encore longtemps entre le livre papier et le numérique. «Le numérique a pris environ 25% du marché, mais semble avoir atteint un plateau», remarque-t-il.

L’annonce de ce nouveau salon du livre a été applaudie par des éditeurs du pays. «Je suis vraiment emballé par toutes les possibilités qu’offre cet événement», explique Patrick Crean de Patrick Crean Editions/HarperCollins Canada, qui a siégé au comité consultatif du projet du salon.

«Il nous faut de nouvelles façons de joindre le public et de l’engager. Le livre est la pierre angulaire d’une société engagée.»

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Francophonie

«On mettra en valeur les écrits des diverses communautés culturelles de Toronto, ville où l’on parle plus de 140 langues», indique M. Calabro.

Y compris le français, que M. Calabro parle d’ailleurs avec aisance. Il y aura de la place pour le livre français dans ce salon: l’ANEL (Association nationale des éditeurs de livres, un organisme québécois) pourrait y prendre plusieurs kiosques.

«L’événement sera également propice à de nombreuses rencontres et échanges professionnels entre éditeurs anglophones et francophones», se réjouit Richard Prieur, directeur de l’ANEL. Cela ne se fait même pas au Salon du livre de Montréal, où on ne trouve pas de livres en anglais.

Selon M. Calabro, il s’agit d’éditeurs québécois qui ne sont pas présents au Salon du livre (francophone) de Toronto, qu’Inspire! viendrait donc complémenter plutôt que concurrencer.

Le président du Salon du livre (francophone) de Toronto, Valéry Vlad, était au courant du projet de M. Calabro, mais pas de sa composante francophone. Le conseil s’administration du Salon doit d’ailleurs en discuter à sa prochaine réunion.

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Mais, déjà, il se demande «comment nos bailleurs de fonds communs pourraient justifier le fait de financer deux événements concurrentiels à deux semaines d’intervalle?»

Valéry Vlad fait confiance à Rita Davies: «Je sais qu’elle suit de près le projet du salon du livre anglophone. J’ai beaucoup de respect pour cette grande dame de la culture torontoise. Son expérience est une garantie, selon moi, que nos deux salons n’arriveront jamais à se nuire l’un à l’autre.»

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