Un nombre record de films francophones au TIFF

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Si vous êtes passés au centre-ville depuis jeudi dernier, vous avez sans doute remarqué la multitude de gens souriants portant des t-shirts orange, et une forte augmentation dans le nombre de marcheurs pressés au look d’hommes et de femmes d’affaires, ainsi qu’une belle recrudescence dans le nombre d’embouteillages, surtout autour des rues King et John. Comme vous l’avez deviné, le 40e Festival international du Film de Toronto (TIFF) bat son plein!

Les amateurs de films en français ne seront pas en manque avec plus de 60 oeuvres dans la langue de Molière à admirer, ou malheureusement à rater tant les conflits d’horaires sont nombreux.

Les stars françaises, québécoises, belges ou des pays d’Afrique sont également venues en nombre pour cette quarantième édition, et ont fait le bonheur des paparazzis et autres chasseurs de célébrités, comme on peut le voir grâce aux multiples photos et vidéos sur les médias sociaux: Jean Dujardin, Christophe Lambert, Elsa Zylberstein, Claude Lelouch, Jean-Marc Vallée, Denis Villeneuve, Patrick Huard et bien d’autres!

Les films présentés sont toujours de grande qualité, même si leur intérêt varie selon les goûts. Pour la meilleure surprise du festival, nous avons retenu Black, un Roméo et Juliette moderne sur trame de guerre des gangs raciaux à Bruxelles, à l’énergie bouillonnante et aux images magnifiques, qui nous raconte l’amour impossible entre Mavela et Marwan, deux jeunes issus des cultures noire-africaine et marocaine. Le film est magnifique, mais attention à quelques scènes violentes qui pourront choquer.

Le français Philippe Garrel présente sa dernière oeuvre, L’ombre des femmes, où il recrée l’ambiance des films de la nouvelle vague pour raconter les affres d’un trio amoureux dans la Ville lumière. On y découvre un Paris gouaillant, rempli de bars, de ruelles sombres et splendides, de moments romantiques ou crus, et des personnages aux apparences normales, mais intérieurement torturés, fidèle à leurs prédécesseurs chez Godard ou Truffaut.

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Les poids lourds français sont sans aucun doute Un plus une, le nouveau film de Claude Lelouch, Dheepan, de Jacques Audiard, la palme d’or de Cannes 2015, et Belles familles, le dernier Jean-Paul Rappeneau.

Fidèle à l’univers du maître cinéaste, mais avec cette fois-ci une touche indienne proéminente, Un plus une dépeint une épique aventure romantique «à la française» avec énergie et décors grandioses.

Antoine (Jean Dujardin), un compositeur célèbre, se rend à Bombay pour travailler sur la musique d’un nouveau film. Au cours d’un dîner en son honneur, il fait la rencontre d’Anna, et bien entendu les deux s’éprennent immédiatement.

Antoine, plutôt terre à terre, décide de suivre Anna pour un pèlerinage spirituel dans le sud du pays, et l’amour entre les deux opposés se développe librement. Mais voilà… Anna est mariée à l’hôte du dîner: l’ambassadeur de France (Christophe Lambert), et la petite amie d’Antoine, restée en France, est un peu jalouse…

En pleine crise européenne des réfugiés, Dheepan, de Jacques Audiard marque le public et fait réfléchir aux valeurs morales qui devraient nous animer. Suite à la défaite des Tigres tamouls lors de la guerre civile du Sri Lanka en 2009, un officier des Tigres ayant tout perdu tente de s’enfuir en exil en Europe.

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Pour pouvoir partir, il lui faut un passeport, mais sa condition de perdant de la guerre le condamne à mort à vue. Grâce à un allié local dans un camp de réfugiés, il trouve une femme et une enfant qui deviendront sa «famille» afin de pouvoir utiliser les passeports d’une véritable famille décédée six mois plus tôt.

Le trio quitte le Sri Lanka et atterrit en France ou commence leur nouvelle vie, sans qu’il n’aient la moindre idée des coutumes locales ni même du langage.

Logés dans une cité de banlieue, Dheepan (son nouveau nom), Yalini (sa nouvelle femme) et Illayal (leur petite fille) découvrent, apprennent, et naviguent ce nouvel environnement ainsi que leur fausse/vraie famille, en utilisant les compétences pragmatiques qui leurs ont permis de survivre à la guerre. Mais les vieux réflexes ne sont jamais perdus dans ce drame poignant à la fin controversée.

Belle familles, quant à lui, est l’incarnation parfaite de la comédie de moeurs à la française dans laquelle on retrouve tous les ingrédients qui ont fait la réputation du genre: une distribution sans faille, un scénario plein de rebondissements, de moments comiques et d’émotions, à base de dispute sur la maison familiale, de trio amoureux et de découvertes de secrets de familles croustillants.

Dignes d’intérêts, mais selon les goûts et les couleurs, on notera aussi deux bonnes comédies satiriques: Lolo, de Julie Delpy; Guibord s’en va t’en guerre, le nouveau Philippe Falardeau (Monsieur Lazhar) avec Patrick Huard; Love 3D du toujours provoquant Gaspar Noé; Les êtres chers d’Anne Émond (Nuit #1); ou encore Les Cowboys du Belge Thomas Bidegain.

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