Un G8 marquant pour les plus pauvres?

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Publié 01/08/2006 par Yvon Dupuis

Pourtant, la pauvreté était à l’ordre du jour de cet illustre forum qu’est le G8.  Mais ce thème ne semblait guère une priorité tenant compte des préoccupations d’ordre économique comme la sécurité de l’énergie également discutée à Saint-Pétersbourg.

Et si ce n’était pas assez, le tout a en plus quelque peu été déraillé en raison des événements malheureux que l’on sait, c’est-à-dire, le conflit israélo-libanais qui, il faut le dire, est pour le moins inquiétant.

Les pays industrialisés souhaitaient intervenir de façon vigoureuse selon un des nombreux communiqués émis durant le sommet, mais en est-on resté à des vœux pieux?  Il faut se le demander!

Quand on sait que les pays africains retournent au service de la dette en moyenne 65 cents pour chaque dollar qui leur est attribué comme aide, on ne peut que frémir!

Parmi les questions spécifiques abordées, considérons entre autres un trio pandémique meurtrier qui fait des ravages particulièrement chez les populations les plus pauvres. On sait que les tueurs que sont le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme sont étroitement liés à la pauvreté extrême.  Ils prennent la vie de pas moins de 6 millions d’humains chaque année et en infectent des dizaines de milliers d’autres. 

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Qui plus est, ces statistiques scabreuses sont à la hausse, particulièrement en Afrique. Est-ce que ce G8 passera à l’histoire pour avoir vraiment changé la donne?  On peut en douter!

Les efforts déployés par nos leaders mondiaux nous apparaissent de façon générale timides malgré une situation d’urgence réelle, beaucoup plus réelle et concrète que la menace probable de la grippe aviaire qui a également fait partie des discussions à Saint-Pétersbourg. On aura de toute évidence manqué une belle occasion de non seulement faire le point sur les progrès depuis le dernier G8, mais également de finaliser un plan pour s’assurer que les promesses faites à Gleneagles soient tenues.

Heureusement, le Canada s’est quelque peu démarqué avec un langage clair et des promesses concrètes. On a confirmé entre autres un investissement prévu à l’automne de 250 millions pour l’exercice 2006-07 pour renflouer le Fonds mondial, un programme efficace de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. 

Nos élus se sont également engagés à attribuer 450 millions sur 10 ans pour renforcer les systèmes de santé, améliorer les résultats dans ce domaine et faire des progrès concrets pour favoriser l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement. 

Nous ne pouvons qu’imaginer maintenant ce que le gouvernement pourra injecter dans cette lutte à finir, quand il tiendra également promesse pour ce qui est d’une contribution minimale de 0,7% de sa richesse nationale d’ici 2015 ou avant. Comme l’ont fait plusieurs pays déjà, un échéancier à cet effet se doit d’être élaboré au plus tôt.

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Une dernière note d’optimisme: la Chancelière Angela Merkel a promis que la pauvreté serait au fait des priorités lors du G8 de l’an prochain en Allemagne. 

Souhaitons que ni des événements courants, ni le manque d’engagement de la part de certains leaders mondiaux ne relèguent encore une fois la question de la pauvreté au second rang. Un peu de compassion messieurs, mesdames! Les pauvres n’en finissent plus d’attendre!

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