Un champion du monde de course d’orientation au Lycée français de Toronto

«Mon boulot, c’est ma passion»


20 octobre 2009 à 16h42

Devant un parterre composé d’élèves du Lycée français de Toronto, le septuple champion du monde de course d’orientation Thierry Gueorgiou a fait un longue présentation de son rêve devenu réalité: accéder au sommet mondial de sa discipline. C’est le professeur de sport du LFT, Christophe Goutaudier, lui-même adepte de course d’orientation, qui a contacté le sportif qui passe ses vacances dans l’Est de l’Amérique du Nord.

Thierry Gueorgiou est, pour reprendre l’expression attitrée, «tombé dedans lorsqu’il était petit». Ses deux parents, professeurs d’éducation physique et sportive étaient les entraîneurs du club local de course d’orientation. Il a donc commencé à manier la carte et la boussole en famille dès le plus jeune âge, soit à quatre ans.

«Le contexte m’a été très favorable», reconnaît le champion. «Au début, je pensais pas à ça comme un sport, c’était plus pour passer des après-midis dans la forêt avec mes copains», explique-t-il aux jeunes du Lycée.

100 000 adeptes en Scandinavie

En France, ce sport ne représente que 7000 licenciés. Mais Thierry a eu beaucoup de chance, ses parents lui ont très tôt permis de «se frotter aux meilleurs de la discipline», les Scandinaves, en partant régulièrement en vacances dans le Nord de l’Europe. «La Suède est le premier pays au monde en nombre de licenciés, il y a en a 100 000», indique Thierry.

Le déclic, il l’a eu en 1987 lorsque la France a organisé les championnats du monde de course d’orientation. Porté par la liesse, Thierry encourage les coureurs sans savoir qui ils sont. Il voit le gagnant soulevé par la foule, il se dit : «Ça doit être cool d’être à sa place!»

Battre les Scandinaves

Le rêve est né. Tous les jours, sur le trajet qui l’emmène à l’école dans sa vie de St-Étienne, le jeune coureur s’imagine battre le champion du monde.

Rapidement, et grâce au peu de concurrence dans ce sport, il intègre l’équipe de France et participe aux championnats du monde juniors. Poussé par sa famille, il gravit les échelons de la hiérarchie mondiale jusqu’à sa participation aux championnats du monde en 2001. Il termine loin du premier, son rêve se brise. «Je me disais que je ne pourrais jamais battre les Scandinaves», admet-il.

Mais un champion se construit dans l’adversité. Il change de méthode de travail, relâche la pression et devient deux ans plus tard champion du monde en Suisse devant deux Norvégiens. «Il faut poursuivre son rêve quand on a une difficulté. Ne jamais baisser les bras», glisse-t-il aux élèves.

800 heures par année

À 30 ans, Thierry s’entraîne près de 800 heures par année et n’est pas chez lui les 2/3 du temps. Il peut le faire grâce à ses commanditaires, à ses résultats et aux collectivités locales et régionales.

Tous les ans, il doit trouver 60 000 euros pour ses besoins professionnels. Loin d’être médiatisé, comme d’autres sports, la course d’orientation est en plein essor en Europe, avec le regain d’intérêt pour l’environnement et la nature.

D’ailleurs, rien d’étonnant à voir les Scandinaves squatter le haut du tableau: «Ils ont un rapport à la nature assez profond. Ce sont tout ce qu’on appelle les spots nordiques. Ils sont toujours fourrés dehors, par n’importe quel temps. Ils ont inventé ce sport vers 1900», avance Thierry, qui est licencié dans un club en France et dans un club en Finlande.

Quelques clubs chez nous

En Amérique du Nord, la pratique de ce sport reste confidentielle même si plusieurs clubs existent aux alentours de Toronto.

Les élèves du Lycée français de Toronto ont déjà participé grâce à leur prof Christophe Goutaudier à plusieurs compétitions et semblent avoir bien accroché avec la discipline, pour preuve, ils ne lâchaient plus le champion du monde au moment de faire signer des autographes

La course d’orientation reste un sport très abordable pour la plupart des gens, peu cher, il ne faut qu’une paire de chaussures de sport et un petit peu de jugeote pour se repérer sur la carte.

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