Un bateau canadien dans la flotille pour Gaza?

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Poste Canada a annoncé récemment que l’administration postale d’Israël avait suspendu la distribution du courrier dans la bande de Gaza. Parallèlement, plusieurs organisations canadiennes s’organisent pour envoyer un bateau qui forcera le blocus israélien pour délivrer du matériel à Gaza. Le Syndicats des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) invite à faire expédier du courrier sur ce bateau.

En entretien avec L’Express, Denis Lemelin, à la tête du STTP, souligne l’engagement du syndicat «pour l’autodétermination du peuple Palestinien», expliquant que l’annonce du soutien de l’envoi d’un bateau canadien à Gaza fait partie de la ligne officielle: «Le STTP a pris position depuis deux ans par rapport au conflit au Moyen-Orient. On est favorable au mouvement BDS, boycott, désinvestissement et sanction contre Israël.»www.bdsmovement.net

«Par rapport à ça, on se devait de dire quelque chose, de se positionner par rapport à la question du courrier non délivré à Gaza. On encourage les gens à contacter les organisateurs de la flottille canadienne, c’est une manière de dénoncer cet abus de plus infligé à la population.»

Départ de Méditerranée cet automne

Co-fondateur d’Alternatives, actif depuis 30 ans dans le mouvement pour la justice sociale aux niveaux national et international, Stéphan Corriveau est l’un des organisateurs du projet Bateau Canadien pour Gaza.

«La mobilisation a été spontanée, il y avait des discussions informelles depuis un an et demi et tout s’est accéléré lorsque trois canadiens qui étaient à bord du Mavi Marmara ont fait une tournée à travers le Canada pour raconter comment ça s’est passé. Après ces témoignages, les gens se sont décidés à intervenir. L’opération a été lancée vers fin juin dernier.»

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«La date de départ n’est pas encore précise», explique-t-il, «c’est une organisation de grande envergure qui doit être coordonnée avec d’autres initiatives dans une dizaine de pays. Chacune doit recueillir une somme importante, acheter les bateaux et les charger de matériel».

Si les organisateurs ont encore du pain sur la planche, ils tablent quand même sur un départ vers fin octobre, début novembre. Ce départ ne se fera pas du Canada mais très probablement d’un port en Méditerranée où le bateau devrait être acheté.

«Le bateau n’a pas encore été acheté, on est en pleine activité de financement», explique Stéphan Corriveau qui précise que le navire sera relativement petit par rapport à ceux affrétés par des organisations basées en Europe. «On cherche un bateau d’un tonnage raisonnable qui pourra embarquer environ 40 personnes. Certaines organisations prévoient des bateaux avec un millier de personnes à bord!»

Selon lui, le prix du bateau devrait tourner autour des 200 000 $, avec les frais d’enregistrement, l’équipage qu’il faudra payer et l’assurance, le tout devrait coûter environ 300 000 $.

«C’est une corporation à but non lucratif qui va être propriétaire du navire. On demande un enregistrement comme n’importe quel Canadien et le bateau peut battre pavillon canadien. La loi de la mer nous autorise à aller là où l’on veut tant que l’on n’a pas d’objectif belliqueux», explique Stéphan Corriveau.

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«On va charger le bateau de matériel humanitaire, scolaire, hospitalier, des ordinateurs, des fauteuils roulants… tout va être contrôlé par des inspecteurs», continue-t-il. Le matériel sera probablement acheté à proximité du lieu de départ du bateau pour des questions de facilité, mais le matériel donné ici sera envoyé au port de départ.

La dizaine de bateaux affrétés par diverses organisations dont un grand nombre basées en Europe, se donnera rendez-vous quelque part en Méditerranée avant de faire route vers Gaza.

Hostilité du gouvernement Harper

Selon Stéphan Corriveau, l’opération est rendue assez difficile par l’hostilité du gouvernement Harper: «Le gouvernement est ferme à l’égard de Gaza et certaines associations hésitent à s’impliquer de peur de perdre des subventions».

De son côté, l’organisme Voix Juives Indépendantes (VJI), qui soutient l’initiative Bateau Canadien pour Gaza, subit également des pressions.

Selon Sid Shniad, porte-parole de l’organisation composée de juifs de différentes origines militant pour la paix et l’égalité des peuples au Moyen-Orient, VJI est «opposée à beaucoup des positions de base du congrès juif canadien et d’autres organisations juives».

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Il cite notamment un exemple de pression indirecte, exercée sur une association amie: «VJI travaille étroitement avec United Church, le Congrès juif canadien a mis la pression sur United Church pour qu’ils se distancient de notre organisation», explique-t-il. Cependant, il estime que «si les bureaucrates au sommet de United Church se sont un peu éloignés, la base de l’organisation continue de coopérer avec VJI».

Une soirée-bénéfice pour l’initiative Bateau Canadien pour Gaza sera organisée le 25 septembre à Toronto à bord du bateau Jubilee Queen.
www.canadaboatgaza.org

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