Un avenir local

Le pétrole bientôt à 200$ le baril selon l'économiste Jeff Rubin

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«Quatre des cinq dernières grandes récessions sont dues à des crises pétrolières» affirmait Jeff Rubin le 16 juin dernier devant le Toronto board of Trade. L’ex-économiste en chef de la CIBC a récemment sorti son livre Why the world is about to get a whole lot smaller dans lequel il prévoit une augmentation du prix du baril qui atteindrait plus de 200$ d’ici 2012 et où il décrit les conséquences d’une telle hausse.

Selon Jeff Rubin la crise économique et financière actuelle trouve ses origines dans le prix du baril. Si l’on en croit ses prévisions, l’avenir ne semble pas meilleur. Et pour cause, plusieurs facteurs continuent de faire augmenter la consommation de pétrole plus rapidement que l’offre.

La mondialisation est l’une des principales causes de cette augmentation de la demande dans la mesure où les transports sur de très longues distances, aériens notamment, sont de plus en plus nombreux.

Transports publics et privés

Concernant nos véhicules il explique que, même si ils sont «plus économiques, ils sont aussi plus puissants donc consomment, au final, autant que ceux des années 70» ajoutant qu’«avec le développement des banlieues on utilise beaucoup plus la voiture».

De leur côté, les économies émergeantes telles que la Chine et l’Inde ainsi que d’autres pays en développement ont un besoin croissant de pétrole et voient de plus en plus de gens circuler en voiture.

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En Amérique du Nord, selon l’économiste, il faudrait privilégier d’autres moyens de transport. «L’industrie automobile ne se relèvera pas de la crise» et l’argent des contribuables utilisé pour tenter de la redresser «devrait plutôt être investi dans les transports publics».

Insistant sur leur manque d’efficacité, il ajoute qu’à Toronto «si les gens décidaient de prendre plus souvent les transports en commun, la TTC n’aurait pas la capacité de l’assumer».

Il y a encore du pétrole

«Géologiquement, il y a encore du pétrole», explique Jeff Rubin mais «les prix pour l’extraire deviennent trop élevés». «Nous sommes face à un défi à relever auquel personne ne s’est encore adressé» affirme-t-il.

Et la réponse, selon lui, ne réside pas dans le développement de nouveaux carburants mais dans une baisse de la consommation de pétrole. La société sera forcée de se réorganiser petit à petit, «les gens se rapprocheront des centres-villes, nous allons devoir devenir plus européens». Au niveau des transports il prévoit le développement des transports en bateau et une baisse du trafic aérien «ça deviendra difficile de voler, on prendra des vacances plus près de la maison».

Pas le choix

«La chose la plus significative pour résoudre le problème serait de passer d’une économie globale à une économie locale» préconise-t-il. En effet, l’augmentation du prix du pétrole, dont nous avons besoin pour transporter denrées alimentaires et matériaux, entraînera une hausse du prix des aliments et des biens qui nous obligera à consommer local le plus possible.

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«Il ne s’agit pas d’être local pour être vert ou préserver les cultures mais parce que le contexte économique ne laissera pas le choix», affirme Jeff Rubin.

La bonne nouvelle est que ce changement de mode de vie orienté vers le local devrait créer des emplois, «ce qui été produit en Chine sera produit ici» à un coût plus élevé bien sûr, «on fera peut-être plus attention à la qualité, on achètera moins et on réparera davantage». Pour ceux qui pourraient avoir peur d’un tel scénario, il prétend que «tout cela n’a pas à être apocalyptique, sauf si on continue à vivre comme ça».

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