Troisième album pour le rappeur de l’Outaouais ZPN

Un sage novice


10 mai 2011 à 10h59

Amateur de musique rap depuis son adolescence en France, ZPN, alias David Muipatayi, a depuis pris le micro et sorti trois albums dont le dernier qui est dans les bacs depuis quelques jours. Première classe, lancé fin avril à Ottawa, traite de sujets tels que l’égalité homme-femme et le respect que doivent avoir les premiers envers les secondes, ou encore de politique. ZPN était à Toronto en milieu de semaine dernière pour parler de son album Première classe, qui s’est fait attendre cinq longues années.

Élevé aux sons de groupes comme NTM, IAM, Assassins, ou de rappeurs solo comme MC Solaar, ZPN place la barre haute dans ses textes et dans les sujets qu’il décortique. Depuis ses débuts en 1999, sa plume s’est acérée et la recherche de la précision devenue le but ultime de son écriture.

«Je me considère encore novice dans l’écriture et j’admire des artistes comme Solaar, Ahknaton, Shurik’n. Tu te dis «mais comment il a fait pour penser à un truc pareil». Je pense que l’écriture était au fond de moi. Mon premier texte ressemblait à une rédaction d’école, mais à force tu comprends la structure, ça devient plus simple de développer un sujet.» Avec trois minutes pour faire comprendre de quoi on parle la chanson s’apparente à un exercice d’équilibre où chaque mot doit être soupesé pour rester synthétique dans la forme. ZPN garde toujours cette idée en tête: «Tu dois trouver une manière d’être le plus précis possible pour atteindre ton objectif».

Arrivé de France au milieu des années 90, David Muipatayi rejoint son frère à Ottawa et reprend ses études.

Il écrit son premier texte et s’inscrit à un concours de chant. Il est le seul rappeur et remporte le prix du public. Il saisit cette formidable opportunité pour se faire des contacts et rapidement on lui demande de faire des spectacles. Assurer un minimum de spectacle ne lui pose pas de problème, mais pour tenir 40-50 minutes sur scène il faut du matériel, des chansons et des morceaux. Et ça, à l’époque il ne l’a pas.

Avec d’autres rappeurs, il monte Afroconnexion et sortent un premier album en 2002. Il n’y en aura pas d’autres, toutes les tentatives ont ensuite avortées.

Alors ZPN embarque pour une carrière solo. Au début, ses textes sont acerbes, énervés, mais avec l’expérience, il apprend à passer cette émotion dans le texte et non dans la forme.

«Je parle de politique, de près ou de loin, les stéréotypes de notre monde et les problèmes qui viennent avec ça. Je parle aussi beaucoup de famille, dans mon dernier album il y a une chanson qui s’appelle «Pour la femme». La première différence entre les hommes c’est le sexe. Le clash homme-femme doit être réparé. Il faut revaloriser la femme en tant qu’être humain. Reconnaître ce que nos mères, grand-mères, sœurs ont fait pour la société.»

À mille lieues des rappeurs «gangsta» qui mettent en avant le côté femme-objet achetée et dévalorisée à coup de liasses de billets.

Ancré dans le milieu hip-hop de l’outaouais, ZPN pense que le rap a un bel avenir devant lui en français.

«Il y a beaucoup de jeunes qui écrivent de bonnes choses.» Et pour être certain que la tradition continue, ZPN donne des ateliers dans les écoles francophones.

«La musique en français ce n’est pas cool chez les jeunes, mais quand tu viens leur montrer ton rap en français ça devient cool. Ça leur permet de voir ce qu’on peut faire avec le français. Je donne aussi des ateliers d’histoire du mouvement hip-hop et de break dance. D’un côté ça ouvre les yeux aux jeunes, mais aussi aux écoles.»

Sur la voie de ses maîtres, ZPN pense déjà à transmettre son savoir.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Le Prix Jeanne Sabourin à Claude Guilmain

Prix Jeanne Sabourin
9e Gala Reconnaissance de Théâtre Action
En lire plus...

18 juin 2018 à 15h59

Accueil «par et pour» les francophones à l’aéroport Pearson

Une initiative à répéter dans d’autres aéroports au pays
En lire plus...

18 juin 2018 à 14h59

Marche gastronomique dans Chinatown

Dix plats dans six restos en deux heures et demie
En lire plus...

18 juin 2018 à 10h00

Quand les « indiennes » ont révolutionné la mode européenne

Pour saisir le sens et l’importance d’une découverte, il faut se replacer à l’époque où celle-ci a été faite. En Europe, dans le passé,...
En lire plus...

17 juin 2018 à 11h00

Errer entre deux mondes

Guy Bélizaire vient de publier À l’ombre des érables et des palmiers, un recueil de nouvelles dont certaines sont écrites au « je ». Est-ce une...
En lire plus...

17 juin 2018 à 9h00

Quiz : Le lundi de la matraque

quiz
Ça brassait au Québec dans les années 60-70: le Lundi de la matraque en est un épisode mémorable.
En lire plus...

17 juin 2018 à 7h00

Suer pour rester en santé

santé
Recherche et activité physique : un demi-siècle de médecine préventive
En lire plus...

La schizophrénie du placenta

On savait déjà que les sources de la schizophrénie étaient en partie génétiques. Et une hypothèse veut depuis longtemps que des complications pendant la...
En lire plus...

16 juin 2018 à 7h00

High Park, un espace de verdure au cœur de la ville

High Park
Visites Express
En lire plus...

15 juin 2018 à 17h00

Un pavillon des saveurs francophones à la FrancoFEST de Hamilton

FrancoFEST Hamilton
Le Couleur, Céleste Lévis, Jacobus, Claude Bégin, Jamie Adkins...
En lire plus...

15 juin 2018 à 15h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur