Treize histoires à suivre en 2013

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Des événements prévisibles, des enjeux qui vont franchir une étape importante et au moins un qui aurait intérêt à la franchir. Voici notre liste de choses à ne pas oublier cette année.

Votre vie sous toutes ses coutures

• Les drones. Vous vous inquiétez pour les grignotements progressifs de votre vie privée à travers Facebook ou Instagram? Vous n’avez encore rien vu avec les drones: eux qui étaient il n’y a pas si longtemps la chasse gardée des militaires, auront des dizaines de milliers de cousins commerciaux dans les prochaines années, pour différentes activités de surveillance. Et les coûts diminuent si vite que le voisin désireux de jeter un œil indiscret sur ses voisines pourrait bientôt avoir son propre drone. Le cadeau de Noël 2013?

La vie reprogrammée

• Les cellules souches, encore. Après des années d’attente, devraient être enfin publiés les premiers résultats des premières expériences médicales impliquant des cellules souches embryonnaires sur des humains. Une trentaine de personnes ont été traitées pour une maladie dégénérative des yeux normalement incurable. On est loin des traitements miracles annoncés dans les années 1990, mais on continue: la compagnie Advanced Cell Technology espère en plus avoir l’autorisation, en 2013, d’entreprendre une semblable expérience, cette fois avec des cellules souches adultes «reprogrammées» (celles-là mêmes qui ont valu le Nobel de médecine 2012).

• Gènes brevetés. Par ailleurs, c’est une histoire remontant elle aussi aux années 1990 qui effectuera peut-être un demi-tour en 2013. La Cour suprême des États-Unis doit réexaminer ce printemps la question du brevetage des gènes. Dans deux cas, des brevets détenus respectivement par Myriad Genetics et Monsanto, une décision défavorable aux compagnies signifierait que pour la première fois depuis que les firmes de biotechnologie ont commencé à collectionner ces brevets (y compris sur des gènes humains), ce «droit» ne serait plus absolu.

La planète reprogrammée

La météo extrême. Prévision facile: il y aura des événements météorologiques extrêmes, canicules, tempêtes tropicales entraînant des inondations, etc. Prévision impossible: y en aura-t-il plus ou moins qu’en 2012? Mais tous les climatologues s’entendent pour dire qu’on aura des surprises, et pas des bonnes.

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La fonte des glaces de l’Arctique retiendra plus que jamais l’attention. Qu’elle batte ou non un nouveau record l’été prochain, la baisse généralisée de la dernière décennie serait trop rapide pour ne pas avoir une influence sur les courants marins et atmosphériques, et c’est bien là ce qui inquiète, parce que personne n’est en mesure de prévoir à court terme ce que seront ces premiers impacts.

La nouvelle édition du rapport du GIEC, toujours controversé. La première partie du rapport du groupe de travail sur la science du réchauffement doit paraître en septembre. Les conclusions sont déjà connues: le climat évolue plus vite que prévu, et pas dans le bon sens. La grosse question, à ce stade de la rédaction, est sémantique: quels adjectifs feront consensus parmi les auteurs provenant d’un nombre aussi disparate de disciplines et de pays?

Vers les autres planètes

• Curiosity atteindra en fin d’année, si tout roule pour elle, la base de cette montagne qui se montre à l’horizon de la plupart des photos depuis son arrivée sur Mars: Aeolis Mons ou Mont Sharp. Un pic de 5 km de haut au centre d’un cratère, qui pourrait avoir gardé des traces de sédiments sur son pourtour, si ce cratère a bel et bien, comme on le soupçonne, été jadis rempli d’eau.

• … et les autres. Mais on ferait bien de garder un œil sur les Chinois… et les Indiens! Avant la fin de l’année, l’Administration spatiale chinoise est censée lancer vers la Lune la sonde Chang’e 3. Contrairement aux deux premières qui, en 2007 et 2010, se sont mises en orbite, Chang’e 3 doit alunir. Si elle y parvient, ce sera le premier engin humain à mettre une patte sur la Lune depuis 1976.

Ne voulant pas être en reste, les Indiens mettent eux aussi les bouchées doubles : en novembre, ils sont censés lancer Mangalyaan, leur première sonde vers Mars.

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Accessoirement, le tourisme spatial sera lui aussi dans le décor, mais fera davantage jaser que révolutionner. Bien que près d’un millier de personnes aient déjà réservé un billet —200 000 $ — pour un «vol spatial» chez la compagnie Virgin Galactic, et bien que celle-ci annonce son «vol spatial» inaugural en 2013, les guillemets sont de mise: on parle d’un vol suborbital, c’est-à-dire qui se limite à franchir la ligne des 100 km d’altitude et à redescendre tout de suite. Pour l’envoi de touristes jusqu’à la station spatiale, ou la Lune!, il faudra attendre encore un peu.

• La comète ISON. En gardant les pieds sur Terre, il sera possible d’assister à un événement astronomique rare, une super-comète appelée ISON. Sa taille et la distance à laquelle elle s’approchera du Soleil en novembre promettent d’en faire le spectacle de la décennie, voire plus, prédisent déjà certains astronomes. Mais les plus vieux se souviennent d’une certaine comète Kohoutek dont on prédisait également beaucoup et ils attendent de voir…

Vers l’Univers

• La lueur du Big Bang. Ce n’est pas Google Maps, c’est mille milliards de fois mieux: une carte de l’après-Big Bang que s’apprête à dévoiler l’équipe du télescope spatial européen Planck. Lancé en 2009, celui-ci s’emploie, depuis cette date, à cataloguer le faible rayonnement électromagnétique, la «lueur» résiduelle du Big Bang, en quelque sorte. Ce sont les toutes premières mesures de ce rayonnement en 1965, ou fond diffus cosmologique, qui ont apporté la première preuve tangible du Big Bang. La matière sombre et l’énergie sombre pourraient aussi commencer à se dévoiler à travers ces données amassées par Planck.

• Une nouvelle physique? Après le boson de Higgs, difficile de croire que la physique réserve une aussi grosse annonce deux années d’affilée (et le boson, lui, était prévu dès le début de 2012). Toutefois, comme il y a bien longtemps que des physiciens prétendent entrevoir une fenêtre sur «une nouvelle physique», on n’a rien à perdre à en faire une prévision. Tôt ou tard, quelque chose se dévoilera, permettant de voir au-delà du Modèle standard, cette explication de la structure de l’Univers qui tient le coup depuis des décennies, en dépit de ses failles. Si ça devait se produire, les paris sont ouverts sur le Large Hadron Collider (LHC), lorsque ses physiciens plongeront dans les masses astronomiques de données récoltées par leurs myriades de particules en collision.

• Une nouvelle façon de faire la science? Accès libre aux données et rétractations d’articles: ces deux tendances en apparence contradictoires seront plus que jamais au cœur des réformes que la communauté scientifique doit s’imposer. À l’heure où il devient clair que le «publier ou périr» produit des distorsions, et à l’heure de la transparence 2.0, quelque part en Europe, un autre gouvernement imposera tôt ou tard l’accès libre et gratuit aux recherches financées par ses soins. Tandis que d’autres mini-scandales conduisant à d’autres recherches retirées des archives d’une revue conduiront certains éditeurs à resserrer leurs normes de publication : une façon — on peut rêver — d’obliger les chercheurs moins scrupuleux à publier moins, mais mieux.

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• On parlera très peu des Mayas en 2013.

www.sciencepresse.qc.ca

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