Toronto anecdotique, humoristique, poétique

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Pour la deuxième année consécutive, la Société d’histoire de Toronto a fait découvrir la Ville Reine telle que vue par les romanciers, poètes, nouvellistes et essayistes franco-ontariens.

Son Historitour du dimanche 8 septembre a permis aux amoureux de l’histoire et de la littérature de savourer des passages très «torontois» des écrivains Gérard Bessette, Pierre Karch, Roseann Runte, Paul Savoie et Philippe Garigue, entre autres.

Le guide Paul-François Sylvestre a présenté des extraits littéraires d’une douzaine d’écrivains, chaque texte étant lu par Guy Mignault.

Le départ de cette visite historico-littéraire s’est fait devant l’église du Sacré-Cœur, et c’est l’historien Gaétan Gervais qui a rappelé que «l’abbé Philippe Lamarche est resté longtemps le personnage le plus marquant de la communauté francophone de Toronto».

Dans le parc Allan Gardens, on a pu entendre le romancier Gérard Bessette décrire des Torontois «de famille orangistes rep by pop mazodelarochiens puis demi-orangistes quart-d’orangistes peu à peu bon-entendistes».
Puis, un rare poème de la professeure Mariel O’Neill-Karch a peint de multiples facettes de Toronto: lointaine ville de York, continuous strip show, Hog Town, Chic-Chouville.

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Le groupe s’est ensuite déplacé vers le 354, rue Jarvis. C’est aujourd’hui une section de l’École nationale de ballet, mais c’est là que le poste CJBC a pris son envol.

Le texte choisi était le mot de bienvenue lu par l’animateur Jacques Gauthier, à 5 h 57 le 1er octobre 1964. Et, plus près de nous, un commentaire du comédien Robert Godin qui, dans sa jeunesse, pensait que «tout le monde habitait des maisons de vingt-cinq pièces et parlait français à Toronto»!

Le texte le plus humoristique – et peut-être le clou de cet Historitour – demeure sans doute un savoureux extrait du roman Noëlle à Cuba, de Pierre Karch.

La touriste québécoise Sophie demande à un chanteur s’il donne des spectacles à Montréal. Non, il ne chante qu’à Toronto parce qu’il est né là!

«– Comment vous avez fait ça? Ça n’a pas d’allure. Vous parlez presque aussi bien que nous autres. Il n’y a pas de Français à Toronto, enfin pas de vrais.

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– Il y a moi.

– Ah! bien. Ça parle au diable. Regarde Roland, c’est un Français de Toronto. As-tu jamais vu ça, toi?»

Un arrêt dans le Village gai a souligné l’origine du drapeau de la communauté homosexuelle et a rappelé, grâce à un extrait de Frousse à Santo Domingo de Paul-François Sylvestre, un procès historique qui a plongé le magistrat Alexander Wood dans un scandale homophobe en 1810.

Pour Paul Savoie, Toronto demeure une étrange place pour la simple raison qu’elle se présente à lui «comme une sorte de rideau-tampon, tantôt sombre tantôt lumineux».

Dans son récit À tue-tête, il avoue vivre dans sa demeure «comme dans un sanctuaire / une cellule dans un monastère / tout se définit selon des contours et des angles légèrement obscurcis par des ombres / j’habite ce lieu mais il ne m’habite pas».

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La visite s’est terminée par un élan poétique, celui de Philippe Garigue. Dans De la condition humaine, il porte son regard vers Queen’s Park, vers cet «Édifice emphatique / d’un passé d’Empire / avec façades et espaces / de grandes fonctions / et décors baroques / d’éloquence surannée.»

Le prochain Historitour aura lieu le dimanche 20 octobre et portera sur «Les meilleures places au cimetière Mount Pleasant». Départ à 14 h à la grille d’entrée du cimetière sur Yonge, au nord de St. Clair (métro St. Clair).

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