Too True To Be Good à Niagara-sur-le-lac

Tout est vanité

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De Bernard Shaw, on reprend cet été, au festival qui porte son nom, Too True To Be Good que j’avais eu le plaisir de voir en 1982.

Une jeune fille riche, la Patiente (Nicole Underhay) que sa mère considère malade chronique, décide, un jour, de changer de décor, de rôle et d’attitude. Elle participe à son enlèvement et au vol de son propre collier de perles de grande valeur avant d’accompagner ses ravisseurs sur une plage nord-africaine.

À la fin du premier acte, Microbe (William Vickers) dit à l’auditoire que l’action est plus ou moins terminée, mais qu’au cours des deux prochains actes, les personnages vont secouer quelques idées reçues pour en faire tomber la poussière et les montrer sous un jour inhabituel.

Des idées décapantes

Au sujet de la médecine, le docteur (David Jansen) avance qu’il est plus facile de croire aux médicaments qu’en soi-même.

Sur les relations parents-enfants, la Patiente prétend que le monde idéal en est un sans parents.

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On propose la thèse suivante sur les classes sociales: seuls les riches peuvent se permettre d’être honnêtes.

Les idées de Shaw ne sont pas toujours aussi originales. Dire, par exemple, que l’humanité déçoit toujours, et la nature jamais rappelle la position philosophique et romantique de Rousseau. C’est celle du colonel aquarelliste (Benedict Campbell).

Comme il est, aujourd’hui, beaucoup question de guerre, on ne sera pas insensible à l’idée que la guerre bouleverse tout. Ce qui semblait vrai avant ne l’est plus. Et il n’y a pas de différence entre les actions commises pendant la guerre et celles commises en temps de paix.

La thèse la plus développée est celle du féminisme. La Patiente, qui s’est évadée de la maison maternelle, perd vite ses illusions sur les hommes. De fait, elle découvre que tout le monde lui a menti sur les questions les plus essentielles de la vie.

À la fin, sa mère (Mary Haney) la retrouve et les deux décident de partir ensemble. Mais leur relation sera différente : elles se traiteront en égales et, si elles n’y réussissent pas, elles se quitteront.

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Mise en scène

On doit la mise en scène à Jim Mezon que l’on connaît mieux dans le rôle de comédien. Il souligne le côté surréaliste de cette «comédie sérieuse». Au début, des croque-morts entourent le lit de la Patiente. Ils la soulèvent et la portent comme un cercueil.

À la fin, le Voleur (Blair Williams), qui est aussi un prédicateur, prend la parole et fait un sermon qui s’étire en longueur et qui chasse les autres personnages du plateau.

L’éclairage baisse peu à peu et les lumières s’éteignent tout à fait alors qu’il reconnaît la vacuité de son discours, ce dont il s’accommode fort bien. Ainsi, l’obscurité remplace les lumières comme le vide succède à toutes les idéologies. C’est ce que nous font voir les éclairages de Alan Brodie et la mise en scène de Mezon qui a le grand mérite d’avoir réuni une équipe qui ne laisse paraître aucune faiblesse.

Too True To Be Good, au théâtre Court House, jusqu’au 7 octobre 2006. Billetterie : 1.800.511.SHAW ou www.shawfest.com

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