Tikal en plein cœur du monde perdu

La Grande Place de Tikal, au Guatemala, l’un des sites historiques les plus riches d’Amérique centrale.

23 septembre 2014 à 10h33

Qui se souvient de la base des rebelles sur la quatrième lune de Yavin, dans le film culte de George Lucas, Star Wars, 1977? La séquence s’ouvre sur les sommets perdus dans la jungle du site archéologique Tikal au Guatemala.

C’est précisément ce que je regarde depuis le haut de la pyramide (quelque 200 marches pour y parvenir). Pointant à travers l’émeraude d’une forêt dense, les dômes d’un ensemble de pyramides, «Le monde perdu», appellent à la découverte.

Une richesse incroyable

Sans nul doute, le site le plus important et le plus célèbre de l’Amérique centrale, Tikal («le lieu des échos») fut pendant 2000 ans la ville la plus importante du monde Maya. 10 000 structures peuplent les 176 km carrés du site dont seulement 15 % ont été dégagés.

Ensevelis dans la jungle, temples et villages emportent avec eux le secret d’une des civilisations les plus importantes et les plus prestigieuses au monde.

Une journée ne suffit probablement pas pour découvrir et méditer sur ce site inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais elle permet de se faire une idée de l’importance de ce monde perdu.

Au gré du sentier couvert par des arbres aux larges feuilles et aux racines dénudées, je chemine d’une pyramide à l’autre, apprenant sur les lieux sacrés des rituels et sur l’architecture (les pyramides vont toujours de pair, identiques; une à l’est, l’autre à l’ouest, entourant souvent des stèles racontant des pages d’Histoire) jusqu’à m’arrêter, médusée, sur des ensembles architecturaux représentant palais, villages et stades de jeux de balle. J’y admire successivement l’harmonie des ensembles, l’acoustique incroyable et l’agencement des constructions.

Les ensembles les plus impressionnants restent ceux du Monde perdu et celui de la Grande Place.

Le premier s’étend sur environ 60 000 mètres carrés et comprend une trentaine de structures. Sa plus haute pyramide culmine à 30 mètres. C’est le noyau le plus ancien de l’empire maya (600 ans avant JC). L’ensemble formé, entre autres, par cette pyramide et trois autres édifices a une signification astronomique associée à l’observation des étoiles, du soleil et de Vénus, des équinoxes et des solstices.

Le second est le cœur du site archéologique de Tikal. Immense, il révèle un ensemble harmonieux de palais, de patios, de temples et d’autels, de stèles et de sépultures.  Deux immenses pyramides (60 m de haut) semblent le délimiter.

Au cœur du complexe se trouve une sépulture que l’on attribue au fondateur de la dynastie. La majesté des lieux ainsi que son âge (le plus ancien édifice remontant à 150 ans avant Jésus Christ).

En grimpant au sommet de la pyramide je peux dominer le site pour mieux en apprécier la perfection architecturale la préservation des édifices au cœur d’une jungle épaisse. Si près du ciel, je me prends à méditer sur cette civilisation perdue et quelque peu oubliée, pourtant si puissante et dominante.

Une forêt habitée

Tikal n’aurait pas autant de superbe s’il n’était pas niché au creux d’une jungle dense et sauvage où les fromagers se disputent avec les sapotilliers. Un entrelace de lianes et de racines rend la progression difficile et l’air lourd de senteurs et de moiteur. Le panel de vert et d’émeraude s’anime de bruits et de mouvements.

Des légions de fourmis circulent entre ciel et terre, bien décidées quant à leur chemin à suivre. Souvent porteuses de feuilles ou de cadavres d’insectes, les fourmis émettent un grésillement assourdissant en frottant leurs antennes. Attention, certaines sont très agressives et carnivores!

Viennent ensuite les tarentules qui captent mon attention avec leur mouvement rapide au sol. S’il faut se méfier de leur morsure, elles sont en général plutôt timides. Comme le sont les jaguars et autres félins de la forêt qu’il est rare de croiser.

Ce qui n’est pas le cas des fourmiliers et des singes-araignées et singes hurleurs qui se manifestent volontiers au sol ou dans les cimes des arbres. Peu craintifs, ils n’hésitent pas à s’approcher de moi.

Quand la forêt retentit de leurs cris, de celui des perroquets, toucans et autres oiseaux qui viennent se retrouver à la tombée du jour, le site perd de son silence minéral et devient un lieu bruissant d’une étrange rumeur. Celle qui entretient mystère, chimère et légende.

Pensive, je regarde droit devant moi, au-dessus de cette mer de verdure d’où émergent des toits de pierres, autant de lieux de vénération, de rassemblement et de sacrifices. Ceux-là mêmes, qui, loin du site, font encore parler bien des langues.

Renseignements

Infos : www.visitguatemala.com
Où dormir? www.laslagunashotel.com

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