TIFF 2016: fantômes, monstres et possessions

Amy Adams dans ARRIVAL de Denis Villeneuve.
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Le rideau est tombé dimanche soir sur dix intenses journées du Festival international du film de Toronto 2016.

Si vous avez suivi les médias sociaux de L’Express, vous avez une bonne idée du rythme frénétique auquel a vécu le centre-ville ces deux dernières semaines: stars, tapis rouges, réceptions, hommes d’affaires pressés, files d’attente frénétiques, fans hystériques…

Mais comme si cela n’était pas suffisant, il fallait un peu plus d’adrénaline pour rester éveillé et alerte: c’est là que la sélection 2016 de films de science-fiction, d’horreur, et de genre du festival entre en jeu, avec les programmes Midnight Madness et Vanguard en tête!

Retour vers le futur

Après une absence remarquée en 2015, la science-fiction effectuait son retour au festival avec quatre films remarqués dont, Arrival, le nouveau chef-d’oeuvre de Denis Villeneuve.

Le canadien signe ici son Rencontres du troisième type en livrant un film de studio hollywoodien en anglais, aux thèmes proches du classique de Steven Spielberg, étendu à l’échelle de la planète et qui explore les possibles réactions des différentes cultures à un premier contact global avec des extraterrestres.

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Amy Adams y est fantastique et le travail de réalisation à la hauteur de nos attentes pour une histoire d’une telle envergure.

Autre film canadien du genre, ARQ, écrit et réalisé par Tony Elliot (Orphan Black), nous emmène dans un futur proche après une guerre mondiale déclenchée par une multinationale énergétique avide de profit ou un couple de scientifiques, prisonniers d’un laboratoire et d’une boucle temporelle, protège une source d’énergie infinie au potentiel de sauver l’humanité, des attaques répétées d’un groupe de terroristes.

Les réminiscences de Groundhog Day et de Edge of Tomorrow sont omniprésentes, mais le scénariste et réalisateur s’en tire plutôt bien et le film est assez agréable à suivre.

Blind Sun, thriller efficace de la Libanaise Joyce A. Nashawati, porte bien son titre: Ashraf, un immigrant turc, est pris dans les mailles d’un système administratif corrompu alors qu’il tente de récupérer ses papiers, tout en gérant la villa luxueuse dont il est le gardien temporaire et le manque cruel d’eau, dont les effets pervers sur sa santé mentale se font rapidement sentir.

Ce long-métrage à la tension lente, envahissante, et à l’ambiance parfaite de canicule méditerranéenne, nous donne une sensation réaliste de ce que pourrait être notre futur proche si le réchauffement global se poursuit.

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The Bad Batch fait état d’une autre sorte de manque, celui de nourriture dans une prison désertique ou plusieurs factions tentent de survivre à leur manière. Sorte de Mad Max mélangé à New York 1997, le film d’Ana Lily Amirpour, réalisatrice du très remarqué A Girl Walks Alone At Night en 2014, nous conte les aventures quelque peu dérangeantes d’Arlen (Suki Waterhouse), suite à son évasion du garde-manger où elle était retenue à des fins nutritives, y laissant tout de même un bras et une jambe.

La jeune fille cherche son chemin et son futur dans le désert dévasté, rencontrant l’amour de manière surprenante au milieu de ce monde dystopique peuplé de personnages tous aussi étranges que dérangeants.

Les revenants au rendez-vous

Après la vague quelque peu agaçante du «torture porn» de ces dernières années, le retour à des histoires horrifiques basées sur des peurs plus surnaturelles est le bienvenu.

Ainsi, Daguerréotype, film en français du réalisateur japonais Kiyoshi Kurosawa, joue habilement sur les illusions et visions portées par les fantômes hantant Stéphane, un photographe obsédé de techniques anciennes (Olivier Gourmet) et Jean, son assistant amoureux de Marie, modèle et fille unique de l’artiste.

L’ambiance y est stressante et familière à la fois. Le côté mi-champêtre mi-citadin du décor, et l’ajout d’une trame secondaire sur la cupidité des promoteurs immobiliers, rajoutent une couche de tension non négligeable à cette belle histoire d’amour et d’obsession artistique.

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Sadako vs Kayako ravira les amateurs d’horreur et de fantômes japonais en réussissant la fusion parfaite entre les deux célèbres franchises The Ring et Grudge. On y retrouve les deux esprits vengeurs éponymes ainsi que leurs habituelles proies adolescentes pour un festival garanti de cris et d’effroi.

On passera sur le remake/reboot de Blair Witch qui est fidèle à l’original et tout aussi inintéressant.

The Autopsy of Jane Doe, en revanche, est un efficace retour aux sources pour le film de possession en huis clos, qui amalgame l’horreur classique de tension psychologique et le gore (il s’agit d’une autopsie après tout) tout en ajoutant une couche juteuse de surnaturel et de sorcellerie.

Un foetus maléfique peut-il influencer sa future mère afin de venger son père cruellement assassiné? C’est ce qu’Alice Lowe nous propose avec Prevenge, délicieuse petite comédie noire en provenance du Royaume-Uni, ou la réalisatrice, auteure et actrice principale part pour une épopée sanglante dans laquelle son ventre de femme enceinte de sept mois lui donne un alibi parfait pour commettre impunément une série de meurtres sanglants avec ce qui lui tombe sous la main.

Quelques monstres dans le placard

Le festival ne serait bien entendu pas complet sans quelques films de monstres, et plusieurs ont marqué les esprits, dont The Girl With All The Gifts du Britannique Colm McCarthy. Le réalisateur nous présente une vision fraîche sur les classiques zombies, avec la toujours très efficace Gemma Arterton dans le rôle de la mère adoptive et protectrice de Mélanie, adorable jeune fille qui pourrait bien détenir le remède à une épidémie mondiale de zombification.

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Étonnamment, Mélanie vit dans une cellule, est souvent enchaînée à son bureau, occasionnellement masquée à la Hannibal Lecter, et a parfois des réactions quelque peu étranges, à l’instar de ses camarades de classe, dans le laboratoire scientifique de l’austère docteur Caldwell (Glenn Close). À l’extérieur, les «affamés» dominent et exterminent ce qui reste de l’humanité…

Anne Hathaway nous surprend en tant que productrice et actrice principale dans un registre que nous ne lui connaissions pas, avec Colossal, gentille comédie fantastique entre Godzilla et films de robots géants, ou elle joue Gloria, jeune femme prisonnière de sa vie de fêtarde new-yorkaise dont les excès ne sont pas du gout de son petit ami, qui fini par la mettre à la porte.

De retour dans sa petite ville natale, elle reprend vite ses habitudes avec un ami d’enfance (Jason Sudeikis) devenu propriétaire du bar local, mais les vieux démons ne sont pas loin. Entre temps, un monstre géant étrange, dont la dernière apparition datait d’un quart de siècle, fait son retour à Séoul et ravage la ville. Des similitudes apparaissent entre le comportement du monstre et celui de Gloria, qui amènent la jeune fille à se remettre en question: et si les eux étaient liés?

Hors catégorie

Un des films les plus originaux et, sans doute, choquants de cette édition 2016, détournait avec délectation la mode récente du véganisme pour en faire une réflexion sur le passage à l’âge adulte et la découverte de soi.

Certes le fond de cannibalisme apporte une nouvelle dimension à l’ensemble, qui prend une direction psychologique très différente, mais dont l’humour noir ne peut laisser indifférent, et RAW de Julia Ducournau s’est allègrement glissé dans notre top cinq du TIFF 2016.

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Pour terminer, et rester ancré dans le réel, ne manquez pas RATS, le nouveau documentaire de Morgan Spurlock (Supersize Me), étude en profondeur de ces rongeurs qui nous hantent depuis la nuit des temps, aux images très dérangeantes et à la conclusion sans appel: et si nous n’étions pas l’espèce dominante?

Si certains de ces films sortiront très bientôt en salle, la plupart seront disponibles d’ici quelques mois en ligne sur vos plateformes de visionnement favorites. Alorsm préparez-vous pour quelques soirées frissonnantes, et à l’année prochaine pour TIFF 2017!


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